Classic Obs' Mag n°5 jan à avr 2020
Classic Obs' Mag n°5 jan à avr 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de jan à avr 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 22

  • Taille du fichier PDF : 12,9 Mo

  • Dans ce numéro : le diable s'habille en Prada.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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NOUVELLE VAGUE À la veille d’une grosse tournée européenne, l’alien de la guitare livre Shapeshifting, un nouvel album purement instrumental qui ne manquera pas de paraître aussi inattendu aujourd’hui pour le commun des mortels que l’était le monumental Surfing With The Alien à sa sortie en 1987. Mais, avec ou sans guitare, le maître a toujours des tas de choses à raconter... [Interview par mail avec Joe Satriani par Jean-Pierre Sabouret] Il y a près de 33 ans, Surfing With The Alien a été une énorme surprise. La guitare instrumentale avait quasiment disparu. En 2020, n’éprouves-tu pas un sentiment de « déjà vu » avec Shapeshifting, puisque les albums de guitare ne sont pas légion ces derniers temps ? Nous avons un dicton sympa aux États-Unis, « C’est du déjà vu encore et encore ! » Cela venait du célèbre joueur de baseball des Yankees, Yogi Berra. Cela me rappelle que tout est nouveau et toujours changeant, même si cela semble très familier. Shapeshifting aborde ce sujet en me mettant sous un éclairage particulier où je dois m’adapter ou « changer de forme » musicalement pour vivre de façon épanouie. Ce concept confère à l’album une étrange magie. « Nineteen Eighty » fait référence à cette décennie où l’album était l’une des nombreuses révolutions du rock, non ? Puisque vous étiez plus ou moins en compétition avec Guns N’Roses, Metallica, Def Leppard, Whitesnake, Bon Jovi, Mötley Crüe, The Cult, Rush, dans les méga ventes de cette période incroyable... Oui, c’était une période tout à fait inhabituelle pour les albums de rock. Mais, là encore, c’est toujours le cas aujourd’hui. « Nineteen Eighty » me fait jouer et écrire d’une manière que j’ai consciemment évitée lorsque j’étais dans mon groupe Squares de fin 79 à 85 (dont l’album a été réédité l’an dernier,ndr). J’ai essayé de la jouer de façon très relax dans ce groupe. Mais ce que je voulais vraiment, c’était jouer plus fort et avec plus de parties de guitare ! Comme je travaillais sur le remix de Squares l’année dernière, j’ai décidé d’écrire et d’enregistrer une chanson sur cette époque et sur mon état d’alors. « Ali Farka, Dick Dale, an Alien and Me » sonne comme un étrange mélange, pas tout à fait ambiant moderne, mais pas exactement un hommage nostalgique non plus... C’est un hommage à Dick Dale, le maître de la surf guitar récemment décédé et au seul et unique Ali Farka Touré. C’est né d’un rêve insolite que j’ai eu de me trouver à une fête avec eux, de prendre nos instruments et d’improviser ensemble, avec un alien qui est venu se joindre à nous... Écrire et enregistrer cette chanson a été super fun. Les parties façon Dick Dale ont été très difficiles à jouer pour moi, mais ça valait le coup ! Votre guitare pleure doucement (« Your guitar gently weeps ») sur « All For Love », était-ce une inspiration ou une référence consciente ? Oui, c’était délibéré. J’ai commencé à écrire cette chanson à la fin des années 90. Je la voyais comme une pièce orchestrale. J’ai enregistré une version vers 1998, puis je l’ai transférée sur Pro Tools en 2000. J’ai donné cette version à John Paul Jones (Led Zeppelin,ndr) alors que nous envisagions de faire quelque chose ensemble. Puis, l’année dernière, j’ai décidé 12 CLASSIC OBS’d’essayer d’y ajouter une partie de guitare. Il m’a fallu énormément de contrôle pour bien articuler les mélodies, pour rendre les solos ultra-émotionnels et insuffler un maximum de puissance à ce morceau, même s’il est assez court. Sauf erreur, « Here The Blue River » n’est-il pas votre première tentative de reggae ? Superbe, d’ailleurs, on croirait Police qui rencontre The Clash en invitant Jeff Beck, sur un morceau dans la veine du « Jamaican