CNES Mag n°34 jui/aoû/sep 2007
CNES Mag n°34 jui/aoû/sep 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°34 de jui/aoû/sep 2007

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre National d'Études Spatiales

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 6,9 Mo

  • Dans ce numéro : l'espace et les musées.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 20 - 21  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
20 21
J Écopolitique business & politics représente. Pour la première fois, il réunit l’accord de la Commission (pas seulement du commissaire Günther Verheugen mais de l’ensemble du collège des commissaires), du directeur général de l’Esa et de ses directeurs, ainsi que des 29 États membres. À mon avis, ce Conseil de l’espace donne une base très solide pour construire le futur. Deux documents ont été adoptés en parfaite cohérence : le document de politique spatiale des exécutifs ESA/S.CORVAJA, 2007 Jean-Jacques Dordain, directeur général de l’Esa. ESA Director General Jean-Jacques Dordain. (Commission et Esa) et une résolution qui appartient aux États membres. Y. d’Escatha : Je n’hésite pas à dire que le 22 mai 2007 restera un jour historique dans la construction de l’Europe spatiale. Nous avons assisté, après la gestation dont a parlé Jean-Jacques, à la naissance de la politique spatiale européenne. C’est la première fois que nous parlions tous de la même voix sur la politique de l’Europe dans le domaine spatial. Plus qu’un consensus, il y avait de l’enthousiasme ! Maintenant, la volonté est clairement affichée de travailler tous ensemble dans un cadre ouvert et motivant pour construire l’Europe spatiale. Pourquoi aujourd’hui a-t-on besoin d’une « politique spatiale » en Europe, alors que l’Esa depuis plus de 30 ans a construit, avec ses États membres, de grands programmes spatiaux ? Y. d’Escatha : Parce que l’Europe a besoin d’une vision politique à long terme dans le domaine spatial, parce que l’espace est un enjeu stratégique qui concourt à la construction européenne. Indépendance, sécurité, prospérité de l’Europe sont les enjeux forts d’une politique spatiale. Rappelons que l’espace est un moyen irremplaçable d’acquérir des données en toute indépendance, de les transmettre extrêmement rapidement et de fournir aux dirigeants toutes les informations dont ils ont besoin pour prendre leurs décisions en toute connaissance de cause et pour assumer leur responsabilité au niveau international. L’espace est indispensable à l’Europe, comme à toutes les grandes puissances, pour lui permettre d’être maître de son destin. Cette dimension stratégique s’accompagne d’enjeux économiques et technologiques importants, comme dans les domaines des télécommunications (combien de maisons équipées aujourd’hui de paraboles !), des transports (Galiléo), de la connaissance scientifique du fonctionnement de notre planète et de l’espace lointain. La quête sur les origines de la vie et sur la mort des planètes ne laisse aucun être humain indifférent. C’est pourquoi Mars passionne les scientifiques et inspire les jeunes. Yannick d’Escatha, président du CNES. CNES President Yannick d’Escatha. ESA/S.CORVAJA, 2007 D’ailleurs, les professeurs que Jean- Jacques et moi avons été sont sensibles au fait de faire rêver les jeunes et de les attirer vers la science et la technique. L’homme ne pourra pas se passer des outils spatiaux pour assurer le développement durable de l’humanité sur la Terre, pour comprendre les mécanismes d’un 20 consensus ; there was a real enthusiasm surrounding the document. Now, there is a clear will to work together within an open and stimulating framework to pursue our space effort. Why do we need a « space policy » in Europe today when ESA and its member states have been working on major space programmes for over 30 years ? Y. d’Escatha : We need a long-termspace policy vision, because space is a strategic sector for Europe. Our independence, security and prosperity are closely tied to our space policy. Space is an unrivalled source of independently acquired data that can be delivered very quickly to informthe decisions of governments and aid them in assuming their international responsibilities. Space is vital for Europe to take control of its destiny, as it is for all major powers. Besides this strategic dimension, there are also big economic and technology issues at stake, for example in telecommunications (just consider how many houses today have a satellite dish), transport with Galileo, and scientific knowledge of the Earth system and deep space. The quest to understand the origins of life and how planets die has a broad appeal. That’s why Mars excites scientists and inspires youngsters. Indeed, with our backgrounds in education, both Jean-Jacques and I appreciate the efforts needed to fire youngsters’enthusiasm and motivate them to pursue careers in science and engineering. Humans will need space-based tools to ensure the sustainable development of this planet and to understand the mechanisms driving such a complex system. We can’t hope to get to grips with these physical and chemical phenomena through ground-based measurements alone. Satellites fly around the Earth in just 90 minutes, providing an unrivalled global picture. And if science can teach us how the planet works, we will gain a closer insight into all these phenomena to predict and mitigate them, in order to sustain a habitable Earth for future generations. In this sense, the future of humankind lies in space, as space not only fuels the dream of one day piercing the enigma of our origins but also holds much promise for our everyday lives. Where do we go from here ? Is it now time for ESA to evolve ? JJ. Dordain : Now, we must implement the resolution adopted. This marks a fresh start, but let’s not forget the 30 years in space we have behind us. Europe can be proud of its achievements. In the short term, this new European space policy needs to be pursued through programmes designed to advance science and improve quality of life on Earth. I’ve always said I prefer programmes without a strategy to a cnesmag u JIULLET 2007
