CNES Mag n°40 jan/fév/mar 2009
CNES Mag n°40 jan/fév/mar 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°40 de jan/fév/mar 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre National d'Études Spatiales

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 8,9 Mo

  • Dans ce numéro : l'innovation spatiale au service de la société.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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J société Society u MURIELLE LAFAYE, CNES Télé-épidémiologie LE SATELLITE SUIT LA BILHARZIOSE EN CHINE Le planorbe Biomphalaria glabrata, petit escargot aquatique vivant dans les eaux douces peu profondes, responsable de la bilharziose. The bloodfluke planorb biomphalaria glabrata is the small freshwater snail responsible for bilharzia. Financée par le CNES, une étude pilote, dans la région du lac Poyang (Chine), va permettre de mettre en place des outils de lutte contre la bilharziose. La bilharziose (ou schistosomiase) est la maladie parasitaire la plus fréquente après le paludisme, touchant 200 millions de personnes dans le monde et en menaçant 650 millions. Elle est responsable de 800 000 décès par an. La transmission du parasite à l’homme se fait selon un cycle qui nécessite un hôte intermédiaire : il s’agit de gastéropodes aquatiques, vivants dans des végétations d’eaux douces, majoritairement stagnantes ou à faible courant. Cette maladie est présente dans 76 pays des zones tropicales et intertropicales, principalement en Asie, Afrique et Amérique du Sud. En Chine, la schistosomiase pose un grave problème de santé publique, car elle est responsable d’un taux de mortalité somme toute élevé, et 44 millions de personnes sont considérées à risque. La maladie affecte le bassin versant du Yangtsé et des lacs associés, concernant 348 cantons dans 10 provinces, la municipalité de Shanghai et la région autonome de Guangxi. Si la maladie est en partie contrôlée, la présence du barrage des Trois-Gorges en amont (dont la mise en eau a débuté en 2003 et devrait s’achever en 2010) risque d’accentuer sa transmission. Ce barrage va provoquer l’inondation de terres agricoles pouvant ainsi être colonisées par le gastéropode. Les populations dont les terres auront été inondées se déplaceront à la recherche de nouvelles terres à cultiver, accompagnées de leur bétail potentiellement porteur de la maladie, ce qui risque de favoriser sa dissémination. Quand le satellite paraît… À la recherche de nouveaux débouchés pour ses produits de cartographie rapide de gestion d’inondation développé dans le cadre du projet Dragon, sa composante française Warm(financement ministère des Affaires étrangères et CNES) et sa suite Dragon 2 (Esa et CNSA), le Sertit s’est rapproché du CNES pour obtenir son soutien en vue de valoriser ses produits dans le domaine de la télé-épidémiologie. Une étude pilote dans la région du lac Poyang, financée par le CNES en 2007-2008, a permis d’identifier les paramètres (temps de submersion, qualité et température de l’eau, végétation, météo, état des sols) influençant la présence du gastéropode. Ces résultats ont été montrés et discutés avec les cadres du National Institut of Parasitic Diseases (NIPD) de Chine, rencontrés sur recommandation de l’institut Pasteur de Shanghai. Deux facteurs importants, accessibles à partir des données d’observation de la Terre, ont été isolés. Ils ont permis de proposer des indicteurs épidémiologiques : TELE-EPIDEMIOLOGY CNES is funding a pilot study in the region of Lake P’o-yang, China, that is settingup tools to combat bilharzia. Schistosomiasis, more commonly known as bilharzia, is the most widespread parasitic disease after malaria, with 200 million sufferers worldwide and a further 650 million under threat. It is responsible for 800,000 deaths a year. The parasite finds its way into the human body via an animal host : water snails that live on aquatic plants, usually in stagnant or slow-moving waters. The disease is present in 76 tropical and intertropical countries, chiefly in Asia, Satellites tracking bilharzia in China Africa and South America. In China, bilharzia is a serious public health issue, as mortality rates are high and 44 million people are considered at risk. The disease is running rife in the Yangtze River basin and its tributary lakes, affecting 348 cantons and 10 provinces, the city of Shanghai and the autonomous region of Kwangsi. While the disease is partly under control, the Three Gorges Dam—where filling of the reservoir began in 2003 and is expected to be completed in 2010—could facilitate its transmission. This project will flood farmlands ripe for colonization by water snails. Displaced populations will move to new areas in search of land to farm, taking with them herds that could be carrying the disease, thereby favouring its spread. Satellites enter the picture Having developed rapid flood-mapping products for the DRAGON project, its French component WARM funded by the French ministry of foreign affairs and CNES, and for the follow-on DRAGON 2 (ESA and CNSA), the SERTIT regional image processing and remote sensing department asked CNES for support in exploiting them for tele-epidemiology. A pilot study in the region of Lake P’o-yang, funded by CNES in 2007-2008, identified parameters (submersion 36/cnesmag JANVIER 2009
