Classic Obs' Mag n°5 jan à avr 2020
Classic Obs' Mag n°5 jan à avr 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de jan à avr 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 22

  • Taille du fichier PDF : 12,9 Mo

  • Dans ce numéro : le diable s'habille en Prada.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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moulin, comme du service après-vente. D’accord, ils ont suivi ce dernier sur certaines lubies qui n’appartenaient qu’à lui, avec en tête Split Enz qui a fortement imprimé une bonne moitié de cet album. Toutefois, à l’instar des deux morceaux précités, mais aussi de « Never Destination », « Alright » et « Retrograde », toute l’équipe se révèle étonnamment à son aise dans un registre power pop très musclée mais, surtout, très mélodique et avant-gardiste. Donc dans la veine de ce que produisait le génial groupe néozélandais au début des années 80, ou de ce qu’a ensuite proposé Neil Finnavec son Crowded House au succès colossal (après la fin de Split Enz). Et, même sorti de cette influence plus qu’évidente, on tombera également des nues avec « River Cross », qui semble emprunté à Peter Gabriel (à ce stade, il s’agit presque d’une respectueuse imitation), le curieux et pesant mélange U2/Led Zep sur le tubesque « Quick Escape », le très acoustique « Come Then Goes » qui évoque à la fois Dylan et Cornell, ou « Seven O’Clock », dans lequel on croirait entendre Springsteen qui se serait invité sans prévenir chez Roxy Music... Mais ce qui risque de troubler plus encore les habitués ce sont les arpèges et boucles sur un beat subtilement jazzy du lancinant « Buckle Up ». Là, seuls ceux qui ont du Josh Evans dans leurs playlists comprendront, ce dernier, trompettiste de jazz dans le civil, étant le producteur inattendu de l’album, en remplacement du fidèle Brendan O’Brien. Pour se retrouver en terrain connu, il ne restera guère que la balade folk rock, « Come Then Goes », le punk light « Take The Long Way », au refrain redoutablement addictif, ou le rock pied au plancher de « Who Ever Said », ce cocktail Neil Young/Who n’étant pas une nouveauté pour PearlJam... Les cinq de Seattle ont rempli le caddie à ras bord, ce qui vous aidera à tenir un bout de temps. Espérons-le jusqu’à ce qu’on puisse voir PearlJam à l’air libre cet été. [Jean-Pierre Sabouret] PETER FRAMPTON BAND ALL BLUES Blues Universal Chanteur-guitariste de The Herd (1966- 68), Humble Pie (1969-71), invité de notre Johnny national sur Insolitudes (1973), Peter Frampton reste pourtant l’artiste d’un seul album, son cinquième en solo  : Frampton Comes Alive, écoulé à 17 millions d’exemplaires depuis 1976. Trop influant pour envisager l’après, trop référentiel pour faire fructifier l’avant. 2019  : atteint d’une myosite à inclusions, maladie dégénérative incurable, Peter décide d’une tournée d’adieu qui prend appui sur un recueil de blues, superbement interprétés live en studio. Or, ce ne sont pas les titres rebattus par Freddie King ou les Rolling Stones qui nous emportent de prime abord, mais le bien mal nommé « All Blues », jazz à trois temps pour film noir de Miles Davis avec Larry Carlton à la guitare, objet de détente des esprits les plus agressifs. À moins que ce ne soit cette réappropriation instrumentale du « Georgia On My Mind » de Ray Charles, sur la mythique Les Paul Custom noire à trois micros qui, dépouillée de ses incrustations nacrées, 20 CLASSIC OBS’affiche les cicatrices de sa chienne de vie. Résultat comptable  : All Blues est resté quinze semaines n°1 au classement des albums blues du Billboard. L’expérience, émotionnelle cette fois, est à prolonger le 9 juin 2020 à l’Olympia. [Jean-Christophe Baugé] ROBERT CRAY THAT’S WHAT I HEARD Blues/soul Nozzle Records/Thirty Tigers Révéré pour son jeu de Stratocaster cristallin et sa voix soul (il a été l’invité des Rolling Stones sur leur unique version live de « Stop Breaking Down » pendant la tournée Voodoo Lounge), Robert Cray souffre d’avoir sorti dès 1992 son magnum opus, I Was Warned, pur condensé de blues mélancolique et sophistiqué. Difficile dès lors d’infléchir une trajectoire de carrière qui ne tend que trop vers l’asymptote horizontale. Aussi, l’idée du fidèle producteur SteveJordan d’orienter le son de That’s What I Heard, hommage partiel aux ainés de la soul, vers celui des premiers LP de Sam Cooke ne manque pas de sel. D’autant que la parité entre morceaux sucrés et épicés est globalement respectée. Les compositions originales étant marquées par le travail de plus en plus sommaire à la guitare lead, on se rabattra sur « My Baby Likes To Boogaloo » (Don Gardner) et « Do It » (Billy Sha-Rae), deux raretés réchauffées à l’orgue, aux cuivres, avec des paroles « rythmiques » qui tiennent sur un timbre-poste… Précédemment disponibles dans le coffret 4 CD Groove & Grind  : Rare Soul’63-’73 au livret typé encyclopædia universalis mais au son trahissant la perte des masters originaux. [Jean-Christophe Baugé] RORY GALLAGHER CHECK SHIRT WIZARD - LIVE IN’77 Blues rock Chess/Universal Restées dormantes depuis 1977, ces bandes, d’une qualité rare (captation  : studio mobile de JethroTull), sont extraites de quatre shows anglais de la tournée Calling Card où Rory Gallagher évolue pour la dernière fois avec son quartet de l’époque, lâchant la bride de son organiste Lou Martin... Avant de le congédier quelques mois plus tard, car trop émancipé sur l’album mort-né Torch. Le CD 1 enchaîne les morceaux qualitatifs (« Tattoo’d Lady », « A Million Miles Away ») dont l’intelligence faisait parfois défaut à ceux de Taste, power trio par lequel tout a commencé. Le CD 2, largement acoustique et moins prodigue en émotions (la voix, forcée, peut ne pas plaire), nous rappelle pourquoi Rory était considéré comme le bluesman des masses laborieuses. C’est encore et surtout l’occasion de réentendre feu Rod De’Ath, deuxième victime, dans l’ordre, de la « malédiction des batteurs de Gallagher », après Wilgar Campbell (cirrhose) et avant Ted McKenna (hémorragie en salle d’opération). [Jean-Christophe Baugé] ROSE TATTOO OUTLAWS Hard Rock’n’Roll Cleopatra Records Initialement sorti en 1979 chez lui en Australie, c’est un an plus tard que l’Europe découvrira et succombera au hard rock’n’roll de Rose Tattoo de ce premier album, Rock’n’Roll Outlaw, qui érigera le gang au rang d’icône rock. Et, 40 ans après, Angry Anderson (chant) et sa bande ont décidé de le réenregistrer carrément et d’y ajouter trois bonus issus de démos de l’époque. Repris par des groupes comme Guns N’Roses, l’impact du groupe ne s’est jamais démenti et, le plus étonnant c’est que les compositions bénéficiant d’une production actuelle sonnent à l’identique… mais le gros son en plus ! La fougue et la folie des Australiens n’ont pas disparu et le plaisir de réentendre des morceaux comme « Rock’n’Roll Outlaw », « One Of The Boy » ou « Bad Boy For Love » est intact. Une vraie leçon de rock’n’roll, presque punk sur « Nice Boys », « Remedy » ou « Astra Wally », où les solos gras et les guitares steel enrobent la gouaille de ce furieux d’Angry, avec une maturité rare pour un premier album. Outlaws n’a pas pris une ride et les compos sont toujours aussi cash, brutes et authentiques. Les Australiens n’ont pas influencé presque tous les groupes du genre dans les années 80 et 90 par hasard. Grands potes d’AC/DC, ils ont véritablement inventé un pan majeur de ce que sont devenus le hard rock et le sleaze. Outlaws est donc à ranger au panthéon des albums de hard rock’n’roll, et ce serait presque un crime de passer un côté. Le rock addictif et les parties de slide langoureuses de Rose Tattoo sentent toujours bon le désert australien. Un must ! [François Alaouret] STATUS QUO PERFECT REMEDY - DELUXE EDITION ROCK’TIL YOU DROP - DELUXE EDITION THIRSTY WOK - DELUXE EDITION Variété Mercury/Universal 17 novembre 1989  : un an après Ain’t Complaining, étrillé comme il se doit par la profession, Status Quo sort son 3e album sans le bassiste Alan Lancaster, caution hard rock du groupe préféré du Prince Charles. Au nom du changement, de celui qui balaie les dernières traces d’amour-propre, le chanteur/guitariste Francis Rossi et son co-compositeur indépendant Bernie Frost commettent « Not At All », single le moins bien classé de la déjà longue histoire du Quo (n°50 au Royaume-Uni), puis « Address Book », au contenu country inapproprié (torts partagés avec le producteur Pip Williams, futur arrangeur de Nightwish), et « Tommy’s In Love », sur lequel les fans jettent unanimement l’opprobre. Inécoutable aujourd’hui, comme à l’époque, Perfect Remedy ne vaut que par ses bonus, répartis sur deux CD  : le medley rock’n’roll « The Anniversary Waltz », déjà présent sur la réédition de 2006, et le concert au NEC de Birmingham du 17 novembre 1989… mais sans l’image. Un comble, sachant que ce dernier, diffusé à la TV anglaise et donc largement piraté sur VHS, a un temps été commercialisé en laserdisc. Également disponibles sur le même modèle, Rock ‘Til You Drop et Thirsty Work documentent les difficiles années 90 d’un quintet en quête de rédemption. [Jean-Christophe Baugé] AlinitY4xxi ti:fr et THE HILLBILLY MOON EXPLOSION Feat. Mark Sparky Phillips THE SPARKY SESSIONS Rock’n’roll old school Jungle Records ptIETAL 083'Des groupes comme The Hillbilly Moon RETROUVEZ PLUS DE CHRONIQUES SUR WWW.METALOBS.COM Explosion ne courent plus les rues et c’est bien dommage ! Et si vous y ajoutez la présence de l’ingérable Sparky Phillips, dont la voix est encore plus profonde et puissante que d’habitude, vous obtenez un véritable album de rock’n’roll, créatif et magnifiquement interprété. Composé de la belle Emanuela Hutter, au chant et à la guitare rythmique, Duncan James, à la guitare, Sylvain Petite, à la batterie, et Oliver Baroni, à la contrebasse et au chant, le groupe fait partie des valeurs
r  : ArniiIgHT HELIOS - PART ONE -10IPACK - MAL sûres du rock’n’roll façon boogie et rockabilly. Et, sur The Sparky Sessions, le quatuor accueille le tonitruant chanteur Sparky Phillips. Le Gallois, ex Demented Are Go, n’a rien perdu de sa fougue… Et l’union est explosive ! Doté d’un son très roots et très analogique, l’album est franchement réjouissant. Du survolté « Broken Love », à l’atmosphère très Far West, à « My Love For Evermore », en passant par « Queen Of Hearts », faisant penser à un Chris Isaak sous acide, le charme opère. La voix rauque et chaleureuse de Phillips se conjugue à merveille avec celle de Hutter, et, à eux deux, ils forment une sorte de Bonnie & Clyde du rock ! Le Gallois laisse traîner ses paroles sur des guitares incandescentes, tandis que la paire rythmique s’amuse à appuyer des textes pleins d’humour. À noter les reprises des standards « Can’t Take My Eyes Of You » et « Baby I Love You », dans des versions presque punk dont la joie est communicative. [François Alaouret] THE WILD ! Lm-..7PRI.M11.1.111. ! 