CNES Mag n°78 oct 18 à jan 2019
CNES Mag n°78 oct 18 à jan 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°78 de oct 18 à jan 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre National d'Études Spatiales

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 3,8 Mo

  • Dans ce numéro : Guyane, une base spatiale pas comme les autres.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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PRODUCTION DES LANCEURS LA VALSE DES ASSEMBLAGES e succès commercial et l’augmentation régulière des cadences de tir ont conduit l à industrialiser une partie de la production des lanceurs européens sur place, en l’occurrence Ariane 5 et Vega. Les éléments les plus volumineux arrivent d’Europe et de Russie par voie maritime. Spécifiquement conçus, les MN Toucan et MN Colibri, deux navires de la Compagnie maritime nantaise, accostent régulièrement au port de Pariacabo, à Kourou. Sur la base spatiale, quatre producteurs sont à pied d’œuvre  : l’Usine de propergol de Guyane (UPG) produit le propergol solide et en remplit les boosters d’Ariane 5 ainsi que le corps de Vega, Europropulsion les assemble et les équipe, tandis qu’ArianeGroup intègre le lanceur et l’apprête pour le décollage. Air Liquide Spatial Guyane alimente quant à lui toute la base en différents gaz. Il produit sur place l’oxygène et l’hydrogène liquides nécessaires à la propulsion d’Ariane 5 et, en partie, de Soyouz. Aux côtés du CNES, de l’ESA et d’Arianespace, ils forment la Communauté industrielle spatiale de Guyane (CISG). L’ESSENTIEL 1 0 FONCTIONNEMENT UNE PLATEFORME INDUSTRIELLE BIEN RODÉE l e CSG est un aéroport de transport spatial, financé par l’Agence spatiale européenne et la France  : ArianeGroup s’occupe du lanceur (l’avion), Arianespace du client satellite (le passager), et le CNES de l’aéroport (la base spatiale). Pour mener à bien leurs missions respectives, ces grands donneurs d’ordre et les quatre producteurs présents sur site s’entourent d’un écosystème industriel, via des marchés quinquennaux. En vertu du principe de retour géographique, les appels d’offres sont ouverts à la totalité des 22 États membres de l’ESA. Il en résulte un large éventail d’entreprises européennes sur la base  : France, Allemagne, Espagne, Italie, Suisse… Pour assurer un fonctionnement et une cohérence optimum, ces 39 sociétés se sont réunies sous la bannière de l’Union des employeurs de la base spatiale (UEBS). Sous l’impulsion du CNES, toutes ont entériné en 2006 une convention de site inédite en matière d’harmonisation sociale.
HISTOIRES D’ANTENNES AU PLUS PRÈS DES LANCEURS d ès les premiers lancements depuis la Guyane, le CNES a mis en place un réseau de stations au sol pour s’assurer qu’un lanceur se porte bien en vol et suit la bonne trajectoire. Lors de chaque lancement, trois types de stations permettent de communiquer avec le lanceur. Les radars le suivent de son décollage jusqu’à la perte du signal (environ 1 800 km). Les stations de télémesure reçoivent successivement le signal du lanceur, tout au long de sa progression et jusqu’à l’achèvement de sa mission  : la mise sur orbite. Toutes ces informations arrivent en direct à la cellule de Sauvegarde Vol du CNES qui, grâce à la station de télécommande, peut neutraliser le lanceur durant les premières minutes de vol (cf. Rencontre p.32). Le Centre de lancement du lanceur en vol et le Centre de contrôle du CSG sont également destinataires en temps réel de ces données. Certaines stations de télémesure, comme celles du réseau aval standard, sont la propriété de l’ESA, qui en confie la gestion, l’entretien et l’exploitation au CNES. Les autres sont des stations étrangères (Jeju, Lucknow, Awarua…) pour lesquelles le CNES a négocié, au nom de l’ESA, des accords d’utilisation ponctuelle. JUPITER II DÉCOLLAGE IMMINENT f rissons garantis au Centre de contrôle Jupiter II (CDC), où les lancements se vivent en direct. Dans un petit amphithéâtre à l’ambiance feutrée, 250 spectateurs ont une vue directe sur la fosse vitrée dans laquelle 40 opérateurs se tiennent prêts, postés devant leurs pupitres et un mur d’écrans. Un peu plus en hauteur, il y a même une terrasse qui permet d’assister au décollage. Puis, lorsque la dernière lueur du moteur Vulcain 2 s’évanouit, le mur d’images prend le relais et la progression du vol s’y dessine en temps réel. La mise sur orbite annoncée, accolades et embrassades saluent le succès ; la pression accumulée se relâche. Fin 2017, le CDC a été entièrement repensé, avec notamment des interfaces homme-machine (IHM) intuitives et tactiles, une première dans une base spatiale. À VENIR ARIANE 6 ET VEGA-C, FUTURES STARS p our contrer la concurrence du New Space 1, l’Europe spatiale a décidé fin 2014 de développer Ariane 6 et Vega-C. Objectif  : proposer, à meilleur prix mais à fiabilité et niveau de services constants, tous les types de mission pour les marchés institutionnel et commercial. Pour assurer cette compétitivité, l’ESA en confie toute la réalisation, du développement à la commercialisation, à l’industrie européenne des lanceurs. Afin d’optimiser les coûts, la conception prévoit la production commune du propulseur P120, tantôt booster d’Ariane 6, tantôt corps principal de Vega-C. Il a d’ailleurs passé avec succès sa première mise à feu au banc d’essai des propulseurs à poudre (BEAP) du CSG, le 16 juillet 2018. 1. New Space, ou Entrepreneurial Space, désigne le mouvement lié à l’émergence d’une industrie spatiale d’initiative privée.



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