Cité Musiques n°71 jan à jun 2013
Cité Musiques n°71 jan à jun 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°71 de jan à jun 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Cité de la Musique

  • Format : (229 x 300) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 6 Mo

  • Dans ce numéro : musique et cinéma.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 34 - 35  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
34 35
LUCA FRANCESCONI Effet de Le compositeur Luca Francesconi propose une relecture des Liaisons dangereuses de Laclos, déjà revues par Heiner Müller. Les deux protagonistes s’y livrent un impitoyable combat dont les armes sont le langage et le sexe. masque L a création de Ballata en octobre 2002 posait Luca Francesconi en véritable maître de l’opéra, lui qui n’avait alors à son actif dans ce domaine que trois courts « opéras radiophoniques » et un « vidéo-opéra » sans soliste. Le terrain avait cependant été préparé par de nombreuses compositions pour voix et instruments, et davantage encore par sa collaboration avec Luciano Berio, auquel il avait prêté main forte pour l’élaboration de Un re in ascolto. De Ballata à Gesualdo Considered as a Murderer (2004), Francesconi resserre le cadre de l’action, et Quartett peut apparaître comme la suite logique de ce processus : en relevant le défi du huis clos, le compositeur nous confronte au « peep-show claustrophobique » d’une joute psychologique sans merci entre le vicomte de Valmont et la marquise de Merteuil. Ce resserrement dramaturgique, c’est aussi celui qui mène du roman épistolaire de Choderlos de Laclos au psychodrame de Heiner Müller puis aux treize scènes de « théâtre de chambre » de Francesconi, avec son livret encore contracté et écrit en anglais, lingua franca choisie comme « antidote » à l’expressionnisme de Müller. C’est encore celui de la perspective gigogne qui projetait le spectateur dans la boîte suspendue par Àlex Ollé et l’équipe de la Fura dels Baus au beau milieu de l’espace scénique du Théâtre de la Scala en avril 2011. Ce quatuor est en fait un duo étendu à quatre personnages par des jeux de rôles (les deux protagonistes s’affrontent aussi en incarnant madame Une joute psychologique sans merci entre le vicomte de Valmont et la marquise de Merteuil (Marina Abramovic/Ulay, Relation in Time, 1977). de Tourvel et Cécile de Volanges) et des duels travestis. « Are we playing ? », demande Merteuil à la scène 9 : les masques cachent les masques. Faut-il s’étonner alors d’une vocalité brillante, mais aussi versatile, prête à véhiculer et même à amplifier les affects changeants et ambigus des personnages ? La soprano Merteuil et le baryton Valmont glissent du lyrisme le plus affirmé, voire volontairement surjoué, au récitatif le plus sec, d’une ornementation toute madrigalesque à la déclinaison de nombreuses nuances de Sprechgesang. Les allusions de Merteuil à l’aria di furore comptent parmi les fugaces clins d’œil à l’opéra baroque. Au petit orchestre de fosse répondent un grand orchestre et un chœur invisibles. Ces deux espaces sonores complémentaires représentent respectivement l’action confinée à l’intérieur de la boîte et le monde réel, qui s’étend acoustiquement de l’arrière-scène jusque derrière le public grâce à une électronique développée par Serge Lemouton. La version de concert de Quartett mettra à l’épreuve la dramaturgie interne de l’œuvre ; il est probable qu’en se focalisant sur la musique, elle permettra d’en saisir mieux encore les subtilités et rendra évident le sens de la scène dont est assurément doué le compositeur. Pierre Rigaudière MARINA ABRAMOVIC Quartett, de Luca Francesconi, par l’Ensemble intercontemporain, Susanna Mälkki, direction. Le mardi 19 mars, 20h. Voir calendrier. 33
DOMAINE PRIVÉ I KAIJA SAARIAHO Qu’elle se tourne vers le ballet ou la L’astre musique de chambre, vers l’orchestre ou l’opéra, Kaija Saariaho marie la délicatesse du geste à l’ampleur des formes. Ce Domaine privé est une fenêtre polaire entrebâillée sur quelques-uns de ses jardins secrets. La nature est une source d’inspiration importante dans la musique finlandaise (Anni Leppälä, Still Life, 2007). ANNI LEPPÄLÄ 34





Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :