CNES Mag n°42 jul/aoû/sep 2009
CNES Mag n°42 jul/aoû/sep 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°42 de jul/aoû/sep 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre National d'Études Spatiales

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 7,5 Mo

  • Dans ce numéro : destination Guyane

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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J POLITIQUE Business & politics Chantal Berthelot très attentive aux explications concernant la maquette de la station spatiale internationale lors d’une visite au Centre spatial guyanais en présence de Joël Barre, directeur de la base. Chantal Berthelot listens attentively with Joël Barre as she is talked through a model of the International Space Station during a visit to the Guiana Space Centre. France dans le domaine spatial. Donc nous avons beaucoup travaillé avec le groupe parlementaire pour convaincre le gouvernement de soutenir l’activité spatiale en ayant une vision politique à long terme. Car si la France veut rester dans le peloton de tête, c’est aujourd’hui qu’elle doit prendre certaines décisions. Sur le terrain, l’activité économique spatiale pèse lourd sur l’équilibre économique de la Guyane. J’ai donc intérêt à propulser des choses au niveau national pour ensuite les décliner sur mon territoire. 2008 a fêté les 40 ans de spatial en Guyane. Entre le moment de l’implantation de la base et aujourd’hui qu’est-ce que cette activité a apporté à ce territoire ? Chantal Berthelot : 40 ans, l’âge de raison. Arrêté en 1964, le choix de la Guyane s’est fait en fonction d’une vision de stabilité politique. C’est l’exemple parfait de la puissance d’une volonté politique qui se donne tous les moyens pour atteindre ses objectifs. Et honnêtement, l’histoire a donné raison au général de Gaulle. Cependant, nous avons connu un début d’histoire difficile. Autour de cette installation, il y a eu beaucoup de maladresses. Il fallait un accompagnement différent avec plus de pédagogie vis-à-vis de la population. Mais comme je dis toujours, ce sont les histoires d’amour les plus compliquées qui tiennent le plus longtemps… Toutefois, un changement s’est opéré dans les années 1980 grâce au député-maire de Sinnamary, Élie Castor, qui a su dire aux acteurs spatiaux : « Essayons de voir comment la greffe peut prendre dans le tissu local. » Le premier plan Phèdre est né et a été précurseur de l’implication du spatial dans des activités économiques, éducatives, etc., bref dans des actions qui s’inscrivent dans la vie de tous les jours, à l’instar de toute grande société nationale (type Michelin ou Renault), partenaire à part entière de leur région d’accueil. Nous sommes sur le même schéma. Et puis le spatial a insufflé un vent de réussite sur la Guyane qui subissait un syndrome d’échec lié à son histoire et à de fausses vérités (confusion entre luxuriance et fertilité, insularité et continent). Il semblait que rien n’arrivait à démarrer en Guyane. Grâce à la base, l’image de la Guyane n’a plus rimé avec bagne mais avec Ariane. Maintenant, il ne faut pas confondre les rôles de chacun. Ce n’est pas à l’activité spatiale de répondre au manque de logements ou d’eau potable. Nous sommes un département français qui dépend d’un gouvernement. Je ne demande pas au spatial de faire mon développement ! …et pour les dix prochaines années ? Chantal Berthelot : Nous l’avons exprimé dans le Schéma régional de développement de la Guyane (SRDE). Parmi les cinq projets phares, un porte sur notre volonté de faire partie du pôle de compétitivité Aerospace Valley. La région Last year marked 40 years of space in French Guiana. What benefits has space brought since the arrival of the launch base ? Ch. B : Forty is the age of reason. French Guiana was chosen in 1964 for reasons of political stability. That decision was a perfect example of the power of clear political commitment with the means to carry it through. And to be honest, history has proved President Charles de Gaulle right. However, things got off to a rocky start and many misjudgments were made. More effort should have been made to educate the population about what the base represented. But, as I always say, the longest-lasting love affairs are the most complicated... A change came about in the 1980s thanks to Elie Castor, mayor of Sinnamary and MP for French Guiana, who said to the people in the space industry : « let’s see how we can get the graft to take ». This gave rise to the first Phèdre plan, which pointed the way forward for involving the space industry more closely in the local economy and education, through actions that affect everyday life, like any leading national firmworking as a fully-fledged partner of the region where it chooses to locate a facility. Today, we are working along the same lines. And then space breathed new life into French Guiana, freeing it from a syndrome of failure born out of its history and certain misconceptions. For a time, it seemedimpossible to get anything moving in French Guiana, but the launch base changed all that : thanks to the CSG, the region became associated in people’s minds with Ariane rather than as a former penal colony. That said, let’s be clear about everybody’s respective roles. It’s not for the space industry to provide housing or drinking water. French Guiana is a French département and as such it is ruled by the national government. So I’m not asking the space industry to develop it for me ! How do you see the next 10 years ? Ch. B : We have charted our vision in the regional development plan for French Guiana. One of the five flagship projects in the plan is our desire to join the Aerospace Valley competitiveness cluster. Just like the Midi-Pyrénées and Aquitaine regions, French Guiana must be a pillar of the French and European space industries. To this end, I would like to see the project to orbit a space observatory to monitor Earth’s environment developed in French Guiana. Over the next 10 years, I will be voicing this political message through the GPE and in parliament. We need activities to be developed and shared more evenly between these three regions. Moreover, we could look at how space methodologies—quality procedures, rigour, verification and validation—might help to make the civil service in French Guiana more efficient. Likewise, we hope to see more career opportunities in space in the future. 18/cnesmag JUILLET 2009
