Classic Obs' Mag n°2 jan à avr 2019
Classic Obs' Mag n°2 jan à avr 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de jan à avr 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 6,5 Mo

  • Dans ce numéro : John Garcia, le prince du désert.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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17 METAL OBS’CHRONIQUES ALBUMS LANCE LOPEZ Tell The Truth Blues rock Provogue/Mascot/Wagram WALTER TROUT Survivor Blues Reprises pour connaisseurs Provogue/Mascot/Wagram L’humilité est la pire forme de vanité, professait Blofeld dans Les Diamants Sont Eternels. On comprend dès lors pourquoi Mascot bombait le torse comme un maître-nageur en dévoilant la liste de collaborateurs stars sur les deux albums de Supersonic Blues Machine en 2016 et 2017. Minimisant de fait que le chanteur/guitariste du trio, Lance Lopez, menait une carrière solo depuis… ses 14 ans ! Dans les clubs de la Nouvelle-Orléans, ses nuits étaient déjà plus belles que nos jours. Fort de son expérience chez Johnny Taylor à 17 ans, Lucky Peterson à 18, puis Buddy Miles Express à 19, il autoproduit un premier album, First Things First, en 1998. Cinq autres suivront sur les nano-labels américain Grooveyard et allemand MIG, dont l’attachant Wall Of Soul, hendrixien jusqu’au chapeau à plume de la pochette. Le premier intérêt - et le principal - de ce Tell The Truth est donc sa distribution française. Car Lance balance sa « vérité » avec les mots des autres. Les paroles, éculées, rhabillent un blues rock sudiste pour classes laborieuses, où l’anti-héros fauché (« Cash My Check ») se met minable en public (« Down To One Bar », le clip). Les instants de grâce, rarissimes, sont très justement répertoriés dans le press kit du label  : du feeling à la Clapton post-Cream de « The Real Deal » au pont à la Deep Purple Mk IV de « Tell The Truth ». Globalement, l’inspiration et la passion font autant défaut que sur un album de Blackberry Smoke. [Jean-Christophe Baugé] Survivor Blues est un titre qui sied doublement à ce 27ème album solo (période Free Radicals comprise) de Walter Trout. Primo  : le stratophile au demi-siècle de carrière a survécu à une transplantation du foie compliquée en 2014 (il n’est sobre que depuis l’album Chicago Line de John Mayall en 1987), et son claviériste Skip Edwards à un triple pontage coronarien. Secundo  : pour se démarquer de We’re All In This Together (2017), who’s who aux 4 awards de musiciens blues rock à l’employabilité exacerbée, il s’est agi de conceptualiser l’album suivant  : sauver 12 titres blues fondateurs de l’oubli. Et les enregistrer àL.A. chez Robby Krieger, des Doors, en conservant autant que faire se peut l’esprit des originaux. Trois d’entre eux se sont tout de même fait sérieusement botoxer  : « Woman Don’t Lie » (Luther Johnson), réarrangé funky avec la voix chaude de Sugaray Rayford, puis « Goin’Down The River » (Mississippi Fred Mc- Dowell) et « God’s Word » (J.B. Lenoir), façon Muddy Waters et Jimi Hendrix, respectivement. Enfin, avec la bénédiction de son ancien employeur, Walter traverse « Nature’s Disappearing » - un manifeste écologiste avant l’heure (John Mayall, Union, 1970) - d’éclairs d’harmonica. Qui s’accordent merveilleusement à un jeu de guitare qui a gagné en économie avec l’âge. [Jean-Christophe Baugé] REESE WYNANS AND FRIENDS Sweet Release Sideman en solo Provogue/Mascot/Wagram YNGWIE MALMSTEEN Blue Lightning Reprises rock Provogue/Mascot/Wagram Si le nom du hall of famer Reese Wynans ne semble être connu que de la profession, ses chorus de piano et d’orgue ont insidieusement pénétré des milliers de foyers. L’homme, compagnon de jeu de Dickey Betts et Berry Oakley avant que ceux-ci intègrent The Allman Brothers Band, a contribué à sauver la scène blues avec Stevie Ray Vaughan dans les années 80, et à la faire redécouvrir avec Joe Bonamassa 30 ans plus tard. Sweet Release est son premier album solo. Et la première (super) production Bonamassa. Chaque morceau, où