Cité Musiques n°71 jan à jun 2013
Cité Musiques n°71 jan à jun 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°71 de jan à jun 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Cité de la Musique

  • Format : (229 x 300) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 6 Mo

  • Dans ce numéro : musique et cinéma.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Les grandes formes et les artistes de forte notoriété internationale, classiques mais également aux parcours plus décalés, se retrouveront plus régulièrement à la Philharmonie. Cette donnée de base n’est bien sûr pas suffisante : les deux projets devront également être fortement articulés, avec parfois des partages de thématiques communes et une circulation réfléchie des artistes – des solistes viendront jouer par exemple un concerto à la Philharmonie ; la même semaine, ils pourront donner une master class pour des étudiants de conservatoire et se produire en musique de chambre à la Cité. Il s’agira donc de penser un projet artistique global… Je milite pour un modèle de programmation le plus fluide possible : l’Ensemble intercontemporain ou le Conservatoire de Paris identifiés à la Cité seront par exemple également présents à la Philharmonie et, inversement, le public retrouvera à la Cité les musiciens de l’Orchestre de Paris pour des concerts de musique de chambre ou de création contemporaine. Qu’il s’agisse des concerts, des expositions, des initiatives pédagogiques, jusqu’à la gestion des espaces de débat ou même de restauration, les publics aux attentes distinctes devront se sentir accueillis et accompagnés dans leurs parcours. Il faut pour cela inventer des fils rouges qui relient les différentes offres. Une autre question inquiète certains Parisiens, celle de la desserte et de l’accès au Parc de la Villette… Les services compétents de la Ville de Paris et de l’État travaillent à cette question et beaucoup d’initiatives sont mises en œuvre pour améliorer la situation. D’abord, des évolutions importantes vont conduire à l’amélioration de la desserte et des accès : la ligne de tramway arrivant à la porte de Pantin est mise en circulation dès cet hiver ; la nouvelle ligne du RER E partant de la Gare Saint-Lazare est en extension progressive ; un parking supplémentaire sera installé sous la Philharmonie, directement accessible du boulevard périphérique ; des stations de taxis mieux adaptées seront aménagées avec des facilités de réservation ; des zones de stationnement spécifiques seront créées pour les deux-roues. Les abords vont être également restructurés afin de fluidifier la circulation et un aménagement spécifique de la voirie favorisant le déport de l’arrivée du public du Zénith vers le parking de la Cité des Sciences, proche de la porte de la Villette, est à l’étude. D’autres interventions seront engagées, telle la mise en place d’un système de navettes pour le retour du public vers le centre et l’ouest de Paris. Pensez-vous que la Philharmonie va contribuer à changer l’urbanisme de cette zone Est de Paris ? Ce quartier est déjà en voie de transformation, tout comme le XIII e arrondissement de Paris autour de la Grande Bibliothèque ou le XII e autour de Bercy. Un aménagement urbain important s’opère dans la zone comprise entre la porte de Pantin et la porte d’Aubervilliers, à cheval sur Paris et les villes limitrophes, qui inclut l’ouverture de nombreux sièges d’entreprises et d’un pôle universitaire. Les changements sont rapides et le Parc de la Villette, avec son offre culturelle diversifiée, va jouer un important rôle catalyseur et fédérateur. La Philharmonie représentera un signal fort. Toute la démarche architecturale concernant l’extérieur du bâtiment vise à favoriser son insertion dans le contexte urbain et le parc qui l’accueille. Ce bâtiment deviendra-t-il un phare de l’architecture à Paris ? J’en suis persuadé. L’architecture de Jean Nouvel est exceptionnelle. Ce vaisseau d’aluminium aux contours anguleux est en fait une construction harmonieuse de plans inclinés faisant scintiller le bâtiment de jour comme de nuit. Il se présente comme une colline, immense météorite de lumière. L’ensemble de la toiture a été conçu pour être un espace de promenade accessible à tous et propose une alternative originale à la traditionnelle balade dans le parc, avec une vue donnant directement sur tout le Grand Paris, plongeant sur le canal de l’Ourcq et sur le Parc de la Villette. Quant aux mélomanes et aux nouveaux publics que nous attendons, la réalisation la plus impressionnante sera pour eux sans conteste l’auditorium de 2 400 places, où les fauteuils entourent la scène, créant un espace propice à l’écoute. Pour appréhender l’intimité du lieu, il faut imaginer que le spectateur le plus éloigné sera installé à 32 mètres du chef d’orchestre là où Pleyel affiche 47 mètres malgré ses 500 places de moins… Autre innovation : les balcons sont décollés des parois extérieures, suspendus dans la salle, ce qui dégage un volume acoustique extérieur, derrière les auditeurs, qui assure une réverbération ample. La salle devient ainsi l’instrument d’une osmose entre l’espace et la musique et je suis persuadé que cela donnera envie, même aux plus sceptiques, de tenter l’expérience avec nous ! Des espaces et des missions complémentaires Le Conservatoire national supérieur de musique de Paris est installé sur le Parc de la Villette depuis 1995. Avec ses 1 500 étudiants et son équipe pédagogique d’environ 400 professeurs, il est un atout et un enjeu pour la Philharmonie de Paris : il représente l’avenir de la musique en assurant aux élèves une formation de haut niveau, gage d’une insertion professionnelle de qualité dans les différents métiers de la musique et de la danse. La Cité de la musique accueille en résidence depuis son ouverture en 1997 l’Ensemble intercontemporain. Elle dispose de deux salles de concert : l’une de 900 places, modulable, est particulièrement bien adaptée à la création savante ou populaire et à la musique ancienne (jusqu’au XVIII e siècle) qui requiert des effectifs moindres ; l’autre, de 250 places, est réservée à la musique de chambre et aux spectacles pour enfants. Le Musée de la musique est une autre composante de la Cité qui abrite une importante collection d’instruments occidentaux, du XVII e siècle à nos jours, et s’ouvre à tous les continents. La Cité de la musique dispose en outre d’une médiathèque numérique qui développe de nombreuses applications pédagogiques. Elle ne comporte en revanche aucune salle de répétitions pour les ensembles ; ses ateliers de pratique musicale sont contraints de se produire dans des espaces temporaires disséminés dans le parc ; enfin, les deux salles occupées par les expositions temporaires ne sont pas aux normes requises pour le prêt des œuvres et l’accueil d’un large public. La Philharmonie de Paris va transformer le paysage à partir de septembre 2014 et constituer le cœur d’un nouveau modèle de transmission musicale. Elle s’articulera autour d’une salle de 2 400 places – à l’acoustique pensée pour les grandes formations orchestrales – et d’un important pôle pédagogique, avec des espaces dédiés aux ateliers de pratique musicale, visant en particulier à initier à la pratique collective de très nombreux jeunes. Les musiciens bénéficieront également de conditions professionnelles adéquates grâce aux cinq salles de répétition destinées à combler le manque parisien en la matière. Un espace sera spécifiquement adapté aux expositions temporaires. Une cafétéria, un restaurant panoramique et un nouveau parking compléteront cet équipement. 9
Les Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy, musique de Michel Legrand, 1967. HÉLÈNE JEANBRAU/1996 CINÉ-TAMARIS Le Que serait la magie du septième art sans l’émotion de la musique ? L’exposition Musique et cinéma, le mariage du siècle ? a pour ambition de dévoiler ce qui se joue cinéma dans cette rencontre sensible entre deux arts. Entretien avec N. T. Binh, commissaire de l’exposition. EXPOSITION par la bande 10





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