Chroniques n°65 jan/fév/mar 2013
Chroniques n°65 jan/fév/mar 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°65 de jan/fév/mar 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6,3 Mo

  • Dans ce numéro : Le livre d'heures de Jeanne de France entre à la BnF

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Dossier > Ci-dessus Pierre Guyotat dans 52 minutes dans la langue, film de Ludwig Trovato, 1989. 24 – Chroniques de la BnF – n°65 Ci-dessous Pierre Guyotat, Eden, Eden, Eden. Dactylographie corrigée. BnF, Manuscrits BnF, Manuscrits maniaco-narcissique. « Archiver » une pensée qui évolue, qui s’amplifie géographiquement ou se concentre sur l’intériorité, qui s’exalte dans les périodes de création ou se raréfie dans la dépression, s’aiguise ou reprend de l’acuité dans les grandes crises de doute ou de choix artistiques à faire. Et je pense, bien sûr, que la correspondance, qu’elle soit sur papier (lettres, billets, cartes postales…), par courriel ou texto, s’y ajoute tout naturellement et peut même donner une idée assez juste des relations professionnelles et humaines que l’archivé peut avoir dans sa vie. Par ailleurs, n’écrivant presque plus de textes manuscrits, j’envoie de moins en moins de correspondance écrite. C’est donc la correspondance informatique qui prend le dessus, et pourquoi s’en plaindre ? Ce qui compte c’est le contenu. Le reste, le manuscrit, le texte écrit à la main, c’est évidemment un témoignage et un signe extrêmement émouvant, mais c’est maintenant davantage un objet : je suis très ému quand je vois devant moi un billet signé de Louis [XIV], une lettre de la main de Marie Stuart à son beaufrère Charles IX, ou un petit morceau manuscrit de Gérard de Nerval, mais je suis encore plus ému par ce qu’ils disent et contiennent. Aussi ce nouveau mode informatique de correspondance contient à la fois ce qu’était naguère la correspondance écrite et une part de notre conversation orale : certains échanges de textos sont de véritables conversations, professionnelles ou de pur amusement. Les conversations plus profondes, on les garde pour le téléphone et peut-être pour du texte écrit. Les grandes correspondances, de Claudel et Gide, par exemple, font rêver, mais ils étaient si loin l’un de l’autre à tout point de vue. Et, tout de même, ils ont eu conscience très tôt que cette correspondance serait non seulement archivée mais encore publiée. Ce qui n’enlève rien à sa beauté et à sa générosité. Il faut être « absolument moderne », résolument. Propos recueillis par Sylvie Lisiecki Derniers ouvrages parus de Pierre Guyotat : Arrière-fond, Gallimard, 2010. Leçons sur la langue française, Léo Scheer, 2011
International > « Le numérique reconfigure les relations de coopération internationales des bibliothèques » Après un riche parcours qui l’a conduit à participer, entre autres, à la création de la bibliothèque d’Alexandrie et à diriger la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou, Gérald Grunberg dirige depuis 2008 les affaires internationales de la BnF. Entretien avec un ambassadeur passionné de la francophonie à travers le monde. Chroniques : Qu’est-ce qui a marqué l’action internationale de la BnF ces dernières années ? Gérald Grunberg : Dès 2007, Bruno Racine s’est engagé dans la CENL (Conference of European National Librarians) et dans la création de la bibliothèque numérique européenne Europeana, lancée en 2008. Grâce à la confiance de ses pairs, il a été porté à la présidence de ces deux instances en 2011. L’histoire est allée très vite : Europeana, c’est 2 200 institutions contributrices, 20 millions de documents en consultation. Actuellement, une de nos préoccupations majeures est d’augmenter la valeur ajoutée qu’elle doit démontrer, tant dans la description des contenus que dans leur organisation. Europeana doit aussi se doter d’outils multilingues qui permettront une véritable prise en compte de la diversité linguistique européenne, ce qui facilitera son utilisation dans le domaine culturel, éducatif, touristique. Enfin, il faut assurer la pérennité financière de ce grand projet européen. Tout cela n’aurait pas été possible sans de fortes relations avec les autres bibliothèques nationales d’Europe. Nous avons de longue date tissé des liens étroits avec la British Library, avec la BN d’Allemagne, et avec beaucoup d’autres comme, plus récemment, celle de la Pologne. Cette politique de fortes relations bilatérales est aussi menée au niveau mondial, comme en témoigne la création du portail France-Brésil qui réunit des documents conservés dans les bibliothèques de Rio et de Paris. La BnF est aussi très impliquée dans la défense de la francophonie… G. G. : Ce mot est inscrit en lettres d’or au fronton de la Bibliothèque, premier gisement de documents francophones au monde que nous avons pour mission de partager Photo David Paul Carr/BnF. En haut Gérald Grunberg, 2009 Ci-contre La nouvelle page d’accueil d’Europeana (projet) et de faire rayonner. Ce qui s’est affirmé depuis quelques années, c’est une conception plus ouverte et plus vivante de la francophonie : on conçoit aujourd’hui qu’il n’y a pas un seul français mais plusieurs. Et puis, surtout, la présence du français sur la toile est un garant de diversité culturelle au côté d’autres langues moins présentes encore. La BnF s’est attachée à développer un réseau francophone numérique qui fédère les centres de documentation et les bibliothèques francophones. La question des transferts de compétences et de savoir-faire est au cœur de cette action, mais aussi la solidarité, comme avec Haïti par exemple. Il existe donc aujourd’hui un début de réseau mondial des bibliothèques numériques francophones autour, notamment, de la presse francophone présente dans de très nombreux pays. C’est un des effets positifs du numérique qui reconfigure les relations de coopération, y compris internationales ! Les institutions culturelles n’échappent pas aux effets de la crise économique ; ne risque-t-elle pas de freiner, voire de remettre en cause le développement des projets ? G. G. : Si l’on regarde de près les stratégies mises en œuvre, on se rend compte que faire des choix peut être une manière d’impulser une dynamique. Le temps est venu de réfléchir à des formes de mutualisation entre bibliothèques, par exemple en matière d’acquisition ou de conservation. Je suis convaincu que de ces contraintes nouvelles naîtront de nouvelles formes d’action et de parte nariat qui vont renforcer l’action internationale de la BnF. Propos recueillis par Sylvie Lisiecki Chroniques de la BnF – n°65 – 25



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