Boy » de Stanley Clarke (avec Jeff). Oui, c’est le premier morceau complètement reggae que j’aie jamais enregistré. J’adore ta description ! Je suis un grand fan de reggae depuis le milieu des années 70. John Cuniberti a toujours essayé de me faire enregistrer un morceau de reggae avec lui, c’est un passionné du genre. Cette fois-ci, cela m’est venu naturellement, mais je n’ai pas d’explication plus précise. Je pense que c’était en rapport avec le poème « The River » de Ralph Waldo Emmerson. C’est ce qui a inspiré la chanson. Pour terminer sur l’album, « Yesterday’s Yesterday » n’est pas non plus le genre de morceau que l’on attend de vous. Mais sa saveur country folk amène une question  : pourriez-vous enregistrer un albumentier en mode unplugged avec ce type d’arrangements de certaines de tes chansons les plus emblématiques ? Oui, j’adorerais faire ça. Un de ces jours... As-tu l’intention de te concentrer pendant un certain temps sur l’instrumental, en studio ou sur scène, ou es-tu déjà lancé sur d’autres projets, y compris une expérience de groupe similaire à Chickenfoot ? Là, je me prépare juste à faire le tour du monde pendant deux ans. Peut-être que dans un an, je commencerai à réfléchir à d’autres projets. Chickenfoot ? Je croyais qu’ils étaient séparés ! N’était-ce pas un peu triste d’être obligé de changer la pochette de Surfing With The Alien parce que Marvel est devenu si énorme ? Au moment de la sortie, tu avais fait beaucoup de publicité pour ce super-héros totalement oublié ! C’est très triste en effet ! Surtout pour les millions de fans du monde entier qui associent le Surfer d’argent à l’album Surfing With The Alien. Mais je m’en suis remis. C’est juste un nouvel exemple où la cupidité triomphe de l’art et du bon sens. C’est la vie. Qui fera partie de l’aventure pour la prochaine tournée ? Toujours Bryan (Beller, basse), Kenny (Aronoff, batterie) et Rai (Thistlethwayte, claviers, guitare) et pas de deuxième guitariste à temps plein ? Sinon, c’est génial de vous voir donner pas moins de sept concerts chez nous, alors que la plupart des autres ne jouent qu’une ou deux fois en France ces temps-ci... Je suis tellement excité par cette nouvelle formation ! Je me suis tellement amusé à jouer avec Kenny lors de la tournée Experience Hendrix l’année dernière. Le faire jouer avec Bryan à la basse sera génial. En parlant de génial, Rai Thistlethwayte est un vrai tueur, non ? Je pense qu’il est incroyable. Il assure aussi bien à la guitare, aux claviers et au chant. Et il est également à l’aise avec le jazz, la fusion, le hip-hop, le drum and bass... Ce qu’il a réalisé avec Louis Cole ou Thirsty Merc est vraiment remarquable. JOE SATRIANI Shapeshifting Legacy-Sony France Rock progressif De prime abord, ce dix-septième album studio en un peu plus de trente ans ne semblera pas dépaysant pour les habitués. Satriani n’a ici pas été pris d’une lubie stylistique, comme ça lui est arrivé à deux ou trois reprises, au grand dam de ses fidèles qui ne semblaient guère apprécier tout changement trop prononcé. Mais, dans le détail, le guitariste a glissé quelques légères innovations bienvenues, qu’il s’agisse de quelques touches cosmiques, surf, blues, jazz, reggae, ou même country folk... Pour le reste, sa guitare semble plus libre et aguicheuse que jamais dans cet effort studio très équilibré. Le prof n’a toujours pas de leçons à prendre de qui que ce soit. [Jean-Pierre Sabouret]
La passe de 3 Depuis la fin de The Oath et sa rédemption avec Lucifer, Johanna Sadonis enchaîne les albums de grande qualité. Mieux que cela, c’est une vraie révélation que ce troisième album qui voit l’Allemande repousser toujours plus ses limites. Le duo qu’elle forme, sur scène comme à la ville, avec Nicke Andersson fait mouche et le travail porte ses fruits. III, ou comment montrer le meilleur de soimême. [Entretien avec Johanna Sadonis (chant) par Julien Meurot, julien@metalobs.com] La première chose qui frappe à l’écoute de ce disque c’est ton implication vocale. Il y a des lignes de chant très originales