Cité Musiques n°71 jan à jun 2013
Cité Musiques n°71 jan à jun 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°71 de jan à jun 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Cité de la Musique

  • Format : (229 x 300) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 6 Mo

  • Dans ce numéro : musique et cinéma.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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6 e Biennale d’art vocal NAVIA/AGENCE VU SERGE PICARD/AGENCE VU « Le Hervé Niquet Concert Spirituel a 25 ans. C’était l’occasion un peu folle de s’attaquer à une partition gigantesque, la Messe à soixante voix d’AlessandroStriggio, pour laquelle deux cent soixante-treize chanteurs ont été auditionnés (donnée à quarante voix à la Cité de la musique,ndr). La fête de la Saint-Jean était un point central dans la vie florentine des années 1560. C’était l’occasion pour les princes de faire rayonner leur puissance. AlessandroStriggio était un étrange personnage qui n’avait pas besoin d’entrer au service des grands de Florence. Riche aristocrate, c’était surtout un génie et ce n’est pas pour Sous l’immense coupole du Duomo de Florence, à l’occasion de fêtes importantes comme celle de la Saint-Jean (le saint patron de la ville), les œuvres de Striggio, Corteccia, Benevoli et Monteverdi trouvaient à s’épanouir dans la magnificence d’une spatialisation que les musiciens du Concert Spirituel ont soigneusement respectée, en reconstituant la répartition des chœurs dans l’espace du concert. rien qu’un prince florentin a voulu l’avoir à son service. Si Striggio a accepté, c’est certainement parce qu’il avait un message à délivrer ; sa Messe serait un manifeste du courant philosophique auquel il appartenait. La Messe à soixante voix est le plus grand édifice musical jamais écrit en Occident. C’est un sommet d’intelligence humaine, mais curieusement elle avait disparu ; on en avait entendu parler mais on ne l’avait jamais entendue. Nous nous trouvons à la fin de la Renaissance avec une métrique encore très affirmée et à laquelle on ne peut pas toucher. Il n’y a pas cette folie baroque, et en même temps, tout est déjà là. C’est une des fondations du baroque : le déséquilibre, l’organisation et l’exubérance. Un véritable univers organisé, un point central de la culture occidentale. Pour ce concert, nous n’avons pas opté pour une disposition en cori spezzati mais un dispositif central, flamboyant : la musique est tellement complexe qu’il faut que l’on soit tous au centre. On a ainsi opté pour une forme de U ou de cercle cassé – cela dépend des édifices où l’on se produit – indispensable pour que naisse une relation les uns avec les autres. » « Ce projet se focalise sur l’année 1613 – il y a exactement quatre siècles de cela – durant laquelle Claudio Monteverdi arrive à Saint-Marc de Venise après avoir passé la majeure partie de sa carrière à Mantoue auprès du duc de Gonzague. Il arrive un an après la mort de Giovanni Gabrieli, le grand organiste et compositeur de San Marco. En 1613, la musique de Gabrieli est encore extrêmement prisée, les Vénitiens l’entendent durant toute l’année liturgique. Monteverdi arrive ainsi dans une sorte de « cocon musical » déjà bien établi mais au sein duquel il a peu de matériau concernant la musique sacrée. En 1610, il a déjà publié ses fameuses Vêpres, et une Messe à six voix écrite dans un style assez archaïque (prima prattica), mais il n’a rien écrit depuis. Il va alors se Propos recueillis par Pascal Huynh Jean Tubéry En puisant dans le répertoire de la basilique Saint-Marc à Venise qui a commencé à fleurir avec Adrian Willaert, s’est épanoui avec son successeur, Andrea Gabrieli, pour connaître ses heures de gloire avec le neveu de ce dernier, Giovanni Gabrieli, puis chez Claudio Monteverdi, l’ensemble La Fenice et les choristes du Nederlands Kamerkoor présentent une reconstitution de la plus prestigieuse des cérémonies de San Marco. tourner vers la musique de Giovanni Gabrieli, et a fortiori vers les pièces publiées à titre posthume en 1615, pour puiser son inspiration. Une véritable confrontation et une coexistence des deux styles – celui de Giovanni Gabrieli, assez innovant avec des motets-cantates tels que In ecclesiis, ou son motet jubilatoire Jubilate Deo, et celui de Claudio Monteverdi – se créent donc ici. Cette confrontation des deux styles, dans leurs dissemblances comme dans leurs similitudes, ce passage de relais m’ont semblé très intéressants. Nous allons profiter de ce magnifique outil qu’est le grand auditorium de la Cité qui permet différentes configurations sans que ce ne soit jamais au détriment de la qualité acoustique. Au programme figurent des pièces instrumentales en double chœur telles que Gabrieli les compose jusqu’en 1612, des pièces écrites, au contraire, pour solistes accompagnés de violons concertants telles que Claudio Monteverdi les imagine dans certains extraits de la Selva morale. Et nous aurons jusqu’à trois chœurs avec un extrait de la Messe à trois chœurs de Giovanni Gabrieli, telle qu’elle a pu être donnée et dirigée par le nouveau maître de chapelle, Claudio Monteverdi. Ces chœurs seront répartis dans l’espace – un côté jardin, un côté cour et un central, ce qui correspond, dans l’église, aux différents emplacements depuis lesquels on donnait la musique. La configuration et les distances entre ces chœurs sont donc assez idéales. En 1600, cette notion de polychoralité est répandue dans toute l’Italie et a essaimé ensuite à travers toute l’Europe. » Office de la Saint-Jean au Dôme de Florence. Par Le Concert Spirituel, Hervé Niquet, direction. Le samedi 1 er juin, 20h. Voir calendrier. Trionfi sacri : Cérémonie sacrée à la basilique Saint-Marc de Venise. Par l’ensemble La Fenice, Nederlands Kamerkoor, Jean Tubéry, direction. Le mardi 4 juin, 20h. Voir calendrier. 39
Dans l’intimité WEEK-END LIED ENTRETIEN chant du Après avoir dirigé l’an dernier la Passion selon saint Matthieu de Bach, le ténor allemand Christoph Prégardien s’illustre dans Winterreise, jalon incontournable du lied romantique. Caspar David Friedrich, Falaises de craie sur l’île de Rügen, 1818. 40





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