CNES Mag n°52 jan/fév/mar 2012
CNES Mag n°52 jan/fév/mar 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°52 de jan/fév/mar 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre National d'Études Spatiales

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 76

  • Taille du fichier PDF : 14 Mo

  • Dans ce numéro : l'innovation Pléiades.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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J POLITIQUE Business & politics d’une conjoncture troublée. C’est, au contraire, en misant sur les domaines les plus innovants, que l’on crée à long terme les conditions de l’activité, de la croissance, de la puissance d’une nation, et aujourd’hui de l’Europe. La création du CNES était un pari. C’était un investissement sur l’avenir, dont nous pouvons mesurer toute la pertinence et la fécondité à la multitude des étapes franchies. C’était un investissement dont l’influence française et européenne est à l’heure actuelle encore très largement redevable. L’exposition que nous inaugurons au musée des Arts et Métiers fait revivre les grandes heures de cette aventure, et je voudrais profiter de l’occasion qui m’est donnée pour « EN 1961, LES IMAGINAIRES ÉTAIENT DOMINÉS PAR LES VOLS HABITÉS ET PAR L’IDÉE DE COLONISER L’ESPACE (…), CINQUANTE ANS PLUS TARD, NOUS AVONS MIS L’ESPACE AU SERVICE DE LA VIE SUR TERRE. » « In 1961, we dreamedof human spaceflight and of colonizing space… 50 years on, space is serving life on Earth. » saluer très sincèrement tous ceux qui ont contribué à la mettre sur pied. 1962 et la première transmission en direct d’images de télévision par satellite, au-dessus de l’Atlantique, entre l’Amérique et la station de Pleumeur-Bodou, en Bretagne. 1964 et la mise en chantier de la base de Kourou, avec la visite du général de Gaulle en Guyane. 1965 et la mise en orbite du satellite Astérix, cinq ans avant le premier satellite de la Chine et du Japon, six ans avant celui du Royaume-Uni, vingt ans avant celui de l’Inde. 1979 et le lancement de la première fusée Ariane. 1982 et le premier vol d’un Français dans l’espace, Jean- Loup Chrétien. 1986 et le lancement de Spot 1, le premier satellite français d’observation de la Terre. 1992 et la mise sur orbite avec Ariane du satellite francoaméricain d’observation des océans Topex-Poséidon. 1996 avec la participation de Claudie Haigneré à la mission Cassiopée, à bord de la station Mir. Évènement qui m’est particulièrement cher, non pas parce que Claudie Haigneré a fait partie d’un gouvernement avec moi, mais parce qu’elle portait, dans la station, un tee-shirt qui avait été dessiné par les élèves du lycée de Sablé-sur-Sarthe. Et, d’ailleurs, vous feriez mieux de l’exposer, plutôt que la combinaison… 2005 et l’arrivée sur Titan de la sonde européenne Huygens. 2009 et l’envoi dans l’espace des télescopes Herschel et Planck. Au fur et à mesure que les dates s’égrènent – et je n’en ai pris que quelques-unes –, de grandes évolutions apparaissent nettement. D’abord les coopérations bilatérales, qui se sont peu à peu développées, et l’intégration européenne, qui s’est approfondie. Et si l’on compare l’époque today, we can also see that things have changed enormously in 50 years. In 1961, we dreamedof human spaceflight and of colonizing space, with outposts on the Moon and beyond. Now, 50 years on, space is serving life on Earth rather than a desire to get off the planet. In 1961, space symbolized adventure and dreams. Fifty years later, the pioneering era is behind us. Space research has left the realm of myth and entered our daily lives. The applications that rely directly or indirectly on space technology are innumerable. Our daily routines are constantly dependent on space. The fleeting, shaky pictures that appeared one summer evening on the screens at Pleumeur-Bodou are now a distant memory. The people working on space at the time and those who took the political decision to place their faith in this sector could not have imagined its utility tous today and the close relationship we have with satellites orbiting Earth. That is a measure of the long-termimpact of a strategic choice such as the one we are celebrating this evening. In 1961, the space around our planet seemedempty, vast and inexhaustible. Fifty years on, it is cluttered. Slots in geostationary orbit are becoming scarce and communications frequencies are at a premium. It is a kind of paradox that what seemedinfinite a few decades ago is now being pushed to its limits. In 1961, the Cold War and national pride—including in France—dictated the direction of space policy to a large extent. The United States and the Soviet Union were permanently seeking to catchup and overtake one another. Their goal was to set records, win trophies, achievefirsts and raise their flag. Indeed, the competition between them went outside the bounds of traditional military rivalry ; it was something nobler and higher, a human adventure in which both sides could feel they were playing a part. Fifty years after the inception of CNES, this aspect is increasingly to the fore. The logic of globalization has replaced the logic of the Cold War. Space has helped to drive this globalization by unifying Earth under the eye of satellites and taking telecommunications to the remotest corners of the planet. At the same time, international cooperation has blossomedto enhance scientific knowledge of the Universe and our planet, as the timeline of events in the first 50 years of CNES shows. France was a pioneer in this respect, signing in 1966 a very important cooperation treaty with the Soviets, focused in particular on scientific space exploration. This cooperation was pursued in 1982 with Jean-Loup Chrétien’s flight on the Salyut 7 space station and has continued to this day through the profusion of projects on which we are working with Russia in space. You were telling me just now how you cried when Soyuz lifted off from French Guiana. I’lladmit that I too had tears in my eyes, because I feel this event really shows that we have moved on from the 20 th century. Who could have imagined Soyuz in Guiana 40 years ago ? And because it reminded me of the efforts to seal the first commercial cooperation accord between Russia and France, which formedStarsem. Here in France, I had to face at the time strong resistance from those who felt we were 32/cnesmag JANVIER 2012
J Business & politics POLITIQUE des commencements au point où nous sommes arrivés aujourd’hui, on perçoit aussi qu’en cinquante ans les choses ont profondément changé. En 1961, les imaginaires étaient dominés par les vols habités et par l’idée de coloniser l’espace, en installant des bases humaines sur la Lune ou plus loin encore. Cinquante ans plus tard, nous avons mis l’espace au service de la vie sur la Terre plutôt qu’au service du désir de quitter notre planète. En 1961, le thème de l’espace était marqué du sceau de l’aventure et du rêve. Cinquante ans plus tard, le temps des pionniers est derrière nous. La recherche spatiale a quitté le domaine du mythe pour entrer dans celui du quotidien. Les applications qui relèvent directement ou indirectement de la technologie spatiale sont devenues innombrables. Notre vie courante passe à chaque instant par l’espace. Les images fugitives et tremblantes qui étaient apparues un soir d’été sur les écrans de Pleumeur- Bodou sont désormais un lointain souvenir. Ceux qui travaillaient à l’époque sur l’espace et ceux qui avaient pris la décision politique de miser sur ce secteur n’imaginaient sans doute pas toutes les utilisations que nous en faisons aujourd’hui et, pour ainsi dire, cette intimité que nous avons avec les satellites qui tournent autour de la Terre. On mesure d’autant plus le retentissement que peut avoir sur la longue durée un choix stratégique comme celui que nous célébrons ce soir. En 1961, l’espace utile qui entoure notre planète semblait vide, immense et inépuisable. Cinquante ans plus tard, il est encombré. La rareté se fait sentir sur l’orbite géostationnaire, les fréquences nécessaires aux communications se disputent âprement. Il y a au fond une sorte de paradoxe qui veut que ce qui apparaissait infini montre sa finitude, après seulement quelques décennies. En 1961, le contexte de la guerre froide et des fiertés nationales – y compris du point de vue de la France – dictait pour une large part les orientations de la politique spatiale. Les États-Unis et l’Union soviétique cherchaient tour à tour à se rattraper et à se dépasser. L’objectif, c’était de conquérir des records, des trophées, d’être les premiers à réaliser une prouesse ou à planter son drapeau. On sentait bien d’ailleurs qu’il y avait dans cette compétition quelque chose qui dépassait le cadre d’un affrontement militaire classique, quelque chose qui était plus haut, plus noble, quelque chose qui était une aventure de l’humanité dont les deux camps pouvaient se sentir ensemble les acteurs. Cinquante ans après la création du CNES, cet aspect-là est devenu toujours plus prépondérant. La donne n’est plus celle de la guerre froide. C’est celle de la mondialisation. Et l’espace a contribué à dessiner cette mondialisation, en unifiant la Terre sous l’œil des satellites, en démultipliant les possibilités de télécommunication, en réduisant l’isolement des zones les plus reculées. Du point de vue de la connaissance scientifique de l’Univers et de notre planète, les coopérations internationales n’ont cessé de s’accroître. On le voit bien au fil de la chronologie que déroulent les 50 ans du CNES. La France a d’ailleurs été pionnière à cet égard, en signant en 1966 avec les Soviétiques un traité de coopération très important qui portait notamment sur l’exploration scientifique de l’espace. Une coopération qui s’est poursuivie en 1982 avec le vol de Jean-Loup Chrétien à bord de la station Saliout 7. Une coopération qui n’a cessé de se poursuivre jusqu’à nos jours à travers les très nombreuses c Le Premier ministre, entouré par le recteur Christian Forestier (à gauche) et Yannick d’Escatha (à droite), est venu inaugurer l’exposition « Au cœur de l’espace ». The Prime Minister, with Christian Forestier (left) and Yannick d’Escatha (right), at the official opening of the Au cœur de l’espace exhibition. teamingup with our rivals, our competitors. And when it came to signing the accord in Moscow, we had to wait for almost an hour in a very uncomfortable situation that fortunately I have never experienced again since, with the father of Soyuz refusing to sign the agreement and saying that they really didn’t need the French to get into space. And it took over an hour to convince him to finally sign this agreement which today has led to this great partnership the two of us were talking about earlier. However, globalization has in no way eclipsed the strategic issues surrounding access to space. Rather, it lends them a new perspective. What has always set the space adventure apart and made it so special—and this was already the case during the Cold War—is how it combines national and regional ambitions with a quest that concerns all of humankind. And this still holds true in today’s global era, which has points it shares and differences with the past. Just consider the importance that emerging nations attach to defining a space policy they view as a guarantee of sovereignty, influence and prestige. c JANVIER 2012 cnesmag/33



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