J Society société Le « temps de submersion », fondé sur les informations relatives à la dynamique des inondations récurrentes dans cette zone de mousson. Au cours d’une année, l’on distingue deux périodes de transmission : au printemps lors de la montée des eaux et à l’automne lors de la vidange du lac. Le « groupement de végétation », car la présence de certaines espèces végétales, comme le polygonum et le carex, a un impact direct sur la présence du gastéropode. Ces résultats sont très encourageants et innovants. La bilharziose est une pathologie qui n’a fait l’objet que de rares travaux intégrant les techniques spatiales. Les paramètres contrôlant la distribution du gastéropode vecteur de la bilharziose, et par là même le risque de transmission de la maladie, sont différents de ceux analysés dans les études de télé-épidémiologie menées jusqu’à présent par le CNES. Ceux-ci concernaient les mécanismes liés à la production de moustiques (détection des points d’eau et de leur dynamique, distance possible de vol des moustiques). Cette étude montrera que la méthodologie brevetée par le CNES peut s’appliquer à d’autres types de maladies. Le projet de démonstration, financé dans le cadre des Appels à idées Applications/Valorisation validera sur trois ans (2009-2011) ces deux indicateurs. Par la suite, il définira des indicateurs complémentaires relatifs aux activités humaines et aux mesures sanitaires mises en place par les autorités chinoises. Dans une phase ultime, il les associera en vue de modéliser le risque de contamination et de produire des cartes de risque de présence de bilharziose, dans la région du lac Poyang. À l’issue du projet de démonstration, le Sertit devrait être en mesure de proposer une nouvelle offre de service, valorisant ses produits de cartographie rapide et le savoir-faire du CNES en télé-épidémiologie. Carte à huit niveaux de présence potentielle du vecteur de la bilharziose. Le dégradé du jaune au rouge indique un risque de plus en plus important de présence du vecteur de la maladie, donc du risque potentiel de transmission. Eight-level map showing potential presence of the bilharzia vector. The risk of snail presence and therefore transmission of the disease goes from yellow for low to red for high. Cycle parasitaire : Après l’éclosion des œufs, les vers s’introduisent dans un planorbe. Quelques semaines plus tard, ils quittent l’escargot pour un corps humain dont ils traversent la peau, pour s’installer dans son estomac. Parasite life cycle : after the eggs have hatched, the tiny flukes find a water snail. A few weeks later, they leave the snail in search of a human. They enter the body through the skin and lodge themselves in the stomach. time, water quality and temperature, vegetation, weather and soil conditions) conducive to water snails. The results of this study were presented to officials and discussed at China’s National Institute of Parasitic Diseases (NIPD) on the recommendation of the Pasteur Institute in Shanghai. Two important factors revealed by remote-sensing data served as a basis for proposed epidemiological indicators : Submersion time, based on information about recurring flood dynamics in this monsoon zone. Two transmission periods stand out during the year : in spring when waters rise and in autumn when the lake empties. Vegetation clusters, as certain plant species like knotweed and sedge directly impact the presence of water snails. These innovative results are very encouraging. Bilharzia has never been studied using space technologies before. The parameters affecting the distribution of the disease-bearing water snails, and hence the risk of transmission, are not the same as those analysed by tele-epidemiology studies conducted so far by CNES, which have focused on mechanisms related to mosquitoes, such as pond location and dynamics, and the insects’flying ranges. This study shows that the methodology patented by CNES can be applied to other types of diseases. The demonstration project, funded under a call for ideas from CNES’s Applications & Exploitation department, will validate these two indicators over a two-year period (2009-2010). It will then define additional indicators relating to human activities and health measures instituted by the Chinese authorities. Ultimately, the project will combine all these indicators to model the contamination risk and compile bilharzia risk maps covering the Lake P’o-yang region. At the end of the demonstration project, SERTIT expects to offer a new service based on its rapid mapping products and CNES’s tele-epidemiology expertise. JANVIER 2009 cnesmag/37



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