système aussi complexe. Nous ne pouvons pas accéder à la connaissance de ces phénomènes physiques et chimiques en réalisant uniquement des mesures depuis la surface de la Terre. Le satellite, qui fait le tour de notre planète en 90 minutes, permet des mesures globales irremplaçables. Et si nous parvenons à comprendre par la science comment fonctionne notre planète, nous pourrons acquérir la maîtrise de ces phénomènes, nous pourrons alors prévoir, prévenir et garder la Terre habitable pour les générations futures. C’est en ce sens que l’espace est l’avenir de l’humanité. Il prête certes au rêve sur nos origines, mais il est aussi riche de promesses dans notre vie de tous les jours. Quelle est la prochaine étape ? Une évolution de l’Esa est-elle envisageable à ce stade ? J.-J. Dordain : Maintenant il faut mettre en œuvre cette résolution. C’est un nouveau départ mais n’oublions pas que cela fait 30 ans que nous faisons de l’espace. L’Europe peut être fière de ses réalisations. La mise en œuvre de cette nouvelle politique spatiale européenne devrait se traduire à court terme par des programmes qui devraient contribuer à la fois au progrès scientifique et à la qualité de la vie sur Terre. J’ai toujours dit que je préférais des programmes sans stratégie qu’une stratégie sans programme ! Si cette politique spatiale européenne n’est pas suivie d’actions concrètes, elle restera un vœu pieu. Personne n’y tient ! Quant à l’évolution de l’Esa, elle se fait indépendamment de ses relations avec l’Union européenne. L’agence aujourd’hui n’a rien à voir avec celle d’il y a 30 ans. Dans 5 ans, elle sera encore différente parce que le nombre de ses États membres augmente. Le mode opérationnel changera forcément. L’Esa évolue aussi parce que nous tirons les leçons du passé, tant d’un point de vue budgétaire que de politique industrielle ou d’approvisionnement. Donc son évolution est constante. … un rapprochement de l’Union européenne à long terme ? J.-J. Dordain : Les relations entre l’Esa et l’Union européenne ne sont pas un objectif c ESA/S. CORVAJA, 2007 Le Conseil de l’espace u ALAIN CHAPPE, GENEVIÈVE GARGIR, CNES Adhésion des 29 à la Résolution Salle du Conseil de l’espace à Bruxelles. Space Council chamber in Brussels. Le 4 e Conseil de l’espace s’est tenu le 22 mai 2007 sous la double présidence des Pays-Bas (présidence Esa) et de l’Allemagne (présidence UE). Les 29 ministres des États membres représentés ont approuvé une résolution mettant en place une politique spatiale européenne conformément au mandat que s’était donné le Conseil de l’espace lors de sa première réunion en novembre 2004. C ette résolution traite pour la première fois de l’ensemble de la politique spatiale, à savoir du rôle stratégique de l’espace, des cinq grandes thématiques et des aspects transverses de gouvernance, de politique industrielle et des relations internationales. La maîtrise de l’espace est indispensable à l’autonomie de décision de l’Europe sur le plan international. Elle apporte notamment une réponse à deux préoccupations majeures du citoyen européen : l’environnement et la sécurité. Enfin, elle impose une mise en cohérence complète des composantes nationales, intergouvernementales et communautaire. La Résolution s’appuie sur un texte commun de la Commission et du directeur général de l’Esa en date du 26 avril 2007 (simultanément une communication de la Commission au Conseil et au Parlement, et une proposition de Jean-Jacques Dordain à son Conseil). Ce texte fondateur a nécessité 18 mois de négociation avec le concours des États membres eux-mêmes. Cette politique spatiale européenne comprend certains compromis mais elle n’en conserve pas moins la force que lui confère le consensus de 29 États européens. Günter Verheugen, vice-président de la Commission, a mis l’accent sur les contributions spatiales à la politique étrangère de l’Europe ainsi qu’aux politiques européennes de l’environnement, des transports, de la culture, de développement, d’aide internationale en cas de catastrophe, de gestion des conflits et de sécurité intérieure. Il a indiqué que la place de l’Europe au XXI e siècle dépendrait de sa capacité à garantir l’indépendance de ses prises de décision. L’accès indépendant aux données spatiales en constitue l’une des conditions essentielles. A contrario, le coût et l’impact d’un abandon de l’espace par l’Europe dépasseraient très largement le seul secteur spatial. Chacun s’est exprimé Jean-Jacques Dordain, directeur général de l’Esa, a salué cette étape importante pour l’espace et pour l’Europe, qui fêtent tous deux leur cinquantenaire cette année : « La politique ainsi approuvée intègre toutes les dimensions de l’Europe spatiale : au plan géographique (29 États), institutionnel (cadres national, intergouvernemental, communautaire) et thématique (science, éducation, exploration, accès à l’espace, applications). Pour la première fois, une politique spatiale européenne traite des applications destinées à la sécurité et la défense. » c 21 JUILLET 2007 u cnesmag



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 1CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 2-3CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 4-5CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 6-7CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 8-9CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 10-11CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 12-13CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 14-15CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 16-17CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 18-19CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 20-21CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 22-23CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 24-25CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 26-27CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 28-29CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 30-31CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 32-33CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 34-35CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 36-37CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 38-39CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 40-41CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 42-43CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 44-45CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 46-47CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 48-49CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 50-51CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 52-53CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 54-55CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 56-57CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 58-59CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 60-61CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 62-63CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 64-65CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 66-67CNES Mag numéro 34 jui/aoû/sep 2007 Page 68