CNES Mag n°52 jan/fév/mar 2012
CNES Mag n°52 jan/fév/mar 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°52 de jan/fév/mar 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre National d'Études Spatiales

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 76

  • Taille du fichier PDF : 14 Mo

  • Dans ce numéro : l'innovation Pléiades.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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J POLITIQUE Business & politics « POUR COOPÉRER AUJOURD’HUI ET DEMAIN AVEC LES ÉTATS-UNIS, LA RUSSIE ET LA CHINE, POUR PRÉSERVER ET CONFORTER NOS INTÉRÊTS STRATÉGIQUES, IL FAUT QUE L’EUROPE NE BAISSE PAS LA GARDE DANS LE DOMAINE SPATIAL. » « To cooperate today and tomorrow with the United States, Russia and China, and to preserve and consolidate our strategic interests, Europe must not drop its guard in space. » L’exploration de l’espace doit être le troisième pilier de notre ambition spatiale. Vous y travaillez avec le lancement des satellites Herschel et Planck, l’installation du module Columbus sur la Station spatiale internationale (ISS) en février 2008, et le lancement réussi de deux ATV pour ravitailler l’ISS en février 2011. Dans ce domaine, notre objectif prioritaire n’est pas d’envoyer des astronautes au-delà de l’orbite terrestre dans un futur proche, mais d’amplifier l’exploration scientifique du Système solaire, dont nous pouvons espérer de nombreuses retombées scientifiques et technologiques. Je pense en particulier à la robotique, qui offre des perspectives absolument infinies d’applications pour la vie quotidienne. Enfin, pour rendre notre politique spatiale encore plus efficace, il nous faut une politique industrielle européenne plus claire. Je voudrais dire ma conviction que l’Europe doit, dans votre domaine comme dans les autres, rompre avec une certaine naïveté. Aucun satellite institutionnel américain n’est mis sur orbite par un lanceur qui ne soit pas américain. Ce n’est insulter personne que de dire cela. Je le dis, nous devons cesser d’ouvrir nos marchés de façon unilatérale, il en va de notre potentiel économique comme de notre indépendance. Le mot réciprocité n'est pas un gros mot. Bien sûr que le protectionnisme, ça n’a aucun sens. Mais la naïveté n’en a pas non plus. La réciprocité doit devenir la règle. Et je me félicite ainsi que les États européens se soient ralliés à la préférence européenne au Conseil « espace » de novembre 2010. Il n’y a aucune raison que nous ne nous dotions pas des instruments dont les autres se dotent. Pour coopérer aujourd’hui et demain avec les États-Unis, la Russie et la Chine, pour préserver et conforter nos intérêts stratégiques, il faut que l’Europe ne baisse pas la garde dans le domaine spatial. L’Europe a besoin de grands projets fédérateurs. Son horizon ne peut se limiter à la gestion à court terme des difficultés du moment. Même si les temps sont durs, je dirais même qu’ils sont très durs, l’Europe ne doit pas renoncer à investir dans son avenir. Et la France sera moteur. Moins de dépenses de fonctionnement, plus de dépenses d’investissement. Mes chers compatriotes, Depuis cinquante ans, l’espace est un élément déterminant du rayonnement de la France. Au sein du CNES, vous êtes les artisans de ce succès. Grâce à votre travail patient, visionnaire et minutieux, rigoureux à l’extrême, vous avez fait de la conquête spatiale une réalité. Vous nous avez fait entrer dans un autre monde, peuplé de satellites et de stations orbitales, dont sont nées des milliers d’innovations. Les communications par satellite, le GPS, les prévisions météorologiques ou encore les soins à distance : vous avez transformé le quotidien des Français. Voilà pourquoi nous ne devons jamais cesser de soutenir la recherche et l’innovation technologique. Et l’argument with our partners, such as the Merlin programme with Germany to measure greenhouse gases and the SWOT programme with NASA, which, as I saw during my tour here, will enable us to measure levels of freshwater on the surface of the planet. These systems, operating Earth-observation microsatellites, will be funded by the future investment programme. Given the difficulties Galileo has encountered, many thought it would be better to halt the programme altogether. Had we done so, we would have relinquished Europe’s sovereignty in this field at the exact moment this great European ambition has finally been fulfilled with the launch of the first two satellites on 21 October. This new system will serve a host of applications, as I was able to appreciate earlier. Development of civil applications must not come at the expense of defence applications. We shall consolidate our know-how in this area with the new generation of optical imaging satellites to succeed Helios, and we shall invest in new fields vital to our security, namely electromagnetic intelligence and early warning. It is very important that we keep investing in the defence industry. No domain or country can achievehighly advanced research without defence applications. These two fields interact. Space exploration must be the third plank of our space ambitions. You are on the case with the launch of the Herschel and Planck satellites, the installation of the Columbus module on the International Space Station (ISS) in February 2008 and the successful flight of the second ATV resupply spacecraft to the ISS in February 2011. Here, our priority aim is not to send astronauts beyond Earth orbit in the near term, but rather to extend scientific exploration of our solar system, from which we can expect many science and technology benefits. I am thinking especially of robotics, which holds the promise of a wealth of prospective applications in our daily lives. Lastly, to make our space policy even more effective we need a clearer European industrial policy. I believeit is time for Europe, in your field as in others, to be a little less naive. No U.S. institutional satellites are orbited by non-U.S. launchers. It is not an insult to anybody to say that. So I say we must cease openingup our markets unilaterally, because our economic potential and our independence are at stake here. Reciprocity is not a four-letter word. Obviously, protectionism is senseless. But so is naivety. Reciprocity must become the rule. And I am pleased to see that Europe’s member states agreed to give preference to European launchers at the Space Council meeting of November 2010. There is no reason we should not use the tools that others use. To cooperate today and tomorrow with the United States, Russia and China, and to preserve and consolidate our strategic interests, Europe must not drop its guard in space. Europe needs large-scale, federating projects. It has to extend its vision beyond the near term. Even when times are hard, indeed, when they are very hard, Europe must continue to invest in its future. And France will be a prime mover in this regard. Less operational expenditure means more investment expenditure. Dear fellow citizens, For the last 50 years, space has been a key factor in projecting France’s global reach. You, the people of CNES, have made this possible. Through your patient, visionary, painstaking and extremely rigorous work, you have made the space dream come true. You have taken us into a new world of satellites and space stations, sparking thousands of innovations. Satellite communications, GPS, weather forecasting and telemedicine are just some of the areas in which you have transformedthe daily lives of French citizens. 28/cnesmag JANVIER 2012
J Business & politics POLITIQUE de la crise n’est pas un argument. Je dirai même, à contrario, c’est justement parce qu'il y a la crise qu'il faut investir encore davantage. Voilà pourquoi la France ne bridera pas son ambition, et voilà pourquoi la France se maintiendra à un très haut niveau dans le domaine spatial. Mesdames et messieurs, vous incarnez la foi dans le progrès par la connaissance, le progrès par la science, le progrès par l’innovation. C’est cette foi qui a permis à la France de se hisser au rang qui est le sien, au gré des révolutions industrielles et des sauts technologiques. J’ai la tristesse d’entendre de plus en plus de discours remettant en cause l’idée même de progrès, y compris dans des domaines jusqu’à présent incontestés de notre pays, qui faisaient l’objet d’un consensus politique entre la gauche et la droite. Comment comprendre autrement la remise en cause de notre programme nucléaire ? Ce sont les mêmes pionniers, à la même époque, avec le même homme à l’origine, qui ont commencé une aventure extraordinaire. Des centaines, des milliers d’ingénieurs, de chercheurs, de scientifiques, ont accumulé un volume de connaissances exceptionnel, exactement comme dans l’industrie spatiale, qui donne à la France un atout considérable : une énergie moins chère, une énergie plus propre, une énergie sûre. C’est un sujet grave, car il implique la remise en cause d'un secteur industriel tout entier ainsi que de centaines de milliers d’emplois. J’aurai l’occasion de m’exprimer plus longuement sur ce sujet dès vendredi dans la Drôme. Le rôle du chef de l’État, c’est de protéger les intérêts stratégiques d’un pays sur le long terme. That is why our support for research and technological innovation must never falter. The fact that we have fallen on economic hard times makes no difference. On the contrary, I believethat the current crisis obliges us to invest even more. That is why France will not scale back its ambitions and why it will remain a leader in space. Ladies and Gentlemen, you personify our belief in progress through knowledge, science and innovation. It is this belief that has put France where it is today, surfing the wave of industrial revolutions and technological leaps. I am saddened to hear an increasing number of voices questioning the very idea of progress, including in previously undisputed areas that have always enjoyed a political consensus between left and right. How else are we to understand those now questioning our nuclear programme ? It is the same pioneers, at the same time and with the same man providing the impetus, who started another extraordinary adventure. Hundreds, thousands of engineers, researchers and scientists have builtup an exceptional store of expertise, just like the space industry has, to give France a key asset : cheaper, cleaner and reliable energy. This is a serious issue because what we Que ce soit pour le spatial ou le nucléaire, tous les gouvernements jusqu’à présent, de gauche comme de droite, ont continué à investir, à progresser. Il faut que cela continue ainsi. Vous travaillez dans un secteur où les enjeux se comptent en décennies. Vous ne pouvez pas connaître des ruptures du fait d’alternances démocratiques. Il doit y avoir un consensus lorsque l’intérêt de la nation est en cause. C'est mon rôle de ne pas laisser dilapider un héritage que nous avons reçu et que nous n’avons pas le droit de perdre. Je ne pourrai pas accepter que notre pays dévie de la trajectoire de progrès, de connaissance, de recherche, d’innovation qui est la sienne, progrès que des décennies de travail ont permis d’affermir. En clair, il n’y a aucun avenir dans une stratégie de décroissance. Engagez la France sur cette voie, vos enfants le payeront très cher. La foi dans le progrès est essentielle. Le progrès doit être contrôlé, encadré, mais la foi dans le progrès est ce qui a permis à l’humanité d’aller de l’avant. Je sais que, cette foi, nous la partageons au-delà de nos différences, car il y a des gens de bon sens dans toutes les familles politiques, dans toutes les régions et dans toutes les branches. C’est la foi dans le progrès qui pousse les hommes à croire en l’avenir, qui pousse les hommes à se dépasser. Vous, personnels, cadres du CNES, salariés des industries spatiales, vous êtes les acteurs de la conquête de ces nouvelles frontières. Notre devoir, c’est de vous donner les moyens de continuer à faire si bien le métier, j’allais dire la passion, qui est le vôtre. Je compte sur vous. Je vous remercie. are seeing is the calling into question of an entire industrial sector that supports hundreds of thousands of jobs. I will have the opportunity to speak about this at greater length on Friday when I visit Drôme. It is the head of state’s role to protect a nation’s strategic long-terminterests. Whether we’re talking about space or nuclear power, all governments until now, both left and right, have sustained investment and progress. That must continue. You work in a sector where cycles are counted in decades. You cannot work in a climate of stop and go at each change of government. There must be a consensus where the national interest is at stake. It is my role to protect our heritage, for we cannot afford to lose it. I cannot let our nation stray from the path of progress, knowledge, research and innovation that it has built through decades of effort. Let us be clear that there is no future in a zero-growth strategy. If we take France down that road, your children will pay for it dearly. Belief in progressis vital. Progress must be managed and controlled, but it is our belief in progress that has enabled humankind to advance. I know this shared belief cuts across our differences, for common sense exists everywhere in the political arena, in all regions and all sectors. It is our belief in progress that gives us » faith in our future and drives us to push our limits. You, CNES’s employees and managers, employees of the space industry, are the people reaching out to these new frontiers. Our duty is to give you the means to continue doing such a great job, with the passion that is your hallmark. I am relying on you to do that. Thank you. JANVIER 2012 cnesmag/29



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