Cinéplex n°15-07 septembre 2016
Cinéplex n°15-07 septembre 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°15-07 de septembre 2016

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Cineplex Divertissement

  • Format : (203 x 267) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 16,1 Mo

  • Dans ce numéro : Gaspard Ulliel dans l'univers de Xavier Dolan.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Le cinéaste Xavier Dolan sur le plateau de Juste la fin du monde À l’écran, on retrouve donc un écrivain trentenaire homosexuel (Louis, campé en retenue par Gaspard Ulliel) qui revient dans sa famille dysfonctionnelle après 12 ans d’absence pour lui annoncer une grande nouvelle: il va bientôt mourir. Mais arrivera-t-il à s’exprimer clairement, sachant que sa mère (Nathalie Baye, méconnaissable derrière sa perruque noire et ses yeux charbonneux) ne cesse de l’interrompe, que sa jeune sœur (Léa Seydoux, sensible) est stone et que son grand frère (Vincent Cassel, intense en ordurier) l’engueule comme du poisson pourri? «Ces personnages ne cessent de parler, mais, au fond, ils lancent des banalités, reconnaît Gaspard Ulliel. Ils craignent de laisser la parole à Louis, sachant que ses mots seront aussi tranchants que des couteaux.» Si le «mutisme meurtrier» de Louis avait pu 28 | LE MAGAZINE CINEPLEX | SEPTEMBRE 2016 repousser certains acteurs (qui adorent voler la vedette), Gaspard Ulliel, lui, l’a accueilli sans broncher: «C’est un beau défi professionnel. Et Xavier m’avait prévenu dans une petite lettre manuscrite. Il avait employé des mots du style: “J’espère que tu ne seras pas surpris par le peu de dialogues de ton personnage. Je t’encourage à voir toutes les choses facilement exprimables dans le silence avec un mouvement de caméra, un gros plan, une mimique ou même un objet.”» En guise d’inspiration, Xavier Dolan avait aussi remis un patchwork à Gaspard Ulliel. «En préproduction, Xavier est allé dans une librairie de Montréal pour y découper des images dans des magazines. II a réuni divers travaux d’artistes connus et deux ou trois photos de vêtements de mode. Son collage a nourri mon imaginaire. J’ai pu voir à quel point Xavier est un artiste total. Il essaie de
PHOTOS: SHAYNE LAVERDIÈRE/SONS OF MANUAL «Xavier aime le jeu. Étant lui-même un interprète, il sait quand un acteur touche à quelque chose de juste. Parfois, il n’a même pas besoin de nous parler.» maîtriser un maximum de paramètres en orientant son équipe dans la bonne direction.» Le début de la fin Mais attention; ce n’était que le début de la «contrôle manie» de Dolan. Une fois arrivé sur le plateau, Gaspard Ulliel s’est fait diriger de pied ferme par notre petit gars de chez nous. L’œil vif derrière la lentille, les oreilles recouvertes d’écouteurs, Xavier Dolan n’hésitait pas à le couper en plein milieu d’une scène. Il pouvait lui demander de reprendre cinq ou six fois la même réplique. «Je veux plus d’émotion, plus d’hystérie, plus de…», scandait-il à sa troupe, composée de vedettes bancables et expérimentées sur qui Hollywood a aussi mis la main. «Xavier aime le jeu. Étant lui-même un interprète, il sait quand un acteur touche à quelque chose de juste. Parfois, il n’a même pas besoin de nous parler.» Et quand les mots ne venaient pas à son esprit, Xavier appuyait sur le bouton de son iPod. Les notes d’une partition musicale, tantôt rock, tantôt lyrique, aidaient les stars à trouver le ton juste. «On connaît tous la puissance de la musique. Le tempo des chansons nous a aidés à avancer plus rapidement. On a tourné le film en moins d’un mois, ce qui est relativement court pour une œuvre de ce calibre.» Paradis terrestre «Même si le tournage a été vite et intense, j’en conserve un très bon souvenir, nous confie Gaspard Ulliel. La joie était au rendez-vous du début jusqu’à la fin.» L’environnement extérieur y était pour quelque chose; la plupart des scènes ont été tournées chez nous, dans un petit bungalow de Laval, au début de la saison chaude, l’an dernier. «Ah, l’été! C’est un moment assez particulier où les gens ont passé des mois dans le froid. Du coup, ils sont tous là à vouloir sortir dehors. Ils ont une vraie joie de vivre. C’était ma première expérience au Québec et je le dis à tout le monde: “J’aime la Belle Province!”» SOS SHOPPING Tout le monde a vécu un jour ou l’autre sa petite fin du monde. On a demandé à Gaspard Ulliel de nous décrire la sienne: «J’ai horreur de faire du shopping. C’est une sorte d’attraction-répulsion. Quand je renouvelle ma garde-robe, j’essaie de le faire en une journée. Après, je fais attention à la façon dont je m’habille, à la qualité des tissus. Je le sais; ça peut sembler paradoxal.» Surtout quand on sait qu’avant Juste la fin du monde, l’acteur a incarné le grand couturier Yves Saint Laurent dans le biopic de Bertrand Bonello. SEPTEMBRE 2016 | LE MAGAZINE CINEPLEX | 29



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