Classic Obs' Mag n°4 oct/nov/déc 2019
Classic Obs' Mag n°4 oct/nov/déc 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de oct/nov/déc 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 9,3 Mo

  • Dans ce numéro : 15 ans au dessus du lot.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Denim and leather Les outrageusement sulfureux Américains de Steel Panther reviennent en grande pompe avec Heavy Metal Rules, pile deux ans après Lower The Bar. L’Europe semble être placée sous le signe de la Panthère car, après un passage remarqué en France en début d’année avec Gus G., une nouvelle tournée vient d’être annoncée. [Entretien avec Russ « Satchel » Parrish (guitare) par Aurélie Piquet - Photo  : DR] Pourrais-tu présenter Heavy Metal Rules, bien que son titre soit explicite, à ceux qui ne connaissent pas encore Steel Panther ? Avant que tu te mettes à écouter Steel Panther, prépare-toi. Sers-toi quelques shots de téquila, enlève ton pantalon, et sois prêt à écouter le plus grand groupe de heavy metal de ces 10 dernières années. En parlant de grands groupes de heavy metal, vous citez d’entrée de jeu dans l’album des noms tels que Scorpions ou Judas Priest. Quel est le plus grand groupe de heavy metal de tous les temps, à part Steel Panther bien sûr ? C’est une bonne question, car le terme « heavy metal » englobe plusieurs composantes, plusieurs types de groupes. Certains étaient de super gros groupes il y a quelques années, je pense à Def Leppard dans les années 80 que j’ai vécues quand j’étais gamin, ou bien Judas Priest. J’ai été voir Iron Maiden il y a deux jours, et ces mecs-là déchirent autant qu’avant. Mais je pense que Black Sabbath reste le maître absolu, ce sont les pionniers. Ozzy (NDLR  : Osbourne, chant) est quand même devenu une référence à lui tout seul dans sa carrière solo. Dans un autre genre, il y a Metallica également qui est toujours là, toujours énorme… Mais je dirais Black Sabbath quand même ! Tu as déjà joué/tourné avec pas mal de groupes cités précédemment. Pour qui rêverais-tu encore d’ouvrir ? Je dirais bien Iron Maiden. Le problème, c’est que les fans de Maiden n’apprécient pas vraiment les groupes de première partie. Laisse-moi réfléchir à un autre groupe... On a fait Scorpions, c’était génial, Def Leppard, Mötley Crüe, Judas Priest... Mais je t’avouerais que le but ultime pour un groupe comme nous, ça reste de jouer en tant que « headliner ». Je suis toujours un fan invétéré de tous ces groupes, mais je préfère quand même quand nous menons la danse. 14 METAL OBS’STEEL PANTHER Heavy Metal Rules Glam rock Kobalt Label Services Lorsqu’on s’appelle Steel Panther, une certaine image du groupe s’impose d’elle-même. Loin de déroger à celle-ci avec Heavy Metal Rules, nos enfants terribles proposent un nouvel opus à la même sauce que ses prédécesseurs. La corde n’a-t-elle pas déjà été un tantinet usée depuis le premier album, tout de même ? Heavy Metal Rules s’ouvre sur un dialogue vantant les mérites du heavy metal au sens large. Louable en soit. Puis, on entre dans le vif du sujet. Et là, stupeur  : la mayonnaise ne prend que moyennement. Les riffs et les chœurs sont relativement mous, et le chant de Michael est loin d’être nerveux. Bref, cet album ne restera pas dans les annales, sans mauvais jeu de mot. Et c’est dommage, car le groupe explose en live et ameute de plus en plus d’aficionados. Faisons fi de cette petite déception studio et profitons du spectacle lors de la prochaine tournée européenne, car c’est bien sur scène que Steel Panther excelle. [Aurélie Piquet] Comfortable Fondé en Suède en 2013, Monolord sort déjà son quatrième album  : No Comfort. Un album charnière, avec un son massif qui pouvait faire défaut sur certaines productions passées. [Entretien avec Thomas Jäger (chant, guitare) par Julien Meurot - Photo  : DR] La première chose qui frappe à l’écoute de ce disque, c’est la qualité de la production… Nous avons décidé de sortir de notre antre pour avoir un son plus massif, et sommes allés au Let Them Swing Studio. Nous avons utilisé le même matériel, mais il est vrai que le son n’est pas comparable à nos précédentes sorties. C’était tout de même un peu effrayant, car nous n’avions jamais fait confiance à quelqu’un d’autre avant (rires). Mais Kim (NDLR  : Gavander, propriétaire du studio) a su nous mettre en confiance, tout s’est super bien passé. Ce disque est très organique, on sent beaucoup de feeling dedans. Certains soli sont même limite justes avec des bends de dernière minute… Exactement. Lorsque que j’enregistre mes parties, je sais ce que je fais, mais ça n’empêche pas de se laisser emporter par la musique. C’est d’autant plus vrai pour les soli, qui sont très spontanés. Si ça fonctionne avec un solo imparfait mais