CNES Mag n°78 oct 18 à jan 2019
CNES Mag n°78 oct 18 à jan 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°78 de oct 18 à jan 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre National d'Études Spatiales

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 3,8 Mo

  • Dans ce numéro : Guyane, une base spatiale pas comme les autres.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 24 - 25  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
24 25
Question biodiversité, le CSG a tout d’un parc naturel. Garantir un impact minimal des activités spatiales sur l’environnement relève ici de l’évidence. Pour s’assurer de nuire le moins possible à la nature environnante, tous les moyens sont mis en œuvre. Et ça fonctionne. LE CNES EN ACTIONS Environnement UN ENGAGEMENT À LA HAUTEUR aradoxalement, l’activité spatiale impacte peu la biodiver- p sité. Les installations industrielles n’occupant que 10% de sa surface, le CSG constitue une vaste enclave sécurisée où faune et flore s’épanouissent à l’abri de la plupart des nuisances. UN DISPOSITIF DE CONTRÔLE BIEN RODÉ Ici, la majorité des sites sont des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) ; sept d’entre elles sont d’ailleurs soumises à la directive Seveso 3 (relative aux accidents majeurs impliquant des substances dangereuses). En sus, le CNES et Arianespace sont certifiés ISO 14001 version 2015 pour leurs démarches qualité poussées vis-à-vis de l’environnement. « Cette norme impose une ouverture d’esprit sur le cycle de vie des activités – leur empreinte carbone, le recyclage, etc. – afin d’en réduire les impacts. Par application des contrats industriels, l’ensemble des entreprises de la base s’y conforment », décrit Sandrine Richard, ingénieure Environnement du CSG. Responsable de la sécurité, le CNES est tenu de mesurer les impacts des décollages sur la qualité de l’air et de l’eau ainsi que sur la faune et la flore. Pour chaque lancement, cela commence dans les bureaux, avec la simulation numérique de l’évolution du nuage de combustion, et se poursuit sur 2 4 le terrain avec les capteurs du plan de mesures environnement (PME). Le déploiement du dispositif est confié à des laboratoires extérieurs et le compte rendu de chaque PME est en libre consultation 1. Toutes les analyses concluent à un impact restreint et localisé, dans un rayon inférieur à 1 km autour de chaque pas de tir. La faune ne manifeste aucune gêne, il est même courant de rencontrer des tatous, des singes ou des tamanoirs. Au fil du temps, le CNES s’est entouré de partenaires scientifiques (Office national des forêts, Office national de la chasse et de la faune sauvage, etc.), de bureaux d’études spécialisés (Biotope, Antea, Hydreco, etc.) et d’associations. « Le projet Ariane 6 nous a amenés à développer, ensemble, d’autres connaissances, confie Sandrine Richard. Constatant la présence d’espèces protégées comme le grand tamanoir, nous avons changé de site d’implantation. Entre autres compensations des impacts inévitables, nous concevons une mesure d’accompagnement pour éradiquer du CSG des végétaux invasifs et suivre des espèces mal connues d’orchidées, de grenouilles (le leptodactyle ocellé) ou encore d’oiseaux (le tyranneau barbu). » EN PRATIQUE COMBATTRE LE NIAOULI Prenant appui sur la convention avec l’ONF, en charge depuis toujours de la gestion du patrimoine naturel du CSG, le CNES autorise certaines études scientifiques sur ce territoire préservé et invite ses pairs à une industrie vertueuse. Sandrine Richard assiste à une « prise de conscience croissante du caractère exceptionnel de ces milieux, désormais regardés différemment dans les études de projet ». Et la spécialiste s’en réjouit  : « On pense préservation, en proposant par exemple d’utiliser des zones déjà anthropisées pour les nouveaux projets. » Et on « déniaoulise »  : deux espèces de plantes invasives, dont le niaouli, étouffent petit à petit certaines savanes du CSG et leur biotope initial. Le CNES fait appel à l’association Gepog pour définir la méthode d’intervention du labeur à venir sur le niaouli.
LA MÉLIPONE, UN BIO-INDICATEUR DE TAILLE Confirmer les conclusions des études d’impact de l’activité spatiale sur l’environnement impose de suivre au moins un « bio-indicateur ». Aussi le PME inclut-il dès sa création des prélèvements d’individus dans les rivières du CSG et parmi les oiseaux présents sur le site. Les plumes ne révélant rien de particulier, l’étude se focalise sur la dynamique de reproduction, dont le suivi des coquilles d’œuf, avec la pose de 500 nichoirs. Toujours plus loin dans la finesse d’analyse, le CNES a retenu en 2016 la proposition du laboratoire NBC d’étudier l’organisme et le comportement des abeilles pour suivre la qualité de l’air. La star de l’étude est la mélipone, une espèce endémique, peu productrice de miel et inoffensive pour l’homme. Dix-huit ruches ont été installées, certaines jouant le rôle de témoins et d’autres disposées à des distances clés des LE CNES EN ACTIONS 50% des savanes de Guyane, qui abritent une incroyable biodiversité, se situent dans l’enceinte du CSG. Sur une superficie totale de 700 km 2, soit presque 1% de la Guyane, 12 formations naturelles sont représentées. 2 5 sites d’activités et de lancement. Quatre fois par an, un entomologiste va prélever quelques spécimens. Réalisées en Guadeloupe, les analyses se concentrent sur l’abdomen de l’abeille, dont le velours, par électromagnétisme, attire l’ensemble des particules et molécules environnantes. À ce jour, elles confirment un impact faible et circonscrit aux pas de tir. « Tout ce que nous avons trouvé correspond au bruit ambiant de Guyane, avec quelques molécules rares et propres aux activités humaines, mais à l’état de traces. Il en va de même pour leur miel, consommable par tous, témoigne Célie Losada, ingénieure environnement du CSG. Une microcaméra révèle par ailleurs leur indifférence aux lancements. Imperturbable, la vigie demeure à l’entrée de la ruche tandis que les cueilleuses poursuivent tranquillement leur butinage. » 1. Dans les mairies de Kourou et de Sinnamary, ainsi que sur les sites du CSG et du Secrétariat permanent pour la prévention des pollutions industrielles (S3PI).



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :