Cité Musiques n°71 jan à jun 2013
Cité Musiques n°71 jan à jun 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°71 de jan à jun 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Cité de la Musique

  • Format : (229 x 300) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 6 Mo

  • Dans ce numéro : musique et cinéma.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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CITÉ MUSIQUES I Quelle est la ligne directrice de cette série de concerts ? Comment avez-vous structuré votre Domaine privé ? KAIJA SAARIAHO I Nous voulions présenter ma musique sous des formes très diverses : les grandes pièces orchestrales, les opéras, la musique de chambre et le ballet. Et également associer à cet événement des interprètes qui connaissent bien mon œuvre et avec qui j’ai travaillé durant des années, notamment le violoncelliste Anssi Karttunen pour qui j’ai écrit pratiquement toutes mes pièces pour violoncelle ; l’ensemble Avanti !, complice depuis très longtemps (avant même la formation de l’ensemble). Tous les interprètes présents connaissent intimement ma musique. Le Quatuor Méta4 est d’ailleurs en train d’en enregistrer un album. Il y a également des chanteuses comme Barbara Hannigan ou Anu Komsi qui va chanter quatre chansons que j’ai écrites pour elle, les Leino Songs ; le dynamique ensemble ICE qui vient de New-York. Quant aux chefs d’orchestre, Ernest Martinez-Izquierdo, notamment, a beaucoup dirigé mes œuvres ; cela fait longtemps que nous travaillons ensemble. Il conduira le concert d’Avanti ! Enfin, nous recevrons le jeune chef Santtu-Matias Rouvali que je n’ai jamais entendu. Dans ce Domaine privé, on entendra vos œuvres mais également celles d’autres compositeurs finlandais, notamment Sibelius. Y a-t-il une vie après Sibelius en Finlande ? Je n’ai jamais été gênée par Sibelius. Mais la génération qui lui a immédiatement succédé a certainement dû vivre dans son ombre. La Finlande est un petit pays, sa musique est partout ; cette situation a certainement été dure à vivre pour certains musiciens. Existe-t-il un lien entre le quatuor Voces intimae de Sibelius et votre Terra memoria ? Ce sont deux mondes différents. Le langage de Sibelius n’a rien à voir avec le mien, mais en même temps, sa pièce s’appelle « les voix intimes » et la mienne est également une pièce très intime. Elle n’a pas été inspirée par l’œuvre de Sibelius mais peut-être que, jouée lors d’un même concert, elle révélera des points communs auxquels je n’avais pas pensé. Doit-on voir dans l’œuvre de Sibelius une dimension cosmique ? Il était très proche de la nature. Comme chaque personne habitant en Finlande, il a vécu au milieu d’elle car elle est très présente. C’est donc un thème important au sein de son œuvre. De mon côté, j’écoute les pièces de Sibelius comme j’écoute la musique d’un autre compositeur, de manière plus analytique. Quelle est la signification du terme « Maa » qui donne son nom à la première œuvre que nous entendrons ? En finnois, cela veut dire « la terre » ou « le pays ». Ce nom est à l’origine du projet de ballet créé avec Carolyn Carlson au début des années 1990. Il se déroule en sept mouvements et chacun de ces mouvements correspond à un voyage métaphorique différent. Nous assisterons ici à une chorégraphie de Luca Veggetti créée à New- York avec l’ensemble ICE. Ce Domaine privé évoque également la dimension lyrique, opératique de votre œuvre, notamment à travers Adriana Mater et Émilie. Pouvez-vous évoquer votre collaboration avec Amin Maalouf et Peter Sellars ? J’ai créé trois opéras ; les deux premiers ont fait l’objet de collaborations avec Amin Maalouf et Peter Sellars. Peter a aussi travaillé avec nous sur La Passion de Simon qui est un oratorio. Avec Amin, nous avons poursuivi notre collaboration pour le troisième opéra, Émilie. Lors de sa création à Lyon, François Girard a assuré la mise en scène. Dans ce Domaine privé, on entendra Émilie Suite, créée à partir de l’opéra. OLIVIER ROLLER Enfin, lors du dernier concert, nous entendrons des œuvres de Paavo Heininen et Lotta Wennäkoski. À quelle génération appartiennent-ils ? Pour ce dernier concert, j’ai choisi des œuvres de deux autres compositeurs fi nlandais. Paavo Heininen était mon professeur, c’est un personnage très important dans mon parcours personnel, mais aussi dans la vie musicale fi nlandaise ; et Lotta Wennäkoski est une femme qui a été mon élève. Je me suis dit que ce serait très intéressant d’avoir trois générations de professeurs et d’élèves en regard dans un même concert. Propos recueillis par Pascal Huynh REPÈRES BIOGRAPHIQUES 14 octobre 1952 : Naissance à Helsinki. 1958-1959 : Commence son apprentissage musical avec le violon, le piano et l’orgue. 1976 : Intègre l’Académie Sibelius de Helsinki, dans la classe de Paavo Heininen. 1980 : À Darmstadt, elle découvre l’école spectrale française, la musique de Tristan Murail et celle de Gérard Grisey. 1981-1982 : Termine ses études à l’Académie Sibelius et s’installe à Paris où elle étudie à l’Ircam. 2000 : L’Amour de loin, opéra ; qualifié par The New York Times de meilleure nouvelle œuvre de l’an 2000. 2005 : Compositrice en résidence du Conservatoire de Strasbourg et du Festival Musica. 2008 : Reçoit la distinction de Musician of the Year 2008 décernée par Musical America. Domaine privé Kaija Saariaho. 5 concerts et 1 forum. Du mercredi 17 au mardi 23 avril. Voir calendrier. 35
Paris, septembre 1941. SOUS L’OCCUPATION La musique sans rationnement ANDRÉ ZUCCA/BHVP/ROGER VIOLLET De l’armistice à la Libération, certains compositeurs furent couverts de gloire tandis que d’autres ont dû fuir la France. Entre collaboration et résistance, la vie musicale connut bien des déchirures. 36





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