qui nous plait, alors on privilégie cette prise plutôt qu’une autre toute propre. Arrivez-vous avec des démos bien établies, ou laissez-vous une part d’improvisation ? Les deux. Je compose sans arrêt. Dès que j’ai une idée, je l’enregistre sur mon téléphone. Ainsi nous pouvons les retravailler ensemble si elles sont bonnes. Parfois, ce qui semblait être bon est en fait une bouse (rires). En tout cas, cette formule semble marcher, puisque vous sortez un album tous les 2 ans. Il n’y avait même eu qu’un an entre nos deux premiers disques. Le rythme est plutôt bon, ça nous permet de nous produire plus souvent sur scène. C’est ça, le plus important. Les paroles ne semblent pas être optimistes, le clip de « The Last Leaf » est même totalement déprimant… C’est vrai, mais le monde dans lequel nous vivons est déprimant. Quand tu vois la façon dont les gens s’acharnent à tout foutre en l’air, que ce soit la nature, les relations… C’est à se demander si l’intelligence existe. Je ne parle même pas des religions qui tentent de contrôler les plus simples d’esprit. Non, vraiment, nous sommes foutus ! Pensez-vous faire d’autres clips pour ce disque ? Chaque titre pourrait s’y prêter. J’aimerais bien mais ça coûterait trop cher  : ce n’est pas envisageable, malheureusement. Que peut-on vous souhaiter pour la suite ? Que ça continue ainsi. J’ai soif de musique et j’aimerais pouvoir en faire encore plus. MONOLORD No Comfort Heavy/Doom 70s Relapse/Modulor Il est toujours difficile de se sortir d’un genre aussi codifié que cette musique initiée par Black Sabbath il y a presque 50 ans. Mais les aficionados le savent, Monolord fait partie de cette nouvelle garde qui ose venir marcher sur les plates-bandes de papy Ozzy en proposant une mouture personnelle et inspirée. Pas sur le premier titre de l’album qui a des odeurs de plagiat, mais les choses sérieuses commencent avec « The Last Leaf » et son clip. Le riff gavé de saturation est hypnotique, et la voix de Thomas Jäger est déchirante  : nous sommes sur les bons rails pour passer un moment poisseux. Il en sera ainsi sur la suite de No Comfort qui laisse peu passer la lumière du soleil à travers ce rideau de fumée. La production, qui a fait un bond en avant, contribue à l’oppression, constante, que nous subissons. Un disque de grande qualité. [Julien Meurot]
L’irresistible ascension Imperial Jade sonne comme les groupes anglais seventies. Pourtant ce quintet est catalan… et très fier de son deuxième album On The Rise. Rendez-vous avec une étoile montante du rock. [Entretien avec Francesc López (batterie) par François Capdeville - Photo  : DR] D’où vient votre goût prononcé pour le rock seventies ? Nous avons grandi avec cette musique, et elle n’a jamais cessé de nous surprendre. Les années 70 étaient pleines de créativité, et sans complexes. Les groupes pouvaient innover et développer leur musique sans suivre des standards préétablis par l’industrie musicale. Qui sont les artistes qui vous ont le plus influencés ? C’est difficile de répondre rapidement parce que nous écoutons beaucoup de musique très différente, mais si nous devions choisir, je citerais les grands noms du classic rock  : Led Zeppelin, Deep Purple, Black Sabbath, les Beatles, Les Eagles, Allman Brothers et, plus proches de nous, Rival Sons, Blackberry Smoke ou The Temperance Movement. Vous appelez votre album On the Rise. Qu’est-ce qui est « on the rise » ? « On the rise » est une déclaration d’intention très optimiste. Nous avons mis du temps à accoucher de cet album, que nous avons laissé mûrir à la fois dans sa composition, son interprétation, et en veillant à la qualité de la production qui est supérieure à celle de notre précédent album. Est-ce également une allégorie de votre carrière ? C’est vrai que nous sommes très contents de la tournure que prend notre carrière, et des opportunités qui s’offrent à nous. Alors oui, on pourrait dire qu’Imperial Jade est dans une certaine mesure « on the rise ». Quelle chanson est taillée pour devenir un hit ? « You Ain’t Seen Nothing Yet » possède tout ce qu’il faut pour cartonner. Le son est plus actuel, le riff et le groove t’attrapent et te font danser, et enfin le refrain est si efficace que tu ne peux pas te l’enlever de la tête. Envisagez-vous de vous chanter un jour en espagnol ou en catalan ? On nous pose souvent cette question et notre réponse est simple  : depuis qu’on est enfant, on écoute de la musique chantée en anglais et, du coup, ça nous semblerait bizarre de chanter dans une autre langue. Donc non ! IMPERIAL JADE On The Rise Classic rock Listenable/PIAS Illustré comme un morphing de deux pochettes de Klaatu et Nektar, On The Rise est le second album des Barcelonais d’Imperial Jade, sorti artisanalement chez Epictronic/The