J Business & politics POLITIQUE Guyane, au même titre que la région Midi-Pyrénées, et de la région Aquitaine, doit constituer le trépied des activités spatiales française et européenne… À ce titre, je souhaiterais que le projet d’observatoire spatial de la Terre, lié à l’environnement, soit développé en Guyane. Dans les dix ans à venir, je porterai ce message politique aussi bien au sein du GPE que dans l’hémicycle. Le fait d’être trois induit une logique de développement et de répartition plus équilibrée des activités ! Par ailleurs, nous pourrions envisager de décliner la méthodologie spatiale (procédures de qualité, exigences de rigueur, vérification/validation) à la fonction publique guyanaise pour la rendre plus efficace. De même nous espérons plus de métiers liés au spatial dans l’avenir… Aujourd’hui, quels sont les axes potentiels de développement de la Guyane ? Chantal Berthelot : Il y en a deux que nous affinons dans le cadre des États généraux : la pêche et le bois. L’activité halieutique est à développer, dans le champ exploratoire de l’industrie de transformation à partir des produits de la pêche hauturière, côtière et fluviale. Idem pour l’agriculture. L’autre ressource concerne la forêt. Outre l’industrie du bois, nous avons le plus grand parc amazonien de France et d’Europe, le seul avec une forêt équatoriale (35000 km 2). Tous les jours, des scientifiques découvrent de nouvelles variétés d’arbres, d’espèces… donc des perspectives de filières en recherche fondamentale (nouvelles molécules) et en recherche appliquée (valeur ajoutée). Pour moi, la Guyane est un pays béni des dieux. La nature a doté ce territoire de quelque chose d’exceptionnel qui est encore à découvrir. Nous avons réussi le pari en 1964 de la haute technologie. Nous pouvons en relever d’autres : évaluer le potentiel de ressources de cette forêt pour les mettre au service de l’humanité. Tout repose sur le volontarisme politique. Ces filières engendreront des emplois et nous permettront de répondre en partie à une démographie galopante. Par ailleurs, tout le monde parle du crédit carbone de la forêt guyanaise. Ce sont des sujets mondiaux à l’heure actuelle. Si notre forêt sert à capter et à stocker du carbone, elle peut également devenir une ressource financière ! La Guyane est le carrefour pour la France et l’Europe vers l’Amérique du Sud. Comment voyez-vous la coopération transfrontalière et dans quels domaines ? Chantal Berthelot : Située sur le continent sud-américain, la Guyane a des frontières naturelles avec le Surinam et le Brésil (du nord). Dans cet espace amazonien, la légitimité de la France passe par la Guyane. Je fais dans ce sens du lobbying à l’Assemblée nationale. Je me suis appuyée sur deux structures existantes : les groupes d’amitié France- Brésil, dont je suis vice-présidente, et France-Surinam, que je préside. Je crois plus à une coopération avec le Surinam qu’avec le Brésil. C’est une question d’échelle. Avec le Surinam, nous travaillons sur deux axes : la santé et l’éducation car nous avons des bassins communs de population. Qu’est-ce que vous avez envie de dire à nos lecteurs pour les faire venir en Guyane ? Chantal Berthelot : C’est le dernier coin de paradis. Les moyens modernes le rendent accessible. Le vivre est encore possible, mais battons-nous pour le préserver (en luttant contre l’orpaillage illégal). La Guyane ne laisse pas indifférent. C’est un pays qui renvoie à soi-même. Il faut aimer la nature et le silence pour l’apprécier. Aujourd’hui l’environnement est à la mode, donc son ère est arrivée. Nous avons en projet de monter un centre européen de la biodiversité, et pourquoi pas un aquarium comme Monaco, vu notre richesse en poissons. C’est ici que les tortues luths viennent pondre… Donc venez, le pays fera le reste ! What potential avenues for development do you see in French Guiana today ? Ch. B : There are two areas we’re working on as part of the overseas territories status review : fishing and forestry. Fishing activities need to be developed by exploring opportunities for products derived from high-seas, coastal and river fisheries. The same goes for agriculture. With regard to the timber industry, we possess the largest tract of Amazon forest in France and Europe, and the only one with equatorial forest (35,000 sq.km). Scientists are discovering new species of trees and animals every day, so there are huge prospects for fundamental and applied research. To me, French Guiana is a country blessed by the gods. Nature has given it many riches to discover. We succeeded in bringing hightech to French Guiana in 1964 ; today the challenge is to evaluate its forest resources so they may benefit humankind. It’s going to take a clear political commitment. These sectors will create jobs and go towards meeting the needs of a burgeoning population. Everyone’s talking about the carbon credits French Guiana’s forest could provide. These are global issues. As a carbon store, our forest could become a source of income. French Guiana is France and Europe’s gateway to South America. How and where do you see cross-border cooperation developing ? Ch. B : French Guiana has natural borders with Suriname and Brazil. In this Amazonian region, France’s legitimate presence is tied to French Guiana. I regularly lobby the national assembly in this respect through the France-Brazil friendship society, of which I am vice-chair, and the France- Suriname friendship society, which I chair. I believecooperation is more likely to succeed with Suriname than with Brazil, for reasons of scale. With Suriname, we’re focusing our efforts on health and education, as we have common populations. What would you like to say to our readers to tempt them to come to French Guiana ? Ch. B : It’s the last unspoilt paradise. Modern technologies have brought it within reach, but we must fight to preserve it, for example by combating illegal gold panning. French Guiana is a place that inspires strong feelings. It’s a country that forces you to look hard at yourself. It’s a place for nature lovers and people who appreciate quiet. Today, green living is in vogue so French Guiana’s time has come. We are thinking about settingup a European biodiversity centre, and maybe an aquarium like in Monaco, given our rich variety of fish species. This is where leatherback turtles come ashore to lay their eggs… Come and see for yourself, and let the country work its charms on you ! JUILLET 2009 cnesmag/19



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