CNES Mag n°36 jan/fév/mar 2008
CNES Mag n°36 jan/fév/mar 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°36 de jan/fév/mar 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre National d'Études Spatiales

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : le CNES et les vols habités.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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J société society monde réel toujours mise à jour. Sommes-nous en l’an 2100, 2050, 2020 ? Non, nous sommes en 2013 et tout ce qui est décrit ci-dessus est déjà potentiellement inscrit dans notre quotidien. Sans que nous l’ayons prévu, les pièces d’un gigantesque et stupéfiant Meccano sont en train de se mettre en place… Mais commençons par le début : situé quelque part dans les bureaux du CNES, un groupe Prospective spatiale s’affaire à répondre aux besoins de la société de la décennie à venir. LA TERRE MÉTRIQUE, CHAQUE JOUR, UN PARI FOU Un pari fou est en train de naître. Un pari que personne n’avait osé imaginer : prendre une photo complète de la Terre à résolution métrique en l’espace d’un jour. Ce défi incroyable est la réponse à une révolution, celle de la société de l’information dont les besoins sont insatiables. Ils concernent des enjeux d’une nature nouvelle : « Je veux communiquer avec tous et tout connaître » (télécoms + Internet) ; « Je veux savoir où je suis » (GPS) ; « je veux voir tout et tout le temps » (portails géocodés tels que Google Earth, MSN local search, etc.) ; tout, pour une couverture planétaire à l’échelle métrique ou submétrique (y compris les déserts ou les océans) ; tout le temps, pour l’instant ou « Je veux communiquer avec tout le monde et tout connaître. » « I want unlimited connectivity and knowledge. » DR presque (l’échelle de temps de l’internaute est l’heure, voire la journée). Nul doute que si cette exigence du citoyen (savoir et voir à tout moment ce qui se passe sur Terre) se confirme, elle crée le besoin combiné de la haute résolution spatiale à l’échelle de la planète. Paradoxalement, ce ne sont pas les agences spatiales qui sont les instigatrices de ce nouveau marché mais les fournisseurs de services qui cherchent à créer à l’infini de nouveaux besoins (donc des profits). En fait, dans ces nouveaux modèles, les besoins sont rarement intrinsèques ou innés. La résultante d’une offre séduisante et peu coûteuse peut créer un marché de masse qui se caractérise ici par un besoin inattendu et massif : une Terre, un mètre, et pourquoi pas un jour ! e-CORCE, LE « MP3 DE LA TÉLÉDÉTECTION » Pour arriver à un tel résultat, il convenait de résoudre une équation apparemment insurmontable : transmettre, traiter et diffuser l’image de l’ensemble du globe à l’échelle métrique en l’espace d’un jour, à savoir 50000000000 000 pixels métriques. De l’impensable jusqu’à ce jour ! c 44 and knowledge (through telecommunications and the Internet) ; who want to know their exact location (GPS) ; to be able to see everything, all of the time (through geoportals such as Google Earth and MSN local search) ; global metric or sub-metric coverage (including of deserts and oceans) ; and who want it all within the almost-instant timescales of the Web. If this demand from citizens is confirmed, as seems likely, it will in turn generate the need for high-resolution imagery on a global scale. Paradoxically, it is not space agencies that are driving this new market but service providers seeking to constantly create new profit streams. In their business models, needs are rarely intrinsic or innate. The resulting range of cheap and attractive services can therefore create a mass market underpinned by a huge and yet unexpected demand for one Earth, at one metre, in one day. The MP3 of remote sensing To make this all possible, we have to be able to send, process and disseminate global imagery at metric resolution—that is, 50 trillion one-metre pixels—in a day. That seemedunthinkable, until now. To handle this huge volume of data, CNES has filed patents for totally innovative solutions built around three key elements : a constellation of stripped-down satellites—typically 125 optical satellites weighing 150 kilograms with an imaging swath of 20 kilometres—to collect images ; an image compression system using Internet psychovisual compression technologies to achievecompression rates of 40 or better (in this sense, e-CORCE is to imagery what MP3 technologies are to sound) ; and 100 data centres, replacing the usual dedicated space data collection centre, to piece together a global mosaic. Everything is posted on line via Internet and distributed peer to peer, like on iTunes or eMule. With this approach, CNES’s engineers have achieved a record with individual data streams divided by more than 5,000. The e-CORCE concept combines space, telecoms and grid technologies to disseminate worldwide a daily colour image of the globe at metric resolution. In comparison, a single conventional virtual satellite—impossible to build with the current state of the art—with similar features to e-CORCE would need to send about 350,000 Megabytes of data. That gives a clearer idea of the extraordinary power of symbiotic Internet-based distributed networks and a fleet of simplified, distributed satellites. By turning the conventional paradigm on its head and using a complex ground network in tandem with simple space-based sensors, e-CORCE is openingup new avenues for the future. ■ 1 e-Constellation d’Observation REcurrente Cellulaire (recurring cellular observation e-constellation) cnesmag u JANVIER 2008