Orchard en janvier 2019. Et donc disponible clé en main pour le label rééditeur Listenable qui, en embuscade depuis sa Côte d’Opale, réitère à peu de frais l’opération Aaron Buchanan. Le blues rock du quintet, roots pour vieux piliers de saloon (« Sad For No Reason ») ou riffeux pour jeunes rétro-lovers (« Rough Seas ») fait écho à celui du premier album, Please Welcome (2015), une rareté dans les bacs français. Mais la voix fluette du chanteur Arnau Ventura promet beaucoup plus dans les nouveaux développements cérébraux. Psychédéliques d’abord (« The Call » et son refrain éthéré à la Cream, « Keep Me Singing » et son solo de guitare « bande à l’envers » hendrixien), progressifs ensuite (le pont de « Struck By Lightning » doit beaucoup à Focus). Et quand la référence devient trop évidente - « Breathe », de Pink Floyd, dans le mille-feuille « BelieveMaster » - le morceau est relégué dans les limbes des bonus tracks… Qu’à cela ne tienne, ce sera l’occasion, une fois arrivé sur le locked groove du LP en face B, de conclure à un quasi sansfaute. [Jean-Christophe Baugé] Nashville, Tennessee Ils sont unis par les liens du sang et jouent un rock aux couleurs très 70s. Goodbye June sort son deuxième opus intitulé Community Inn. Une pépite. [Entretien avec Brandon Qualkenbush (guitare) par François Capdeville - Photo  : DR] Vous jouez un rock très 70s. D’où vient ce goût pour ce son ? Notre goût pour la musique de cette époque a plusieurs origines. On a grandi en faisant de la musique et en chantant à l’église. C’était notre première expérience avec la musique live. De fil en aiguille, on a découvert les classiques  : Creedence, Beatles, Hendrix. Ensuite, le père de Tyler, qui adore la musique, nous a fait découvrir des trucs plus 80s comme ZZ Top. Tout cela a eu une grande influence sur ce que nous faisons. Quelle expérience musicale voulez-vous partager avec votre nouvel album Community Inn ? Tout est dans le titre. Notre message est simple. Nous voulons que les gens sachent qu’ils ne sont pas seuls. Que dehors il y a d’autres types comme toi et moi. Nous sommes une communauté. Notre musique est un medium pour diffuser des valeurs positives et humanistes. Quel titre est taillé pour devenir un hit ? « Switchblade » a un bon potentiel  : ça fait très cinématographique. C’est une chanson qui a été composée sur la route, avec une bonne dynamique. Quel est le titre que vous aimez jouer dès que vous vous retrouvez ensemble ? Dur à dire. On aime particulièrement jouer « Natural » en live. C’est très brut, très rock n’roll. Les gens veulent du son qui les entraîne, et ce titre a une super section rythmique et un bon solo de guitare. Vous êtes unis par le sang puisque vous êtes cousins. Qu’est-ce que ça vous apporte en tant que groupe de rock ? Je ne pense pas que nous serions devenus un groupe si nous n’avions pas été de la même famille. Tout a démarré chez nous avec une tragédie. Nous avons perdu le frère de Taylor en juin 2005 dans un accident de voiture. D’où notre nom, d’ailleurs, et nous avons voulu perpétuer son souvenir. C’est aussi à ce moment que nous avons réalisé que nous voulions en faire notre métier. Concernant les liens familiaux dont tu parles, ils créent une dynamique, une chimie beaucoup plus intime dans le processus d’écriture. On se voit tous les jours, on échange les idées. C’est une expérience très positive pour le fonctionnement d’un groupe. GOODBYE JUNE Community InnRock Earache/PIAS Landon Milbourn (chant), Tyler Baker (guitare, chœurs) et Brandon Qualkenbush (basse, chœurs), trois cousins élevés dans l’ombre de l’église pentecôtiste de Nashville, TN, ont formé Goodbye June après le décès du frère de Tyler, US Marine, pendant une de ses permissions. Dans sa première moitié, Community Inn, suite de Magic Valley (2017, chez Interscope), met en abîme deux influences  : celles de Greta Van Fleet (pour lequel Goodbye June a ouvert en 2018) et donc de Led Zeppelin. « Be Yourself » - la bonne blague - avec ses parties claires à la Jimmy Page pourrait ainsi être ainsi le mantra d’un trio qui n’est pas à un paradoxe près. Or, celui-ci à d’autres cordes à son arc. « Free Child », au gros son de batterie d’un ZZ Top deseighties, évoque Soundgarden dans ce qu’il a de plus psychédélique. Mieux encore  : « Switchblade Heart », sur lequel on ne peut s’empêcher de snapper des fingers, se présente comme le cousin à peine éloigné du « Just The Two Of Us » ramené à la vie par Dr. Denfer et Mini-Moi dans Austin Powers 2. Le rock sous influence a rarement été aussi régressif et libérateur ! Et Alfred De Musset de conclure  : « Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ». [Jean-Christophe Baugé] METAL OBS’15



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