Cité Musiques n°71 jan à jun 2013
Cité Musiques n°71 jan à jun 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°71 de jan à jun 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Cité de la Musique

  • Format : (229 x 300) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 6 Mo

  • Dans ce numéro : musique et cinéma.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 48 - 49  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
48 49
L’ARTISTE ET LE TSAR Sur deux saisons, Valery Gergiev propose l’intégrale des symphonies et des concertos de Dmitri Chostakovitch. I l est des compositeurs obligés pour les musiciens qui partagent leurs racines. Le lien de Dmitri Chostakovitch avec des chefs d’orchestres soviétiques (hier) et russes (aujourd’hui) est ainsi de ceux que rien ne saurait détruire. Valery Gergiev a rejoint depuis des années la cohorte de ceux qui, succédant à tant d’aînés admirés (Malko, Mravinski, Eliasberg, Gaouk, A. Jansons, Kondrachine, Anosov, Sanderling, Svetlanov, WWW.CHOSTAKOVITCH.ORG Barshaï, Rojdestvenski…), ont repris ce flambeau. Car nul autre compositeur ne cerne et ne définit plus que lui, dans son être et sa musique, l’histoire tragique de la nation russe au XX e siècle – qu’il a rendu crûment présente, palpable, par les seuls moyens musicaux, à ceux qui n’en connaissaient pas la terrible réalité. Par voie de conséquence, le regard que portent les grands musiciens russes sur cette œuvre à fleur de peau nous dit à son tour beaucoup d’euxmêmes et de leur rapport au monde. Interrogé dans le documentaire consacré en 1997 par Larry Weinstein aux symphonies de guerre, Gergiev soulignait – à la manière de Solomon Volkov dans son livre Chostakovitch et Staline : l’artiste et le tsar – que « Chostakovitch était un homme de son temps, une personnalité influente, qui exprimait dans ses symphonies la voix de son pays », ajoutant, « Staline était un homme puissant, un dictateur, un tyran. Mais par sa seule présence, par la pression constante exercée sur Chostakovitch, il a rendu ce dernier de plus en plus fort ». Une vision objectivée de son œuvre est-elle possible, au fur et à mesure de son inscription dans le temps historique ? Le premier, Guennadi Rojdestvenski avait tenté cette mise en perspective – un effort méritoire venant de quelqu’un qui a souffert mille avanies du régime soviétique. Ou doit-on considérer au contraire Chostakovitch comme le veilleur prémonitoire du tragique de notre propre temps, tant l’Histoire se répète, à considérer les dérives dangereuses de la Russie d’aujourd’hui, et du monde dans son ensemble ? Tenter de répondre à ces interrogations en présentant le cycle complet des symphonies, comme Gergiev l’entreprend Salle Pleyel à partir de janvier 2013, représente un défi grandiose. Passer de l’exubérance positive de la Première Symphonie de 1926 créée par Nikolai Malko (et très vite défendue par des chefs comme Toscanini, Walter, Rodzinski ou Mitropoulos) à la désolation sarcastique, avec ses citations classiques incongrues, de la Quinzième Symphonie de 1971 créée par le fils du compositeur, Maxime, n’a en effet rien de simple. Comment rendre compte de cette complexité, de ces métamorphoses ? Les premiers concerts suggèrent une partie de la réponse, qui confrontent les alpha et oméga de la création symphonique du compositeur : les Première, Deuxième et Quinzième d’un côté, les Troisième et Treizième de l’autre, les œuvres concertantes (le Deuxième Concerto pour piano avec le colosse Denis Matsuev, le Deuxième Concerto pour violoncelle avec Mario Brunello) faisant offi ce de pont entre deux polarités aux contrastes potentiellement explosifs – un pari que Valery Gergiev est à l’évidence apte à relever, si l’on se souvient de l’impact émotionnel formidable des symphonies de Chostakovitch qu’il a présentées Salle Pleyel ces dernières saisons. Rémy Louis Intégrale des symphonies et concertos de Chostakovitch par l’Orchestre du Théâtre Mariinsky, Valery Gergiev, direction. À partir du 7 janvier 2013. 47
48 Drogue et dépendance, suicide et privation de liberté, questionnement de la foi sont les sujets soulevés par l’opéra-oratorio de John Adams.





Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :