CNES Mag n°42 jul/aoû/sep 2009
CNES Mag n°42 jul/aoû/sep 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°42 de jul/aoû/sep 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre National d'Études Spatiales

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 7,5 Mo

  • Dans ce numéro : destination Guyane

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 52 - 53  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
52 53
J dossier Special report TOURISME PATRIMONIAL Chemins de mémoire Une racine gigantesque, un bougainvillier ployant au-dessus d’une chapelle riche d’œuvres immortelles, des maisons colorées à l’architecture typique… En Guyane, le patrimoine historique, s’il témoigne des épisodes douloureux d’un passé tristement célèbre, recèle des trésors d’art et d’architecture. Promenade éclairée sur les sentiers d’une mémoire vivace. Avec leurs murs de couleurs lambrissés et leurs curieux toits de tôle, les maisons créoles héritées de la période coloniale incarnent l’art de vivre guyanais. Aujourd’hui certaines ouvrent leurs portes au public. Entre deux excursions, pourquoi ne pas se laisser tenter par leur discrète invitation au repos ? With their coloured, panelled walls and unusual corrugated iron roofs, the creole houses of the colonial era are opening their doors to the public. Why not be tempted inside for a restful moment between trips ? Visiter les vestiges patrimoniaux hérités du bagne et de l’époque coloniale en Guyane, c’est faire plus qu’acquitter un devoir de mémoire. C’est s’inscrire dans son histoire, la vivre, la poursuivre. Chaque incursion dans les anciens bagnes rappelle certes les épisodes douloureux du passé : l’exil de Dreyfus au bagne des îles du Salut, l’épidémie de fièvre jaune qui décima en 1875 la population carcérale de l’îlet la Mère, ou encore les exécutions publiques au camp de la Transportation de Saint- Laurent-du-Maroni… Mais un simple regard suffit à constater que la vie a triomphé des heures sombres de l’histoire. Ici, la nature impérieuse s’emploie à faire ployer le passé sous le renouveau luxuriant de la végétation. Ici, transcendant le temps, les œuvres immortelles laissées par les bagnards rendent justice à leur impérissable créativité. À Saint-Laurent, de l’hôpital à la mairie, vingt-neuf édifices témoignent encore du savoir-faire des forçats qui les ont érigés. Aux îles du Salut, la chapelle de l’île Royale, entièrement restaurée grâce à l’action de conservation de l’association Agamis, révélait déjà depuis 2008 dans leur fraîcheur originelle les fresques hagiographiques du peintre et faussaire Francis Lagrange ; depuis mai dernier elle expose en outre trois de ses œuvres léguées à l’association par les héritiers du dernier aumônier du bagne. De même, dans l’église d’Iracoubo, les fresques naïves qui recouvrent les murs distinguent-elles le talent du bagnard Pierre Huguet, auquel elles sont attribuées depuis 1977. Aujourd’hui classée monument historique, l’église aura de fait marqué l’histoire du bourg colonial d’Iracoubo, qui dévoile un autre pan de l’histoire guyanaise : celle des habitations. Car l’activité des exploitations coloniales a elle aussi laissé ses traces, entre vestiges industriels et architecture vivante. C’est le cas notamment de l’exploitation coloniale ou « habitation » Le Collège, sur le bas Approuague. Il faut avoir vu l’exposition permanente de l’écomusée de Kaw-Roura, consacrée à l’activité agricole et industrielle du lieu, depuis les plantations de coton et de bois précieux du XVIII e siècle jusqu’à l’installation du bourg de Roura à la fin 52/cnesmag JUILLET 2009
J Special report dossier Henri Charrière, ancien bagnard auteur du fameux best-seller Papillon, a-t-il vraiment vécu les péripéties contées dans son roman ? Comment Dreyfus a-t-il vécu ses douloureuses années d’exil sur l’île du Diable ? Vous le saurez en pénétrant dans le musée consacré à l’histoire du bagne qui surplombe la végétation luxuriante de l’île Royale, ancien haut lieu de l’univers pénitentiaire guyanais. Did former convict Henri Charrière really go through the trials and tribulations recounted in his bestselling novel Papillon ? What was life like for Alfred Dreyfus in exile on Devil’s Island ? You can find out for yourself in the museum overlooking the luscious vegetation of Île Royale, which played a key role in the history of French Guiana’s penal colony. du XIX e siècle, pour comprendre le contexte socio-économique environnant la construction d’une grande partie des maisons créoles, dont l’architecture typique est si intimement liée aux villes guyanaises. Au hasard de leurs ruelles, les villes recèlent en effet des maisons colorées aux toits de tôle et aux façades de torchis lambrissé qui semblent n’aspirer qu’à accueillir les visiteurs. « Pour faire revivre ces maisons, il faut les ouvrir au public », souligne Jenny Francis, qui a ouvert à Cayenne l’hébergement, labellisé Clévacances, Mo Ti Kote dans une maison créole réhabilitée grâce au concours du CNES. À l’heure où le ciel s’empourpre de lueurs rougeoyantes, pourquoi ne pas se laisser séduire par cette discrète invitation au repos ? Down memory lane A giant root, a bougainvillea arching over a chapel with its rich collection of immortal works or traditional bright-coloured houses… Although it sometimes evokes the region’s notorious history, French Guiana’s heritage is a treasure trove of art and architecture—and the memories of the past are still vivid today. Visiting the vestiges of the penal colony and French Guiana’s colonial past is much more than a duty of remembrance. It is to connect to, live and pursue its history. Every trip to the former prison quarters obviously takes you back to the painful episodes