Chroniques n°65 jan/fév/mar 2013
Chroniques n°65 jan/fév/mar 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°65 de jan/fév/mar 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6,3 Mo

  • Dans ce numéro : Le livre d'heures de Jeanne de France entre à la BnF

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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© collection Christophel Auditoriums > Musique et cinéma, l’art des rencontres Comment un compositeur et un cinéaste dialoguent-ils pour créer la musique d’un film ? Un nouveau cycle de débats confronte des compositeurs et des réalisateurs qui ont fait œuvre commune. Nguyen Trong Binh, journaliste et documentariste, et Frédéric Sojcher, directeur du master pro cinéma de l’Université Paris I – Sorbonne, ont conçu ce dispositif. Entretien. Chroniques : Quel est le propos de ce cycle ? Frédéric Sojcher : Ce cycle de débats a pour origine un master professionnel de cinéma. Chaque année, les étudiants préparent des débats autour d’un aspect de l’écriture filmique et, cette fois, c’est le thème « musique et cinéma » qui a été choisi. La musique participe de l’écriture filmique : il s’agit d’explorer comment des émotions peuvent être transmises à travers la rencontre entre la musique et le cinéma. Le principe est d’inviter un réalisateur et un compositeur qui ont œuvré ensemble et de les interroger sur leur travail. Les débats sont ouverts au public, enregistrés et font ensuite l’objet d’une publication. 14 – Chroniques de la BnF – n°65 Comment se passe, concrètement, l’écriture d’une musique de film ? F. S. : L’écriture d’un film est faite de plusieurs strates : le scénario, bien sûr, la mise en scène et la musique ; le spectateur reçoit tout cela globalement. Dans la réalité, la musique de film est créée dans la plupart des cas après le montage et dans un laps de temps assez court ; parfois la musique est enregistrée, et c’est une fois qu’elle est enregistrée que le réalisateur décide de l’accepter ou non. Les cinéastes n’ont-ils pas tendance à utiliser plus volontiers de la musique préexistante ? Nguyen Trong Binh : Beaucoup de compositeurs de musique de films se Affiche du film Alexandre le Bienheureux, d’Yves Robert, musique de Vladimir Cosma, 1967 plaignent qu’il y ait peu de création aujourd’hui et que les réalisateurs se tournent vers des musiques qui existent déjà. De leur côté, les jeunes réalisateurs ne connaissent pas le travail de création avec des compositeurs. Il y a donc un enjeu de création. Les cinéastes ont souvent peur de partager l’acte créateur. Ainsi Jean-Luc Godard, dans les années 1960, a-t-il voulu rompre avec l’utilisation traditionnelle de la musique au cinéma. Mais certains compositeurs y ont vu une mainmise du réalisateur sur la musique du film, et il n’a plus employé que des musiques préexistantes. Aujourd’hui, les jeunes réalisateurs hésitent à utiliser de la musique originale parce qu’ils ne connaissent pas les rapports de création avec des compositeurs. Nous espérons que si un jour nos étudiants réalisent leur rêve – faire un film – leur rapport avec la musique sera désangoissé. Propos recueillis par Sylvie Lisiecki Cycle de conférences Musique et Cinéma jeudi 17 janvier 2013 – 18 h 30 – 20 h François-Mitterrand Grand auditorium – hall Est Avec Vladimir Cosma et Pierre Richard En partenariat avec la New York University in Paris, l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, Première, l’Union des compositeurs de musiques de films et cinezik.fr La musique de film : un genre en soi Au cinéma, la musique sous-tend l’image. Dès 1930, avec l’émergence du cinéma parlant, la chanson de film devient un genre en soi. De nombreux compositeurs, issus du « domaine classique », en écrivent, tels Saint-Saëns dès 1908, Prokofiev ou Philip Glass. D’autres s’y consacrent entièrement. S’établit ainsi un rapport ténu compositeur/cinéaste : Delerue et Truffaut, Rota et Fellini. Inversement, elle tient une place prépondérante dans l’œuvre de certains cinéastes. Elle est essentielle chez Bergman (Saraband), et nourrit la narration chez Kubrick (Orange mécanique), au point de rendre indissociables images et thèmes musicaux. Enfin, le film musical connaît de très belles réalisations, notamment aux États-Unis (Wise), en France (Demy), en Inde et en Égypte. Depuis 1930, le disque constitue un média en lien avec le film et en favorise la diffusion commerciale. Ces fonds enregistrés sont présents dans les collections du département de l’Audiovisuel.
© Édouard Caupeil/Pasco. Auditoriums > Traits d’union : transmettre le théâtre La troisième saison du cycle Traits d’union se poursuit, centrée, cette fois, sur les comédiens. Joël Huthwohl, directeur du département des Arts du spectacle, s’entretient avec Lucien Attoun, directeur de Théâtre Ouvert, lieu de création dédié aux auteurs dramatiques contemporains. Joël Huthwohl : Pourquoi avoir imaginé avec la BnF ces rencontres intitulées « Traits d’union » ? Lucien Attoun : La BnF, et particulièrement le département des Arts du spectacle, travaille à la transmission de l’histoire du théâtre, art de l’éphémère par excellence. Pour Micheline Attoun et moi-même, Théâtre Ouvert participe de cette histoire. Mais un patrimoine qui n’est pas enrichi finit par vieillir et perd son sens. Pour qu’une nouvelle génération d’auteurs puisse être entendue, il faut que leurs textes soient pris en charge par des maîtres d’œuvre, en l’occurrence des metteurs en scène et des comédiens. Traits d’union est né de l’idée du passage de témoin. Comment se déroulera cette troisième saison ? L. A. : Il nous est apparu naturel que les comédiens, c’est-à-dire ceux qui prennent le parti d’apporter leur talent et leur générosité au service des textes, soient à leur tour invités. Les comédiens retenus sont liés à l’aventure de Théâtre Ouvert. Christiane Cohendy a fait partie du « noyau des comédiens ». Pendant deux mois, elle a été associée au comité de lecture de Théâtre Ouvert. Tous les jours, les comédiens venaient de onze heures à dix-huit heures pour lire des manuscrits, faire des rapports et rencontrer des auteurs pour leur donner leur avis. Ces échanges pouvaient faire naître des projets. Christiane Cohendy fut par exemple magnifique dans Madame Sarah de Madeleine Laïk. André Marcon est aussi un amateur de textes nouveaux. Autre révélation, celle de Laurent Poitrenaux à travers l’œuvre de Jean-Luc Lagarce. Il a fallu près de dix-huit ans pour que son œuvre soit reconnue, et Théâtre Ouvert a joué un rôle déterminant. Dans son journal, que nous avons lu après sa mort, Lagarce raconte que la première fois qu’il est allé « chez les Attoun », il en est reparti en pleurant. Mais il avait retravaillé son texte à la lumière de nos remarques et nous l’avons publié en tapuscrit, c’était Retour à la Citadelle. Quand François Berreur est venu nous voir au sujet de l’année Lagarce, en 2007, nous lui avons suggéré de faire un portrait. Il a alors composé à partir du journal de Lagarce un spectacle intitulé Ébauche d’un portrait qu’a magnifiquement interprété Laurent Poitrenaux. Il a eu beaucoup de succès ; le public était très ému, même les personnalités du métier les plus aguerries. À propos de Lagarce, un mot d’une filiation inattendue. C’est à moi qu’incombait de lire © Arnault Chapuis/Fedephoto. Ci-dessus Laurent Poitrenaux dans Ébauche d’un portrait de François Berreur, festival d’Avignon, 19 juillet 2011 À gauche Micheline et Lucien Attoun son premier manuscrit et d’en faire le rapport. Ma sensation a d’abord été l’agacement. Il était trop sous l’influence de Beckett et de Ionesco, même si, dans les dernières pages, se dessinait la veine plus personnelle qu’il a ensuite développée. Je connaissais Eugène Ionesco, qui venait quelquefois bavarder à la maison. Il me dit un jour qu’il en avait assez d’être étiqueté « théâtre de l’absurde » et qu’il aurait préféré être considéré comme le successeur de Labiche. Ce qui est magnifique, c’est que Lagarce a connu, en tant que metteur en scène, deux grands succès avec Labiche et avec Ionesco. Propos recueillis par Joël Huthwohl Traits d’union (saison 3) Écrire le théâtre au XX e siècle Lundi 28 janvier 2013, avec Laurent Poitrenaux – 18 h 30 – 20 h Les lundis 4, 11 & 18 février 2013 Richelieu, salle des commissions Animé par Joël Huthwohl et Lucien Attoun. En partenariat avec Théâtre Ouvert – Centre dramatique national de création. Chroniques de la BnF – n°65 – 15



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