Chroniques n°64 oct/nov/déc 2012
Chroniques n°64 oct/nov/déc 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°64 de oct/nov/déc 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 274) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : L'âge d'or des cartes marines

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Expositions > L’âge d’or des cartes marines Une partie de l’exceptionnelle collection de cartes portulans de la BnF est exposée site François-Mitterrand. Réalisées entre le XIV e et le XVIII e siècle, leur beauté comme l’univers exotique qu’elles dépeignent en font de véritables œuvres d’art, au-delà des informations qu’elles apportent sur la connaissance des mondes lointains. Un événement. Chefs-d’œuvre de la science des navigateurs, ces cartes marines enluminées sur parchemin, souvent rehaussées d’or, ont été produites entre le xiv e et le xviii e siècle. On les appelle couramment « cartes portulans » ou « portulans », par rapprochement avec l’italien portolano – qui désigne non pas une carte, mais un livre d’instructions nautiques. Ces cartes donnent la succession des ports et des havres le long des côtes, tandis que l’espace maritime compris entre celles-ci est sillonné par des lignes géographiques (lignes de rhumb) qui correspondent aux directions de la boussole. Ce système graphique permettait aux marins de s’orienter et de faire le point, en reportant sur la carte la distance qu’ils estimaient avoir parcourue. Un ailleurs réel ou fantasmé Le plus ancien portulan occidental connu daterait de la fin du xiii e siècle : c’est la fameuse « carte pisane », conservée au département des Cartes et plans de la BnF. Innovations techniques et objets scientifiques en même temps que témoignages de la quête d’un ailleurs réel ou fantasmé, les « cartes portulans » s’imposent aussi à notre regard contemporain comme de véritables œuvres d’art dont le caractère spectaculaire tient autant à leur taille, souvent imposante, qu’à leur polychromie et à leur univers exotique. 4 – Chroniques de la BnF – n°64 L’exposition de la BnF, à la fois savante et didactique, présente quatre-vingts des plus belles cartes portulans des collections nationales associées à une centaine de pièces insignes – globes, instruments astronomiques, objets d’art et d’ethnographie, animaux naturalisés, dessins, estampes et manuscrits, issus des collections de la BnF ou prêtés par d’autres établissements culturels comme le musée du quai Branly, le musée des arts asiatiques Guimet, la British Library, le Louvre, le Service historique de la Défense, la bibliothèque municipale de Lyon… Cet événement consacre l’aboutisse- © Vincennes, Service historique de la Défense. Ci-dessus Guillaume Le Testu Géants de Patagonie Cosmographie universelle, Le Havre, 1556, manuscrit enluminé sur papier. Ci-dessous Jacques de Vaulx, Fabrication et usage du nocturlabe Premières Œuvres, Le Havre, 1583, manuscrit enluminé sur vélin. ment de deux programmes de recherches triennaux : l’un, mené au département des Cartes et plans, concerne la cartographie nautique du xiii e au xviii e siècle ; l’autre, appelé MeDIan et financé par l’Agence nationale de la recherche, s’intéresse aux savoirs et aux représentations de l’océan Indien, de l’Antiquité à l’époque moderne. Il réunit des chercheurs de divers horizons : spécialistes de l’Antiquité, historiens de l’époque médiévale en terre d’islam et dans le monde latin, historiens et archéologues de l’Afrique, de l’Inde et de l’Asie du Sud-Est, et enfin, historiens de l’aventure portugaise en Asie au xvi e siècle. Une vision « européocentrée » du monde Les commissaires ont interrogé sous un angle inédit la manière dont les Européens ont entrepris de connaître et de se partager le monde ; mais aussi de quelle façon les cartes marines élaborées entre le xiv e et le xviii e siècle, en représentant de nouveaux territoires et leurs peuples, loin de donner une image objective de la réalité géographique, sont le reflet d’une vision « européocentrée » du monde. Ils reviennent également sur les conditions de navigation et le rôle des cartes ; sur les découvertes de l’Afrique, de l’océan Indien, des Amériques et du Pacifique. Ils mettent en relief l’hégémonie
BnF, Manuscrits. BnF, Cartes & plans. politique, culturelle et économique des Européens et les rivalités entre les grandes puissances maritimes. L’expo sition montre aussi la création et la diffusion d’une iconographie des Nouveaux Mondes avec leurs peuples et leurs mœurs, leurs faunes, leurs flores et leurs paysages. La première étape du parcours présente l’apparition des portulans, leurs techniques de fabrication, leurs usages et leurs utilisateurs. La deuxième partie est consacrée à une analyse du sens politique des cartes, comme manifestation de la domination et de la concurrence des grandes puissances européennes. La troisième partie, centrée sur l’océan Indien, révèle combien la cartographie marine occidentale fut tributaire d’autres types de cartes et d’autres sources d’information géographique que celles issues des explorations portugaises. Ce n’est pas dans un monde nouveau, mais dans un espace de très ancienne civilisation, que les Portugais firent irruption entre 1488 – date du contournement de l’Afrique par Bartolomeo Diaz – et 1498 – date des explorations de Vasco de Gama. Il s’agissait alors d’atteindre par de nouvelles routes les îles aux épices de l’Extrême-Orient et d’infiltrer le très riche marché contrôlé par les navigateurs arabes, persans, indiens et indonésiens. Les auteurs des cartes portulans de l’océan Indien avaient une dette à l’égard de leurs prédécesseurs : le grec Ptolémée et les cartographes arabes. Les synthèses élaborées au xv e siècle entre savoir antique, cartographie arabe et rapports de voyageurs furent ensuite complétées par les relevés des navigateurs au xvi e siècle. L’exposition tente de montrer cette concordance des sources. Une iconographie très codifiée La quatrième partie offre au regard du visiteur cinq trésors cartographiques rarement présentés au public. Dans l’ordre chronologique : « l’Atlas catalan », 1375 ; le planisphère du Génois Nicoló de Caverio, vers 1507 ; l’atlas portugais dit « Atlas Miller », 1519 ; la Cosmographie universelle du Havrais Guillaume Le Testu, 1556 ; la carte du Pacifique du Hol- Le Magnus Sinus de Ptolémée (mer de Chine orientale ou mer Jaune) Atlas Miller, de Lopo Homem, Portugal, 1519, manuscrit enluminé sur vélin. landais Hessel Gerritsz, 1622. À partir des récits des premiers découvreurs, les artistes ont mis au point une iconographie extrêmement codifiée des peuples, des plantes et des animaux. Ils ont créé des modèles récurrents que l’on retrouve dans tous les arts décoratifs de l’Ancien Régime : hommes nus, cannibales ou paisibles, esclaves ou libres ; potentats ou souverains glorieux ; scènes de chasse, bêtes sauvages et chimères, végétation luxuriante… Ces images soulignent à l’envi la polysémie des cartes portulans qui, depuis le xix e siècle, fascinent autant le spécialiste que l’amateur.C. Hofmann, J.-Y. Sarazin, E. Vagnon L’âge d’or des cartes marines. Quand l’Europe découvrait le monde Du 23 octobre 2012 au 27 janvier 2013 Site François-Mitterrand, Grande galerie Commissariat : Catherine Hofmann, Hélène Richard, Jean-Yves Sarazin, Emmanuelle Vagnon Avec le soutien de la Fondation Total et d’Esri France. En partenariat avec La Croix, l’Histoire et le Figaro Magazine. Chroniques de la BnF – n°64 – 5



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