Cité Musiques n°71 jan à jun 2013
Cité Musiques n°71 jan à jun 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°71 de jan à jun 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Cité de la Musique

  • Format : (229 x 300) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 6 Mo

  • Dans ce numéro : musique et cinéma.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Jeanne Moreau et Miles Davis pendant l’enregistrement de la musique du film Ascenseur pour l’échafaud, 5 décembre 1957. RUE DES ARCHIVES/AGIP « M usique et cinéma : deux arts complémentaires aux relations évidentes, permanentes, mais parfois conflictuelles et contradictoires. Au lieu de se limiter à une seule facette de ces relations (la musique classique filmée, par exemple), il fallait balayer plus large. Le champ à couvrir est gigantesque puisque les rapports entre musique et cinéma existent depuis l’invention du septième art. Pour le commun des spectateurs, la musique de cinéma, c’est ce que l’on entend sur la bande-son des films, que ce soit des « scores » originaux, ou des chansons préexistantes au film. Deux difficultés apparaissaient : tout d’abord, comment exposer le cinéma ? Ensuite, comment exposer la musique ? Cependant, dès que l’on y réfléchit, toutes sortes d’éléments peuvent être présentés aux visiteurs : des extraits de films et de musiques, mais aussi des témoignages de compositeurs et de cinéastes, des documents musicaux (partitions originales, brouillons manuscrits), des photos, des affiches… L’interactivité est très présente dans l’exposition ; grâce au multimédia, on peut faire participer le visiteur à la création d’une bande sonore en lui faisant remplacer une musique existante par une autre qui avait été rejetée par le cinéaste, ou carrément supprimer la musique, ou au contraire ne laisser qu’elle en éliminant tous les autres sons. Le parcours de l’exposition repose sur l’idée que la musique peut jouer un rôle à toutes les étapes de la fabrication d’un film, contrairement à ce que l’on peut croire au départ. Elle peut préexister au scénario, elle peut inspirer l’idée même d’un film (films-opéras, adaptations de comédies musicales, biographies de musiciens). Il y a aussi des cinéastes qui, au moment d’écrire leur scénario, ont besoin d’entendre des thèmes de leur film à venir, que ce soit Michel Deville qui utilise des musiques classiques préexistantes afin de donner une couleur à telle ou telle scène qu’il est en train d’écrire, ou Sergio Leone qui demande à Ennio Morricone de composer la musique au moment où il a l’idée de l’histoire. Elle peut même être réalisée avant le tournage pour mettre les acteurs dans l’ambiance sur le plateau. Autre exemple de musique qui vient en amont : le film Les Parapluies de Cherbourg dans lequel la musique et les dialogues chantés doivent être entièrement enregistrés avant le début du tournage. La musique peut également jouer un rôle comme tournant du récit : par exemple la scène du concert dans L’Homme qui en savait trop, qui n’est pas un film musical mais dans lequel, à un moment donné, la musique joue un rôle dramatique. Lors du tournage, plusieurs questions se posent : celle du play-back, celle des acteurs qui doivent jouer le rôle de musiciens, qui doivent apprendre les bons gestes, et doivent éventuellement jouer ou chanter eux-mêmes sur le tournage. Là intervient le sujet de la musique filmée, y compris dans les documentaires, qu’il s’agisse de rock, de jazz ou de classique ; on peut se demander si la musique influe sur la manière dont on la filme. La postproduction est l’étape où la musique est la plus attendue. On fait appel au compositeur pendant la période de montage du film pour placer la musique aux endroits où on la juge nécessaire. Alors, à un moment donné, selon le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, il faut « donner les clés de la maison » au compositeur, qui va écrire, orchestrer, arranger, enregistrer sa musique avant de la livrer au metteur en scène. Il y a donc un véritable passage de relais entre un créateur et un autre. Ensuite, soit la musique est placée là où elle était prévue, soit elle va être découpée différemment et éventuellement placée à des endroits imprévus. L’intégration définitive de la musique dans la bande-son se fait lors du mixage. C’est à ce moment que l’on détermine l’importance que l’on va lui donner par rapport aux autres éléments de la piste sonore : dialogues, effets sonores et ambiances. Tout cela raconte ainsi l’histoire de ce couple qui, dès le départ, peut fonctionner, mais peut aussi subir des dissensions, et qui, au final, doit devenir un couple harmonieux pour que le film lui-même soit équilibré. La musique peut exister après la sortie d’un film et même devenir plus célèbre que lui (c’est le cas de la chanson d’India Song). Elle peut être utilisée pour faire la promotion d’un film et contribuer à son succès. Aujourd’hui, les concerts de musique de cinéma se généralisent et, grâce à ce phénomène, il est intéressant de constater que, finalement, la bonne musique de film, c’est surtout de la bonne musique tout court. Il serait dommage d’établir une hiérarchie entre la musique dite sérieuse car autonome et pouvant être jouée en concert, et une musique qui serait moins importante et moins légitime parce qu’elle a été écrite pour le cinéma. L’exposition, nous l’espérons, permettra d’en juger. » Propos recueillis par Pascal Huynh Musique et cinéma, le mariage du siècle ? Exposition du 19 mars au 18 août. Commissariat : N. T. Binh. Manifestations associées : concerts, Citéscopie, colloque, concert-promenade, rencontres… Voir calendrier. 11
ALEXANDRE DESPLAT ENTRETIEN « Un À l’occasion de sa création Quai de scènes, Alexandre Desplat évoque son parcours de compositeur de musique de film et sa collaboration avec Jacques Audiard. puissant ferment » Alexandre Desplat Jacques Audiard 12 AURÉLIEN VAN WELDEN NICOLAS GUÉRIN/CONTOUR BY GETTY IMAGES





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