Chroniques n°65 jan/fév/mar 2013
Chroniques n°65 jan/fév/mar 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°65 de jan/fév/mar 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6,3 Mo

  • Dans ce numéro : Le livre d'heures de Jeanne de France entre à la BnF

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Vie de la BnF > Zoom sur l’action pédagogique Le Service de l’action pédagogique accompagne depuis 1994 l’offre culturelle et documentaire de la BnF auprès des publics scolaires, au moyen de médiations diversifiées. Entre visites et ateliers, tour d’horizon des propositions. Ces dispositifs pédagogiques se déclinent selon trois axes thématiques : la bibliothèque (histoire et missions), les collections patrimoniales de la BnF et, plus largement, le patrimoine écrit, graphique, audiovisuel et numérique. L’équipe s’appuie sur des collaborations au sein de la BnF (départements de collections, de la conservation, bibliothèque numérique Gallica…) 18 – Chroniques de la BnF – n°65 BnF, © xxxxxxxxxxxxx et des partenariats à l’extérieur avec le ministère de l’Éducation nationale, des institutions culturelles, des collectivités territoriales… Le service réfléchit également en permanence aux propositions qui lui sont faites et les adapte aux programmes scolaires, en lien étroit avec les rectorats et les inspecteurs de disciplines, par le biais de conventions et de réunions de travail interacadémiques. Classes.bnf.fr : un nouveau portail d’accès aux ressources pédagogiques Ci-dessus Visite de l’exposition La légende du roi Arthur par une classe de collégiens Depuis 1996, la BnF met en ligne des ressources pédagogiques. Le site s’est progressivement étoffé et diversifié au point qu’il devenait nécessaire d’en revoir profondément la conception, tout en permettant à chacun d’y retrouver ses favoris et de distinguer rapidement les rendez-vous sur place de l’offre en ligne. Cette dernière représente plus de 70 000 pages de dossiers, 40 000 images commentées, des albums iconographiques thématiques, des documents à explorer de manière interactive, des audiovisuels, des pistes pédagogiques, des ateliers et des jeux, des chronologies, des bibliographies, des fiches pédagogiques téléchargeables, des recherches guidées dans Gallica… Le portail Classes offre désormais la possibilité de conduire des recherches fines dans les images et dans toutes les ressources. Il devient aussi possible de les partager. Un nouveau zoom offre une meilleure exploration des documents qui peuvent, d’un simple clic, être intégralement consultés dans Gallica ou commandés dans la base d’images pour d’éventuels usages commerciaux. Photo David Paul Carr/BnF. Des visites et ateliers sont proposés aux élèves, du cours préparatoire à la terminale, ainsi qu’aux classes préparatoires et de BTS, autour d’une offre permanente, qui recouvre les domaines d’excellence de la BnF : l’histoire du livre, la découverte de la bibliothèque, de ses ressources et trésors patrimoniaux. 16 000 élèves et enseignants par an Les visites proposées aux classes s’adaptent aux demandes des enseignants : visite « générale » ou « contée » de la bibliothèque, visite des globes… Les ateliers portent aussi bien sur des thèmes comme les métiers du livre au Moyen Âge ou les Unes de presse, que sur des pratiques plastiques (maquette de la bibliothèque, les formes du livre) ou théâtrales (mise en voix, mise en corps de grands textes). Certaines expositions temporaires, choisies pour leur intérêt pédagogique, font l’objet d’un accompagnement approfondi, susceptible de basculer ensuite dans l’offre permanente. Depuis la rentrée 2012, les expositions L’âge d’or des cartes marines et Cent chefs-d’œuvre de la photographie font ainsi l’objet de visites guidées, suivies d’un atelier spécifique. Ces activités s’appuient également sur des « fiches pédagogiques », rédigées à l’intention des enseignants. Disponibles sur support papier et téléchargeables sur le portail Classes.bnf.fr [lire encadré cicontre], ces documents permettent aux professeurs de mieux s’emparer du propos d’une exposition, et peuvent aussi servir de guide pour des visites libres. Enfin, des formations sont organisées pour les enseignants tout au long de l’année scolaire : stages figurant au Plan académique de formation des trois académies d’Ile-de-France, dans le cadre du développement de l’éducation artistique et culturelle, ou rencontres plus informelles, vernissages pédagogiques, visites d’expo sitions. Toutes ces formations s’appuient sur les domaines d’excel lence de la BnF, et instaurent un dialogue avec les professionnels du livre ou d’autres partenaires artistiques et culturels. Lucile Trunel
Vie de la BnF > Quand les lycéens poussent la porte de la BnF Qui sont les lycéens qui fréquentent la BnF ? Pourquoi choisissent-ils de venir y travailler et comment l’utilisent-ils ? Une enquête * met en lumière la diversité de ces publics, la variété de leurs usages et les modalités contrastées de leur appropriation des lieux. Décryptage. La bibliothèque d’étude du Haut-de-jardin est fréquentée par des lycéens qui représentent 7% de son public. La plupart vivent dans les arrondissements proches et y viennent pour réviser, notamment le bac – ils sont d’ailleurs très nombreux dans les semaines qui précèdent l’examen. Ils poussent rarement les portes de la BnF de leur propre initiative, mais plutôt initiés par un parent, un professeur, ou un pair – camarade, frère ou sœur. S’ils vont étudier en bibliothèque, c’est avant tout parce qu’ils y trouvent un contexte favorable au travail, loin de la pression constante du téléphone et de l’internet. Ils choisissent la BnF plutôt qu’une autre bibliothèque car elle est perçue comme une institution prestigieuse. « C’est la référence pour travailler », dit l’un d’eux. En opposition au CDI de leur établissement, qui est le lieu de l’école, la BnF représente un premier pas dans l’univers convoité des étudiants. Si l’architecture est perçue comme imposante, voire austère, elle est aussi jugée « classe » ; ils apprécient ses espaces, ainsi que l’élégance et le confort du cadre. Les lieux sont investis de façon différenciée selon les lycéens, ou pour un même usager selon ses besoins, variables au cours de la journée où alternent travail, détente, rencontres. Certains se servent des espaces de détente pour travailler en groupe et n’entrent pas dans les salles de lecture, d’autres, au contraire, recherchent le silence et le voisinage d’usagers studieux. Ils sont peu à consulter les ressources papier ou numériques, même si la présence des collections est appréciée car elle structure leur expérience du lieu. La BnF est aussi un lieu où peuvent se concilier efficacité du travail et lien social : on y vient pour se retrouver entre ami(e)s, pour s’entraider, parfois pour faire des rencontres. Les lycéens qui fréquentent la BnF cultivent un rapport ambivalent à leur propre statut : même s’ils sont conscients que la Bibliothèque n’a pas été conçue pour eux, ils se sentent valorisés par le fait d’y avoir accès. Et la plébiscitent dans la mesure où elle leur donne un sentiment de réassurance et leur ouvre les portes d’un futur valorisant. Sylvie Lisiecki * Étude qualitative menée par Corentin Roquebert (master de sociologie, ENS de Lyon) à partir de 88 entretiens avec 180 lycéens, sous la direction de Cécile Touitou, BnF. Ci-dessus Augustin Lesaule à la BnF Ci-dessous Jeune lycéenne dans une salle de lecture du Haut-de-jardin Photo David Paul Carr/BnF. Augustin, benjamin des lecteurs du Haut-de-jardin « Ma mère m’avait dit qu’à la BnF il y avait tout, alors, on est venu, et on a vu que j’étais trop jeune. » Le plus jeune lecteur de la Bibliothèque a obtenu le droit de s’inscrire par dérogation, car il n’a pas 16 ans, l’âge minimum requis. Il est vrai qu’Augustin Lesaule a un profil particulier : à 15 ans il est en première année de classes préparatoires de lettres au lycée Paul Valéry, après avoir « sauté » trois classes à l’école élémentaire et obtenu son bac en série littéraire. Originaire de l’Isère, il est le fils d’un professeur d’histoire et d’une institutrice qui a arrêté de travailler pour s’occuper de ses trois enfants, tous intellectuellement précoces. Le parcours scolaire d’Augustin n’a pourtant pas été un long fleuve tranquille ; comme beaucoup d’enfants « surdoués », il s’est trouvé en difficulté au collège, particulièrement en 4e, où il s’est senti rejeté par ses pairs « à cause de la différence d’âge », explique-t-il. Il suit alors les cours de 3e par correspondance avec le Cned, puis poursuit sa scolarité au lycée Michelet de Nice, qui accueille des enfants de même profil. « J’ai appris à lire à 4 ans et j’adore lire », dit-il encore. Quand on l’interroge sur ses livres favoris il répond d’abord qu’il lit « un peu tout ce qui lui tombe sous la main » et avoue une passion sans mesure pour l’auteur de fantasy Terry Pratchett, dont il a dévoré les 34 tomes des Annales du Disque-Monde, et pour la bande dessinée – De cape et de crocs – mais aussi pour Les Cavaliers de Joseph Kessel. L’avenir ? Il ne sait pas encore. Libraire, peut-être, ou pourquoi pas, bibliothécaire ? Photo Béatrice Lucchese/BnF. Chroniques de la BnF – n°65 – 19



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