officie une kyrielle de musiciens et chanteurs d’exception, est une fenêtre ouverte sur ce qui a inspiré (« I’ve Got A Right To Be Blue », de Tampa Red) ou constitué (« So What ! », de Stevie Ray Vaughan) le demi-siècle de sa remarquable carrière de sideman. Pièce maîtresse et centrale, la ballade iconique « Riviera Paradise » (SRV, encore et toujours) a mobilisé rien de moins que Kenny Wayne Shepherd et Joe Bonamassa pour l’enfilade des deux soli de guitare tout en feeling. Jeff Bova, qui en signe l’orchestration cinématographique, est garant de la nouveauté… Et Double Trouble, soit Tommy Shannon (basse) et Chris Layton (batterie), de l’authenticité. Wynans s’est en outre appliqué à réhabiliter, via quelques liner notes, l’apport de modestes musiciens de sa sphère, qu’ils soient pianistes (Thomas Dorsey, Big Maceo) ou songwriters (Boz Scaggs, dont le « Sweet Release » de 1969, repris ici pour la première fois, donne son nom à l’album). La première offre culturelle incontournable de 2019. [Jean-Christophe Baugé] Technicien de la guitare le plus doué de sa génération, Yngwie Malmsteen s’est révélé être, en refusant toute compromission et par effet domino toute collaboration, un arrangeur médiocre doublé d’un producteur incompétent. Que lui reste-t-il des glorieuses années pré-War To End All Wars (2000) ? Des signes extérieurs de richesse. Sa piscine à Miami, ses collections de Strat’crème, de têtes Marshall super lead et de Ferrari 328… Quatre thèmes, quatre photos promo. Le pari de Mascot d’emmener Yngwie vers un album aux deux tiers de covers blues/rock a ceci de positif que le néo-classique ne sera pas massacré. Mieux  : « Blue Jean Blues » (ZZ Top) rappelle que le shredder conjugue, comme nul autre, technique et feeling grâce à des bends d’une justesse redoutable. On s’étonne par contre du dés-enrichissement de « Purple Haze » (Jimi Hendrix) où les accords en 7/9# sont passés à la trappe. La voix du maître, homme-orchestre par nécessité égotique, se rapproche de celle d’un Ian Gillan sur « While My Guitar Gently Weeps » (Beatles). Et s’en éloigne sur « Smoke On The Water » ! Le son gloubi-boulga est malheureusement à des années-lumière du devancier Inspiration (1996), entièrement constitué de reprises (dont « Demon’s Eye », de Deep Purple, qui fait ici double emploi). Les 4 « nouveaux » morceaux recyclent bien entendu des plans qui tournent euxmêmes en boucle depuis plus de 30 ans. Une parenthèse à peine enchantée pour un artiste-autiste qui ne produit depuis trop longtemps que pour le seul marché japonais. [Jean-Christophe Baugé] METAL OBS’17
18 METAL OBS’ERIC GALES THE BOOKENDS Blues rock Provogue/Mascot/Wagram Cela fait deux ans qu’Eric Gales n’a plus l’esprit embué par l’alcool et qu’il livre des prestations live magnifiques, donnant tout ce qu’il a dans le pantalon, et livrant cash des pans entiers de sa vie tortueuse. Il faut dire que son épouse LaDonna, à qui il a confié l’emploi fictif de percussionniste, veille au grain depuis la scène. Ce 16ème album studio, le second chez Mascot, procure un immense plaisir d’écoute, bien qu’il soit curieusement bâti sur un decrescendo. La première moitié de The Bookends est en effet une tuerie d’où émerge l’irrésistible « It Just Beez That Way », stylé David Lee Roth des mid nineties, où Eric beatboxe et slide pour la toute première fois. Puis, au détour de quelques plages qui marquent le pas, les soli se font plus expressifs (le bluesy « Southpaw Serenade ») , les références plus pointues (King’s X tardif sur « Reaching For A Change ») et les featurings plus naturels  : « With A Little Help From My Friends », starring Beth Hart, semble taillé pour ces deux survivants, à l’addiction pour l’un, à la dépression pour l’autre. L’image sonore rémanente des chœurs très en-deçà de la version de Joe Cocker ne saurait occulter le fait qu’Eric est un très grand de la guitare. Et pas seulement à cause de sa façon peu orthodoxe d’en jouer à l’envers. [Jean-Christophe Baugé] PUPPY THE GOAT Rock doomy Spinefarm/Universal Comme il faut toujours faire des comparaisons, allons-y. Si vous aimez Ghost, Ozzy et les refrains accrocheurs, ce disque est pour vous. Même si cette intro est réductrice, elle balise le propos. Difficile de définir correctement ce premier album tant il est riche en références. Reste donc le plaisir qu’on peut éprouver en chantant des mélodies parfois très sucrées avant de se prendre des riffs casseurs de nuques dans les dents. La production pleine de feeling d’Adrian Bushby (Foo Fighters, My Bloody Valentine) nous envoie un mur en pleine face. Les passages qui se doivent d’être puissants ou doux le sont. Difficile de dire qu’il s’agit là d’un premier album tant il est bien écrit. Le fait d’avoir trainé leurs flight cases un peu partout a probablement enrichi les Anglais. Très recommandable ! [Julien Meurot] ROLLING STONES VOODOO LOUNGE UNCUT Rock Eagle Vision/Universal Voodoo Lounge Uncut, sans estampille « from the vault » car déjà sorti en version amputée de 10 morceaux, est à ce jour l’une des meilleures rééditions au long cours du back catalogue live des Pierres qui Roulent. En 1994, date de captation de ce concert au stade Joe Robbie de Miami, les Stones sans Bill Wyman (basse) jouent avec assurance les équilibristes sur la ligne médiane séparant mythologie rock et business de l’entertainment  : Voodoo Lounge est l’exception d’une discographie récente sans inspiration ni nécessité, et la scénographie, Pandémonium sur « Sympathy For The Devil », laisse des étoiles dans les yeux de 3,5 millions de spectateurs sur 134 dates. Techniquement, l’image 4/3 du blu-ray n’est qu’un simpleupscaling du DVD, mais le son est particulièrement convaincant en stéréo PCM, avec Keith Richards sur l’enceinte droite et Ron Wood sur la gauche. Les 2h30 de show - près de 3h00 avec les 5 bonus extraits du Giants Stadium, NJ - ponctués d’un set acoustique et d’une collection de riffs portant les germes d’un finish époustouflant, s’articulent autour d’invités au faîte de leur gloire dans les années 90  : Sheryl Crow et Robert Cray. Autre signe des temps d’avant #MeToo  : le droit de cuissage du boss Mick Jagger, qui plaque une main au panier de Lisa Fischer, choriste et tentatrice sur « Miss You ». Enfin, Keith Richards bûcheronne le « Who Do You Love » de Bo Diddley en jouant en dehors de la tonalité pendant la moitié du morceau… Il réservera le même traitement à son propre répertoire à l’orée du 21ème siècle. [Jean-Christophe Baugé] ROSBOROUGH THE PAPER BOATS EP Chansons à texte Ignition Le jeune artiste irlandais GlennRosborough pratique l’art sombre. Avec ce don de modifier l’état d’esprit de l’auditeur - le plus souvent de l’extase à la déprime - en l’espace d’une chanson de trois minutes. Ayant assurément dépassé le stade de la copie de ses contemporains, il déroule une première fois le film qu’il s’est fait dans sa tête de compositeur en octobre 2017, sur le single « Burn Blue ». Suivront « Another Lesson » et les premières parties anglaises de Mew (new prog danois), Seafret (rock alternatif anglais) et Neon Waltz (pop mélancolique écossaise). Sans grand écho en France. Mais le lancement de cet EP 5 titres pour la tournée de décembre 2018 avec les rockeurs australiens de DMA’S, eux aussi sous contrat avec le label de Noel Gallagher Ignition, pourrait changer la donne. Car le talent de Glenn, une fois libéré des arrangements pop indé autonivelants, éclate en unplugged. Sur un « Burn Blue » comme transfiguré, il fait sa profession de voix, puissant dans l’aigu, profond dans le grave. La résonance des cordes à vide de sa guitare Taylor prolonge l’instant rare. A contrario, l’original de « Fall To Earth », protest-song sur fond d’images de guerre froide et de conquête de l’espace, se suffit à lui-même. Enfin, à travers sa reprise de « True Love Will Find You In The End » du chanteur lo-fi Daniel Johnston, Glennse convainc que la voie qu’il s’est tracée à contre-courant est la bonne. On parvient à la même conclusion en visionnant ses performances acoustiques du premier semestre 2018 à l’Eurosonic Noorderslag de Groningue, ou au Sofar Sounds de Londres, sur You- Tube. [Jean-Christophe Baugé] twin temple SATANIC DOO-WOP Evil soul Rise Above Le satanisme n’est plus l’apanage du black metal norvégien, qu’on se le dise ! Twin Temple, septet cuivré deL.A. mené par le couple occulte Alexandra James (chant, incantations)/Zachary James (guitare twang), reprend le flambeau que Screamin’Jay Hawkins avait allumé en 1956 avec « I Put A Spell On You ». Ce Satanic Doo-Wop, véritable cadavre exquis musical, trouve sa justification dans le titre conclusif « Satanic Self Initiation Ritual » qui pontifie sur ce que le satanisme et le rock’n’roll ont en commun  : la quête d’indépendance, la transgression des interdits, le rejet du carcan sociétal. Il est encore et surtout une réédition hybride du premier album épuisé de 2018, reprenant le contenu du LP et le visuel de la cassette recadré au-dessus du sexe glabre du modèle (qui n’est pas Alexandra). Notre Lilith d’opérette, au look de veuve éplorée en procession funéraire à la Nouvelle-Orléans, n’a pas emprunté que l’eyeliner à Amy Winehouse. Sa soul dévoyée pourrait être celle des Marvelettes faisant de l’œil à Lucifer plutôt qu’au premier beau gosse cruisant en Ford Mustang (« Sex Magick », « I’m Wicked », « Santa Muerte »). Ce son mono crapoteux, aux antipodes du clinquant des productions Daptone ou Record Kicks actuelles, ne sortirait-il pas d’ailleurs d’un autoradio d’époque ? [Jean-Christophe Baugé] TYGERS OF PAN TANG HELLBOUND, SPELLBOUND - LIVE 1981 Coffret live Mighty Music/Season Of Mist Dans un monde où tout disparait sous l’effet de la dématérialisation, Mighty Music nous permet de manipuler l’impalpable  : un concert de Tygers Of Pan Tang au faîte de sa (modeste) popularité, dans un box-set laminé de 33 x 33 x 4 cm limité à 500 exemplaires. La téléportation au Rock City de Notthingam (capacité  : 1 700 places) le 23 avril 1981 pour la seconde date de la tournée Spellbound se fait sans le mal de cœur, tant la stéréo du CD et de son compagnon double LP est qualitative. Meilleure en tout cas que sur le Live At Notthingham Rock City (2001), caractéristique de la pauvreté endémique des sorties Spitfire de l’époque. Le groupe, qui tire son nom des tigres de l’archipel de Pan Tang dans les nouvelles fantastiques de Michael Moordock, a alors deux albums de NWOBHM classés dans le top 30 anglais. Wildcat (1980), affublé du chant amateur de Jess Cox, rapidement poussé vers la sortie, et Spellbound (1981), joué en quintet avec le nouveau frontman Jon Deverill (ex-Persian Risk, groupe du futur Motörhead Phil Campbell) et surtout John Sykes (ex-Streetfighter) à la Les Paul black beauty. Derrière la façade sonore rugueuse captée par feu le producteur Chris Tsangarides, il y a de l’âme. Comme dans un parcours du combattant jusqu’à la dispensable reprise des Small Faces « All Or Nothing », Deveril perd progressivement de la justesse dans ses aigus. Sykes, recruté par Robb Weir pour l’épauler à partir du festival de Reading en 1980, l’éclipse à chaque intervention (exemple  : « Hellbound », où Sykes et Weir prennent les soli n°1 et 2). Il n’est pas étonnant qu’après l’implosion du groupe en 1987, rétif qu’il était à suivre son label MCA dans le délire de faire des covers, le guitariste ait fait les beaux jours de Thin Lizzy, Whitesnake et Blue Murder. D’où le visuel en peau de serpent ? En 2000, Robb Weir, seul rescapé du line-up historique, reforme Tygers Of Pan Tang pour le plaisir d’une poignée de fans nostalgiques. Sa dernière prestation remarquable et remarquée en France remonte au Raismes Fest 2017. Le vieux rocker dédicace aujourd’hui d’un « best wishes » le poster A2 animalier du coffret, assurément sa pièce maîtresse juste devant le billet gratuit pour le concert du groupe au Nordic Noise festival (Danemark) le 11 mai 2019. [Jean-Christophe Baugé]



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