qui boostent les compos de Nicke. Avez-vous travaillé ensemble dessus ? Pas du tout (rire). Je suis très solitaire sur ce point. Une fois la musique composée, je m’isole pour travailler sur les mélodies vocales et personne ne sait vraiment ce qui va en ressortir. Même Nicke ne découvre la finalité qu’en studio. Je suis super contente que tu trouves qu’il y a une évolution sur l’album. J’ai laissé libre cours à mes envies, sans trop me poser de questions. J’ai l’impression que ma voix a un peu changé aussi, au fil du temps. Je l’avoue, je fume beaucoup trop et, du coup, ce n’est pas vraiment bon, mais c’est difficile de s’arrêter (rire)... Il y a le chant, mais les compos sont également très variées, avec notamment l’ultra heavy « Coffin Fever ». J’adore ce titre. Il est bien heavy comme tu le dis. Comme pour le chant, il n’y a pas vraiment eu de limites. Même si nous restons fidèles à nous-mêmes, nous nous sommes fait plaisir. Il n’y a pas de réelle ligne directrice, elle s’impose d’elle-même. Le fait de vivre avec Nicke doit quand même faciliter la conception, non ? C’est évident. Nicke a tout l’équipement nécessaire pour réaliser les démos et, comme il joue de tous les instruments, c’est vraiment simple. Nous formons une très bonne équipe. Vous devez avoir une quantité impressionnante de matériel à dispo… Nous composons sans cesse, donc il y a des tonnes d’idées. Nous avons enregistré des titres en plus pour les différentes versions, dont la cover de Paul Stanley que nous avons déjà interprétée live et que nous adorons. Comme sur II, Nicke joue également la basse. Tu pourras le féliciter une fois de plus pour la grande qualité des lignes de basse. Je lui dirai, il est juste à côté, il s’occupe de son fils. Il adore la basse. Il vénère Geezer Butler (Black Sabbath) et cela doit s’entendre. La pochette ressemble à un collage vintage. Eh bien, c’est en quelque sorte le cas. C’est une photo sur laquelle je nous ai collés avec la voiture ou autre… Ce n’est pas vintage mais c’est un collage (rire). Sur la précédente tournée, vous avez pas mal voyagé. Effectivement, ces deux dernières années ont été assez folles. Entre les tournées américaine et européenne, nous n’avons pas chômé. C’est d’ailleurs assez amusant, car nous avons vraiment joué dans des conditions différentes. Nous sommes passés de -23 °C, en Finlande, à +42 °C, à Las Vegas. C’était assez déconcertant, mais très cool. Sans oublier les concerts sur des croisières... Là encore, c’est une expérience assez unique. Tu joues sur le pont en plein soleil, en tenue bien moulante et — comment dire ? — tu colles rapidement (rire)... Au final, tu préfères le froid ? Sans hésiter ! Nous allons nous produire en Russie prochainement et cela me ravit. La vie en Suède me plait énormément. Mais j’adore aussi voyager à travers le monde. Pour finir que peut-on vous souhaiter pour la suite ? Tout se passe à merveille, nous sommes bien organisés. Quelques concerts de plus, ainsi qu’une bonne santé, tout au long de la tournée, et nous serons les plus heureux du monde ! LUCIFER III Rock doomy Century Media Toujours au top, après un second opus de grande qualité le duo Sadonis/Andersson fait encore des merveilles. À commencer par Monsieur, qui offre à III une section rythmique du tonnerre. Son groove à la basse n’a d’égal que la rigueur et la puissance de sa frappe. Ses compos sont bien plus variées que sur le précédent, sur un album qui se montre plus rock dans son ensemble. La production fait d’ailleurs la part belle à la basse. Les soli sont de bonne qualité et collent au propos, mais la plus grande gagnante reste Johanna Sadonis. Elle démontre toute l’étendue de son talent de chanteuse en développant des mélodies captivantes. Les arrangements vocaux sont évidemment le gros point fort de ce disque qui fera parler la poudre, lors des prochains festivals et tournées. Un album important qui propulse Lucifer hors de portée des autres groupes de ses géniteurs. [Julien Meurot] CLASSIC OBS’13



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