J société society Un nouveau paradigme économique pour le spatial ? Dès 2005, un groupe de travail CNES sur les systèmes d’information spatiaux indiquait clairement que la structuration au sol des nouveaux moyens informatiques et leur interconnectivité à l’échelle planétaire ouvraient des perspectives économiques étonnantes dans le domaine spatial, pouvant déboucher sur des concepts satellitaires originaux. Les Ateliers de prospective du CNES de 2006 confirmaient autour des thèmes de la « planète communicante » et du « jardin planétaire » une demande sociétale émergente baptisée « Consomm’acteurs ». Grâce aux offres nouvelles des produits de Google (Maps et Earth) et autres portails mondiaux, le marché de l’imagerie spatiale qui, depuis 30 ans, couvrait uniquement une demande professionnelle (fondée sur la vente à l’unité d’images) bascule vers la demande du grand public et des internautes. Constituée de centaines de millions de nouveaux clients, elle induit de nouveaux services indirects dont les revenus dépassent largement celui du marché conventionnel. Le modèle économique dominant est alors issu de l’économie numérique d’Internet dont la progression foudroyante, contrairement à la bulle des années 1990, se traduit cette fois-ci par des profits immédiats gigantesques et vérifiables. Cette nouvelle demande imprévue par tous les acteurs en observation de la Terre, dépasse l’effet de mode. Si le public s’y intéresse autant, ce n’est pas uniquement par curiosité pour retrouver sa maison sur Internet : c’est d’abord parce que la gratuité d’accès, la très grande fluidité et la souplesse d’utilisation lui permettent d’accéder à tout un lot de nouvelles informations de façon interactive. Grâce à ce mécanisme de levier économique inattendu, son impact sur les besoins en observation de la Terre est énorme. En 2005, le cash flow de Google Earth a excédé le cash flow total des producteurs d’images satellitaires depuis leur naissance il y a 30 ans. Les opérateurs de portail ne peuvent se passer de la toile de fond géographique et sont disposés (ou devront accepter) à investir des sommes conséquentes pour acquérir la couverture terrestre à l’échelle la meilleure. Selon Mats Carduner (Google, France, sept. 2007) le premier milliard d’internautes a accédé au réseau via un ordinateur, le second milliard passera par le mobile. Objectif pour Google : porter ses services sur un écran de terminal mobile. En abaissant d’un facteur énorme le coût des images au km 2, e-Corce inaugure une nouvelle ère pour l’observation de la Terre : la continuité assurée sans injection de deniers publics ! CNES La vision e-Corce vise à anticiper la demande des géoportails en fournissant un rafraîchissement continu des images, associé à une résolution métrique. E-CORCE envisions anticipating demand from Web geoportals by offering continuously refreshed imagery, at metric resolution. A new business paradigm for space ? s In 2005, a CNES advanced concept working group focusing on space information systems foresaw that new, structured, ground-based globally interconnected computing systems held much promise for space business and could lead to innovative satellite concepts. A year later, the agency’s future applications workshops confirmedemerging consumer demand for services aiming to create a « communicating planet » and a « global garden ». With new products available from Google—Google Maps and Google Earth— and other global portals, the satellite imagery market, after catering for 30 years exclusively to business customers, is now shifting its sights toward consumers and Internet users. Hundreds of millions of new customers are spawning new indirect services generating far more revenues than the conventional satellite imagery market. The dominant business model is now underpinned by the e-economy, which is growing exponentionally and, unlike the dotcom bubble of the 1990s, shows no signs of bursting. And this new demand, which has caught the remote-sensing industry unawares, is no flash in the pan. People are not flocking to the new services just to see their house pictured on screen, but most of all because they can access a whole stack of new information interactively and for free. This unexpected economic lever is driving massive demand for Earth-observation imagery. The cashflow from Google Earth in 2005 alone exceeded that from all producers of satellite imagery put together in the last 30 years. Web portal operators need this underlying geoinformation and are ready—or will be obliged—to invest large sums to acquire global coverage at the best scale. According to Mats Carduner at Google France, the first billion users accessed the Internet from their PC ; the second billion will do it from their mobile phone. Google now aims to bring its services to mobile terminals. By greatly reducing the cost of imagery per square kilometre, e-CORCE heralds a new era for the remote-sensing industry in which continuity of supply will be assured by profits, with no need to inject public funds. CNES Grâce aux offres des produits de Google (Map/Earth), le marché de l'imagerie spatiale qui couvrait uniquement une demande professionnelle bascule vers la demande du grand public et des internautes (des millions de nouveaux clients induisant de nouveaux profits). With products like Google Maps and Google Earth, the satellite imagery market, which previously catered exclusively to business customers, is now shifting its sights toward consumers and Internet users, bringing millions of new customers and profits. 45 JANVIER 2008 u cnesmag



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