Cinéplex n°14-02 mar/avr 2015
Cinéplex n°14-02 mar/avr 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14-02 de mar/avr 2015

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Cineplex Divertissement

  • Format : (203 x 267) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 12,6 Mo

  • Dans ce numéro : Shailene Woodley s'insurge dans la série Divergence.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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LA PASSION D’AUGUSTINE SORTIE LE 20 MARS ROCK’N NONNE Adieu la capine de bonne sœur ! Valérie Blais se dévoile corps et âme dans La Passion d’Augustine. n PAR MATHILDE ROY 24 LE MAGAZINE CINEPLEX MARS/AVRIL 2015
« La costumière n’a pas lésiné sur nos habillements. On avait beaucoup d’épaisseurs. [...] certaines se sont senties nues quand on leur a enlevé leur long voile. » « Beau ». Le mot revient souvent quand Valérie Blais parle de La Passion d’Augustine, le plus récent long-métrage de Léa Pool (Maman est chez le coiffeur), à l’affiche ces jours-ci. La direction artistique, le chœur, le jeu de sa collègue Céline Bonnier… Tout est « beau » à ses yeux. « En plus, nous chantions avec les étudiantes du Conservatoire qui sont excellentes. C’était vraiment sublime », ajoute-t-elle. Le décor n’y fait pas exception. Le film prend place dans l’environnement naturel de Saint-Ours, au bord de la rivière Richelieu. On est pile en 1968, époque où les écoles tenues par des religieuses sont menacées de disparaître dans la laïcisation du système scolaire. Pour Mère Augustine (Céline Bonnier), il est hors de question de fermer les portes de son couvent qui, contrairement aux autres, enseigne la musique et rafle tous les grands prix de piano. À défaut de prier pour faire survivre leur congrégation, les religieuses – rebelles à leur façon – chantent. Léa Pool va jusqu’à les qualifier de « rock’n’rolls », même si elles prêchent par Mozart, Bach et Chopin bien avant les Beatles. Film choral « C’est un projet qui me tient à cœur parce qu’il aborde un sujet dont on n’a pas parlé depuis très longtemps, soit celui des religieuses. Je trouve vraiment que c’est une œuvre chorale, sans faire un mauvais jeu de mots », dit Valérie Blais, en riant. « C’est drôle, j’ai l’impression de jouer deux personnages, enchaîne-t-elle. Il y a le chœur des femmes et il y a la religieuse que j’incarne. C’est surtout une communauté à laquelle j’ai participé en tournant le film. » Dans la communauté, il y a bien sûr Mère Augustine, une passionnée de musique, qui se verra confier sa nièce, un prodige du piano. On suit aussi les autres sœurs – jouées notamment par Diane Lavallée, Pierrette Robitaille et Andrée Lachapelle –, dans leur acceptation de la transition vers la modernité. Car toutes doivent dire adieu au voile. Valérie Blais se glisse dans la robe noire de sœur Claude. Contrairement à plusieurs de ses consœurs, son personnage « est bien content de se débarrasser de son voile ». « Elle est une féministe avant l’heure, je crois. Cette femme-là est devenue religieuse pour avoir accès à une plus grande liberté. La liberté de ne pas enfanter, d’apprendre, de lire, d’être éduquée. À cette époque, beaucoup de femmes devenaient religieuses parce qu’elles n’avaient pas envie LA REINE DES NEIGES Alors que certains souhaitent mettre les voiles pour le chaud soleil des Caraïbes, Valérie Blais, elle, a toujours rêvé… de tourner en hiver ! Son souhait s’est enfin réalisé sur le plateau de La Passion d’Augustine, qui a été filmé en bonne partie durant la saison froide. « J’ai tourné quelques scènes dans un champ enneigé avec Céline [Bonnier]. J’avais l’impression d’être dans une toile du peintre québécois Jean Paul Lemieux tellement c’était beau ! » d’avoir d’enfants, tout simplement, et parce qu’elles voulaient étudier le plus longtemps possible. » Mais avant de se dévoiler, Valérie Blais a dû couvrir son corps de la tête aux pieds. « C’est ça mon grand choc : ne voir qu’un visage et des mains. Il n’y avait rien d’autre qui existait. La costumière n’a pas lésiné sur nos habillements. On avait beaucoup d’épaisseurs. Je peux comprendre que certaines se sont senties nues quand on leur a enlevé leur long voile. » Leçon de cinéma Cette grande libération, l’actrice l’a aussi sentie dans la direction de Léa Pool. « C’était comme un cours de cinéma. Je suis habituée de tourner des séries où tu as huit, neuf ou dix épisodes pour te raconter. Là, tu as deux heures. C’était très riche. Léa ne s’en rendait pas compte, je pense, mais j’ai beaucoup aimé sa façon de diriger. Elle nous expliquait comment elle tricotait son œuvre et nous mettait en contexte pour chacune des scènes. » La cinéaste d’origine suisse n’a pas connu le Québec des années 1960 et le rejet en bloc de la religion qu’elle raconte dans son film. Était-ce un handicap ? « Au contraire, croit Valérie Blais. C’est bien parce qu’elle était neuve. Elle le racontait comme n’importe quelle autre histoire qu’elle n’a pas nécessairement vécue. » Une histoire que la comédienne – qui a récemment ajouté la profession d’humoriste à sa feuille de route – juge encore tout à fait pertinente : « En mettant mon voile, jour après jour, j’ai expérimenté toute la contrainte du corps. On n’était pas trop loin du propos avec la Charte et la laïcité. C’était très d’actualité. » LEI MARS/AVRIL 2015 LE MAGAZINE CINEPLEX 25



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