of the past : Dreyfus’s exile on Devil’s Island, the 1875 epidemic of yellow fever that decimated the prison population on the islet of Îlet-la-Mère, or the public executions at the Camp de la Transportation penal camp in Saint- Laurent du Maroni. But you don’t have to look far to notice that life has triumphed over these dark hours of history. Here, nature in all its glory has covered over the tracks of the past, and the immortal works left behind by prisoners transcend time, bearing witness to their undying creativity. At Saint-Laurent du Maroni, 29 buildings—among them the hospital and the town hall—recall the prisoners who erected them. In the Îles du Salut, the chapel on Île Royale, completely restored thanks to the conservancy efforts of the Agamis association, has revealed since 2008 in their original colours the hagiographic frescoes by art forger and currency counterfeiter Francis Lagrange ; since last May it has also been exhibiting three of his works bequeathed to the association by the heirs of the prison’s last chaplain. Likewise, the naive frescoes on the walls of the church in Iracoubo were attributed to a former prisoner Pierre Huguet in 1977. Today, the church is a listed heritage monument that marked the history of the former colonial town, revealing another facet of French Guiana’s past. The former colonial estates—like the « dwelling » known as Le Collège on the lower Approuague River—have also left their mark. And the permanent exhibition at the eco-museum in Kaw-Roura dedicated to farming and industry, from the cotton and hardwood plantations of the 18 th century to the establishment of the town of Roura in the late 19 th century, sheds a new light on the underlying socio-economic context in which most of the traditional creole houses that are such an integral part of French Guiana’s towns were built. Strolling down the side streets of any French Guianese town, you will notice the brightly-coloured houses with their corrugated iron roofs and panelled cob walls that seem to be inviting you to step inside. « To bring these houses back to life, they must be opened to the public, » says Jenny Francis, who has opened her Mo Ti Kote guest house in Cayenne in a creole house restored with support from CNES. As the setting Sun turns the sky a red shade of purple, why not let yourself be tempted by this subtle invitation to rest ? Nouvelle vie pour les îles du Salut Une ancienne salle d’honneur des officiers pénitentiaires transformée en auberge, des maisons de gardiens réhabilitées en bungalows tout confort… grâce aux différents travaux de réhabilitation engagés par le CSG, propriétaire des lieux, les îles du Salut offrent la possibilité aux visiteurs de séjourner dans des édifices historiques transformés en lieux d’accueil au confort moderne. Pour compléter ce dispositif de mise en valeur touristique, 20 chambres supplémentaires seront prochainement reconstruites à l’auberge des îles du Salut, dont la capacité d’accueil sera ainsi portée à 54 chambres. New lease of life for the Îles du Salut Today, the Îles du Salut offer visitors the chance to stay in historic buildings fitted with every modern comfort. Thanks to restoration work commissioned by the Guiana Space Centre, the site’s owner, a former prison officers’mess has been turned into a guest house and wardens’houses have been converted into bungalows. And to cap it all, 20 additional rooms will soon be built at the Îles du Salut guest house, taking its capacity to 54 rooms. JUILLET 2009 cnesmag/53



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 1CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 2-3CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 4-5CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 6-7CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 8-9CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 10-11CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 12-13CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 14-15CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 16-17CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 18-19CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 20-21CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 22-23CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 24-25CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 26-27CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 28-29CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 30-31CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 32-33CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 34-35CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 36-37CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 38-39CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 40-41CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 42-43CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 44-45CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 46-47CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 48-49CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 50-51CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 52-53CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 54-55CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 56-57CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 58-59CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 60-61CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 62-63CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 64-65CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 66-67CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 68-69CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 70-71CNES Mag numéro 42 jul/aoû/sep 2009 Page 72