1 """M STILL BELIEVE IN ROCK AND ROLL Hard rock Entertainment One Auréoles pestilentielles sous les bras de la veste en jean, dents du fond qui baignent dans la binouze, tirs à balles réelles dans des pianos sans défense… Dylan Villain (chant, guitare), Benny The Kid (guitare, moustache Dali), Boozus (basse, barbe bobo) et Crash Anderson (batterie) cultivent dans leurs clips l’art de la beaufitude qu’on croyait circonscrite à la Corn Belt états-unienne dans les années 70. Deux erreurs pour le prix d’une  : le quartet nous vient du Canada et du 21e siècle. Trois albums — GxDxWxB (2015), produit par un Mike Fraser payé en nature (une Cadillac DeVille ‘65, dit la légende), Wild At Heart (2017) et Still BelieveIn Rock And Roll (2020) — contraignent les scribouillards de la presse anglo-saxonne à noircir leurs pages blanches de punchlines éculées (sans « n »). Car, sous couvert de nous coller une patate de forain, The Wild ! accommode surtout des restes. Les riffs rageurs, dont aucun ne semble avoir été écrit par le groupe, portent une voix à la Bon Scott parfaitement en place. La référence, pas anodine, lui donne sa légitimité de vedette américaine - canadienne, (décidément) pour clones ou héritiers d’AC/DC, tels Airbourne en mai prochain. Un album à écouter en se biturant le soir… Le meilleur moyen de l’oublier le lendemain matin. [Jean-Christophe Baugé] eregi. offe RETROUVEZ PLUS DE CHRONIQUES SUR WWW.METALOBS.COM WISHBONE ASH COAT OF ARMS Classic rock SPV/Steamhammer Coat Of Arms marque les 50 ans de carrière de l’institution anglaise Wishbone Ash, ou ce qu’il en reste, le guitariste-chanteur Andy Powell étant son dernier membre originel. Ce 23e album studio est aussi le premier avec Mark Abrahams, guitariste fan du groupe, de presque 30 ans le cadet d’Andy. L’un de ses titres, « It’s Only You I See », n’est d’ailleurs pas sans évoquer le « You Rescue Me » de New England (1976) par ses arpèges clairs comme de l’eau de roche. Mais les fans attendent surtout des deux guitares enchanteresses qu’elles interagissent sur de longues pièces. C’est le titre éponyme, épique, composé par Aynsley Powell pour l’album solo (fantôme) de son père Andy, qui cristallise le style à peine relifté du groupe. Plus immédiat, le single « We Stand As One » n’a pas pour autant vocation à devenir le hit que Wishbone Ash n’a jamais eu. L’album, de bonne facture, sera le support idéal pour les prochaines dates en France, pays de cœur de W.A. depuis Argus (1972). [Jean-Christophe Baugé] TOp ZZ TOP THAT LITTLE OL’BAND FROM TEXAS Blues rock Eagle Vision/Universal Uniques, excentriques, mystiques… Les trois Texans de ZZ Top, deux barbus + Beard l’imberbe, proposent depuis un demi-siècle bien plus qu’une excroissance du blues. Cette story richement documentée lève le voile — posé par feu le manager et stratège Bill Ham — sur les grandes heures du groupe  : de 1969, date du rapprochement à Houston des membres de Lady Wilde And The Warlocks (Dusty Hill, basse, chant et Frank Beard, batterie) à Dallas et de Moving Sidewalks (Billy Gibbons, guitare, chant), jusqu’à 1983 et l’album supersonique Eliminator, largement clippé pour la toute jeune MTV. Les protagonistes parlent vrai, et avec l’accent du cru. Lors de l’éreintant Worldwide Texas Tour 1976-77, avec son show, son cirque, et son rodéo, Beard investit en flux tendu dans la coke, l’héroïne et le LSD. Il lui faudra un break de deux ans pour se refaire la cerise. Fort heureusement, l’expérimentation, nouveau moteur de l’envie d’avoir envie, et les barbes, qui flottent au vent lors de virées cartoonesques en hot rod, vont très vite contribuer à faire de nos blues rockers des icônes culturelles. Les live inédits des archives Ham et le showcase au Gruene Hall devraient achever de convaincre les derniers sceptiques. [Jean-Christophe Baugé] NOW AVAILLAILE ON WWW CATCHLIUTHA CLASSIC OBS’21



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