CNES Mag n°36 jan/fév/mar 2008
CNES Mag n°36 jan/fév/mar 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°36 de jan/fév/mar 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre National d'Études Spatiales

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : le CNES et les vols habités.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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J international world trouve à Tsukuba, à 50 km au nord de Tokyo. Pour assembler et mettre en orbite Kibo, le Japon dispose de son propre corps d’astronautes. L’Agence spatiale japonaise possède actuellement huit astronautes, dont certains ont déjà réalisé des vols sur les navettes américaines. Le site de Tsukuba dispose aussi d’un centre d’entraînement, dont la partie la plus médiatique reste l’immense piscine servant d’entraînement aux astronautes pour répéter les opérations d’assemblage. UN CARGO SPÉCIFIQUE Afin de ravitailler la Station en équipements et en consommables, le Japon s’est aussi engagé à développer le cargo HTV (H-II Transfer Vehicle). Ce véhicule de 10 mètres de long et de 4 mètres de diamètre permettra d’apporter 6 tonnes de charge utile. Contrairement à l’ATV qui effectue un rendez-vous direct avec la Station, le HTV sera récupéré, durant les 10 derniers mètres, par le bras robotique de Kibo. Le HTV pourra ensuite être utilisé pour stocker les déchets qui retourneront se consumer dans l’atmosphère. Avec une masse de 16,5 tonnes au lancement, le cargo japonais reste trop lourd pour pouvoir décoller sur la conventionnelle fusée H-IIA. La Jaxa a donc entamé le développement d’une version plus musclée de son lanceur, nommée H-IIB. Il disposera de deux moteurs de premier étage et d’une section de réservoir élargie. Si, durant l’été 2009, le premier lancement du HTV se déroule sans encombre, le Japon pourrait lancer une version du HTV tous les ans. SON LABORATOIRE SCIENTIFIQUE Le Japon a développé enfin plusieurs équipements d’expérimentation qui trouveront leur place au sein du module japonais : les racks Ryutai et Kobiro pour l’étude des sciences de la matière, et le rack Saibo pour les sciences de la vie. Plusieurs thèmes d’expérience ont été retenus en concertation avec la communauté scientifique au cours des années précédentes. Trois instruments seront en outre rattachés à la palette externe pour des missions diverses comme l’étude de l’atmosphère terrestre (Smiles), de l’Univers (Maxi) ou de l’environnement « PLUS VOLUMINEUX QUE COLUMBUS, KIBO PEUT ACCUEILLIR JUSQU’À 10 RACKS D’EXPÉRIMENTATION. « Bigger than Columbus, Kibo can accommodateup to 10 experiment racks. 60 La cuisine japonaise se met en orbite Dans le film populaire d’animation Freedom du dessinateur Katsuhiro Otomo (connu en France pour sa série Akira), le héros habitant une base lunaire déguste, à plusieurs reprises, des nouilles instantanées. Cette mise en scène n’a rien de fortuit puisque le projet artistique s’est fait en coopération avec le plus grand fabricant de nouilles japonaises ! Dans la réalité, la cuisine japonaise n’a pas encore atteint la Lune mais elle est déjà en orbite basse terrestre, emportée dans les bagages des astronautes qui participent à la construction de la Station spatiale internationale. De manière générale, les Japonais sont très attachés à leur tradition culinaire. Lors d’un séjour professionnel à l’étranger par exemple, le faible accès aux spécialités locales demeure la principale cause du « mal du pays ». Aussi, afin de réconforter au mieux les futurs astronautes qui assembleront et travailleront sur Kibo, la Jaxa a entrepris de préparer des spécialités à emporter. Ce ne sont pas moins de 30 plats qui ont été développés et certifiés par l’agence spatiale japonaise ces derniers mois. Les nouilles spatiales sont bien entendu présentes, malgré le défi technique évident imposé par l’impesanteur. Ces plats ont été proposés à la dégustation au public lors d’un rendez-vous cet été à Tokyo. Selon les spécialistes japonais, ils sont volontairement plus relevés car la sensation de goût semble diminuer dans l’espace ! Certains chercheurs réfléchissent déjà, à plus long terme, aux méthodes pour nourrir les hommes qui vivront sur Mars ou sur la Lune. Il s’agit là d’anticiper la seconde phase de l’exploration martienne habitée, celle où les humains devront subvenir à leurs besoins alimentaires de manière autonome. Ces scientifiques proposent des solutions originales s’appuyant sur les traditions locales. Selon les personnes concernées, le régime japonais réputé « équilibré et peu consommateur de viande » se prêterait bien à ce genre de programme. Le « menu martien » comporterait des produits à base de riz et de soja, des patates douces et des épinards, du poisson (le petit poisson d’eau douce appelé dojo serait particulièrement adapté car très résistant) et, surtout, des chrysalides de vers à soie. Ce dernier produit fournira de manière très fonctionnelle les protéines nécessaires aux futurs pionniers martiens. Conseils aux gastronomes avisés donc : pour l’instant, mieux vaut ne pas trop s’éloigner de la planète Terre ! SPACE AGRICULTURE TASK FORCE JAXA Ingrédients d'un futur menu martien nippon. Ingredients of a future Japanese menu on Mars. cnesmag u JANVIER 2008
J international world spatial (Seda). L’opération de Kibo se réalisera en deux temps, avec une première phase entre 2008 et 2010 utilisant les instruments ci-dessus, et une seconde phase (de 2010 à 2012) pour laquelle sont actuellement étudiés d’autres équipements. Au final, le Japon aura attendu plus longtemps que prévu pour voir se concrétiser sa participation au programme de la Station. Malgré certaines déconvenues, comme l’abandon du module centrifuge en cours de route, le Japon souhaite rester optimiste. L’objectif initial de la participation japonaise demeurait l’obtention d’un savoir-faire dans le domaine des systèmes de vol habité, ce qui a été en grande partie réalisé. Le Japon espère maintenant mettre à profit ce savoir dans la future stratégie internationale d’exploration qui se dessine en ce moment même. À terme, il pourrait décider de bâtir un programme indépendant de missions habitées, mais pour l’instant rien n’est encore décidé ! ■ Japan on ISS Kibo hopes soon to be fulfilled Japan is a key partner in the construction and operation of the International Space Station (ISS), for which it is bearing an estimated 13% of costs. Like Europe, it joined the project at the start in 1985 and the next two years are going to be vital. s The prime contribution to the ISS from the Japan Aerospace Exploration Agency (JAXA) is the Kibo laboratory module (kibo means ‘hope’in Japanese), also called the Japanese Experiment Module (JEM). One of the largest modules on the station, it will be launched in three goes by the US space shuttle on three flights currently scheduled for 2008 and early 2009. Bigger than Columbus, Kibo has a pressurized storage volume and an external exposure facility or « porch » accessible using a dedicated robotic arm. It can accommodateup to 10 experiment racks, five of which are reserved for the moment for Japan. Today, the flight models of Kibo’s constituent elements are awaiting launch in Houston, U.S.A. The Kibo control centre is in Tsukuba, 50 kilometres north of Tokyo. To assemble and operate Kibo in orbit, JAXA has its own corps ofeight astronauts, some of whom have already flown on the US space shuttle. The Tsukuba facility also has a high-profile training centre with a huge neutral buoyancy pool for rehearsing assembly operations. Special cargo Japan has also committed to develop the H-II Transfer Vehicle (HTV) to ferry supplies to the ISS. Ten metres long and four metres across, the HTV is designed to carry a payload of six tonnes. Unlike the ATV, which will dock directly with the ISS, the HTV will be grappled during the last 10 metres of its approach by Kibo’s robotic arm. The HTV will take away waste and burnup on re-entry. Tipping the launch scales at 16.5 tonnes, Japan’s cargo spacecraft is too heavy to be lofted by a conventional H-IIA launcher. JAXA has therefore begun development of a more powerful H-IIB version with two first-stage engines and a wider tank. If the maiden flight in summer 2009 goes according to plan, Japan could subsequently launch an HTV every year. Japanese cuisine in space s In the popular film Freedom by cartoonist Katsuhiro Otomo, well known in France for his series Akira, the hero living on a Moon base is often seen eating instant noodles. This is no accident, since the project was put together in partnership with Japan’s biggest noodle manufacturer. Back in the real world, Japanese cuisine hasn’t yet made it to the Moon but is already in low-Earth orbit, where it is helping to sustain the astronauts working to construct the ISS. The Japanese are very attached to their culinary traditions. On trips abroad, for example, businessmen and women regularly cite not being able to find home specialities as the chief reason for feeling homesick. So, to provide as much comfort as possible for future crews assembling and working in Kibo, JAXA decided to prepare special dishes for astronauts to take with them. The agency has developed and certified no less than 30 such dishes in recent months. These include space noodles, of course, despite the obvious technical challenge posed by weightlessness. The public got the opportunity to taste the dishes at an event this summer in Tokyo. According to Japanese specialists, they have been made spicier because our sense of taste appears to be dulled in space. Now, researchers are looking further ahead to develop methods that will be needed to feed humans on the Moon or Mars. They are anticipating the second phase of manned Mars exploration, when humans will have to feed themselves. These scientists are proposing original solutions based on local traditions. Depending on individuals, the reputedly balanced, low-meat Japanese diet could be well suited. Martian fare would consist of rice and bean sprouts, sweet potato and spinach, fish (the dojo, a smalland hardy freshwater fish) and, especially, silkwormpupae. The latter would provide future Martian pioneers with a functional source of protein. So, the advice for gourmets is this : don’t rush to book your table in space just yet. Science laboratory Japan has developed a range of experiments for the Kibo module : the Ryutai and Kobiro racks will focus on material science and the Saibo rack on life sciences. A number of themes have been chosen in concert with the science community. Three instruments will be mounted on the external exposure facility to study Earth’s atmosphere (SMILES), the Universe (MAXI) and the space environment (SEDA/AP). Kibo operations will rampup in two phases, with a first phase from 2008 and 2010 using the instruments mentioned, and a second phase from 2010 to 2012 for which other equipment is currently being designed. Japan has waited longer than expected to reap the rewards of its involvement in the ISS programme. But despite some setbacks, like the decision to drop the centrifuge module, it remains optimistic. It has largely fulfilled its initial objective of acquiring know-how in human spaceflight from the ISS project. And it hopes to exploit this expertise as part of the future international space exploration strategy currently taking shape. Ultimately, Japan could decide to engage its own human spaceflight programme—but for that, we shall have to wait and see. ■ 61 JANVIER 2008 u cnesmag



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