Chroniques n°64 oct/nov/déc 2012
Chroniques n°64 oct/nov/déc 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°64 de oct/nov/déc 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 274) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : L'âge d'or des cartes marines

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Expositions > Érik Desmazières Salle Labrouste : Fragment nord-ouest, site Richelieu de la Bibliothèque nationale de France, Carnet de dessin, 1998, mine de plomb, plume et lavis d’encre de Chine. 16 – Chroniques de la BnF – n°64 BnF, Estampes et photographie © Adagp, Paris 2012. Érik Desmazières, au cœur de la Bibliothèque Une exposition site François Mitterrand présente les visions de ce graveur fasciné par les livres et les bibliothèques, auquel la BnF a passé commande d’une série de gravures lors de la rénovation du quadrilatère Richelieu. L’exposition est organisée à l’occasion de la donation, par les Amis de la BnF, d’un portfolio de six gravures sur le quadrilatère Richelieu, auxquelles ont été joints six dessins préparatoires ainsi que six épreuves rehaussées. Érik Desmazières fait également don d’un carnet comprenant une quarantaine de dessins, dont la moitié représente la salle Labrouste et ses magasins. Un Piranèse moderne Le thème des bibliothèques, qu’elles soient imaginaires ou réelles, apparaît dans l’œuvre d’Érik Desmazières en 1997, lorsqu’il illustre le texte de Jorge Luis Borges, La Bibliothèque de Babel, qui lui inspire des images de salles de lecture fantastiques dans l’architecture labyrinthique décrite par l’écrivain. Attiré par les architectures, Érik Desmazières ne pouvait qu’être fasciné par la grande salle de lecture de la Bibliothèque nationale conçue par Henri Labrouste sous le second Empire. Ses dessins, puis ses gravures à partir de 2001 proposent sa vision personnelle de cette architecture de fer et de verre tout en traduisant l’atmos phère feutrée de ce lieu habité par des lecteurs. Il insiste en particulier sur le caractère répétitif des motifs qui scandent cet espace. Dès lors, ce thème devient récurrent dans son œuvre, notamment avec les illustrations d’un texte d’Olivier Rolin sur les Globes de Coronelli, paru à l’occasion de leur restauration et de leur installation sur le site François Mitterrand, en 2005. Mais c’est avec la commande sur les magasins qu’Érik Desmazières renoue avec le bâtiment de Labrouste. Il dévoile la partie cachée de la bibliothèque, parvenant à capter le mystère de ces réserves vidées de leurs livres pour permettre leur rénovation. Nous pénétrons dans le ventre de la bibliothèque que sont ces vastes espaces de stockage éclairés par de multiples néons. « Traduire cela en dessin ne fut pas immédiat. […]. Il fallait dominer un chaos : on se pose à un endroit, on a en face de soi cet enchevêtrement de lignes invraisemblable. On commence à dessiner et c’est comme un puzzle qu’il faut mettre en place. […] C’est un espace très intéressant également du point de vue des couleurs et de la lumière qui vient de partout. J’étais sensible à l’aspect métallique, industriel, d’un Piranèse moderne. » Puis, de la bibliothèque, Érik Desmazières passe au livre, qui devient un des motifs favoris de ses natures mortes. La frontière entre la réalité et l’imaginaire tend à s’estomper dans son œuvre, qui dépasse la simple transcription minutieuse du réel, s’inscrivant ainsi dans la filiation des grands artistes visionnaires tels Piranèse ou Méryon. Reconnu internationalement dans le monde de l’estampe, l’art de Desmazières reste discret, suivi par un cercle de collectionneurs attentifs à cet artiste virtuose qui excelle à restituer l’essence des lieux et des objets. Céline Chicha-Castex Publication Érik Desmazières. Voyage au centre de la Bibliothèque Érik Desmazières et Ollivier Rollin Coédition BnF/Hazan, 39 euros Érik Desmazières, au cœur de la Bibliothèque 9 octobre – 18 novembre 2012 Site François-Mitterrand, Galerie des donateurs Commissariat : Céline Chicha-Castex
BnF, Estampes et photographie. Hors les murs > Henri Labrouste, de fer et de lumière À l’heure où le quadrilatère Richelieu connaît une rénovation sans précédent, une exposition coproduite par la Cité de l’architecture et du patrimoine, le MoMA à New York et la BnF revisite l’œuvre d’Henri Labrouste (1801-1875), architecte génial de la Bibliothèque. Considéré par les Modernes comme un précurseur pour son utilisation du métal, Henri Labrouste est l’un des rares architectes du xix e siècle dont l’œuvre n’a jamais cessé d’être admirée. Rationaliste par les solutions qu’il mettait en œuvre, constructeur de réalisations puissantes et de grande ampleur, il était aussi un décorateur raffiné et subtil. « Labrouste était à la fois un véritable classique, grand connaisseur et admirateur de l’Antiquité, et un architecte d’une audace et d’une imagination exceptionnelles. Ses œuvres puisent à des sources très diverses, mais restent d’une extraordinaire cohérence », confie Marc Le Cœur, commissaire de l’exposition pour la BnF. Les quelque 200 œuvres présentées – dessins, photo graphies anciennes, maquettes, croquis, manuscrits – dont beaucoup sont empruntées aux archives données à la BnF par sa famille, témoi gnent du parcours et de l’héritage de ce créateur hors du commun, mort à 74 ans à sa table de travail. Lauréat du premier grand prix de Rome d’architecture en 1824, Labrouste se démarque dès ses années de pensionnaire à la villa Médicis par une démarche novatrice qui irrite l’Académie des Beaux-Arts mais rallie la jeune génération des architectes autour de 1830. Plus tard, pour la bibliothèque Sainte- Geneviève, première bibliothèque publique autonome et logée dans un édifice construit sur mesure, il utilise des matériaux industriels – le fer et la fonte – ainsi que l’éclairage au gaz, nouveauté révolutionnaire qui en fait également la première bibliothèque pouvant accueillir les lecteurs le soir. Les travaux de restauration et d’agran dissement de la Bibliothèque nationale qu’il réalise ensuite développent le même type de solutions, mais dans un contexte très différent. La nouvelle salle de lecture est couverte de neuf coupoles de faïence blanche qui diffusent un éclairage zénithal. Sur les côtés, de grands paysages peints simulent des fenêtres Ci-contre Henri Labrouste, Bibliothèque Sainte-Geneviève : coupe transversale de la salle de lecture. Ci-dessus Django Reinhardt et Harry Volpe à New York, janvier 1947. Labrouste (1801-1875), architecte, la structure mise en lumière 11 octobre 2012 – 7 janvier 2013 Cité de l’architecture et du patrimoine 1, place du Trocadéro, 75016 Paris Prêts de la BnF À Paris Django Reinhardt Swing de Paris 6 octobre 2012 – 23 janvier 2013 Cité de la musique 221, avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris D.R. BnF, Audiovisuel, fonds Charles Delaunay. ouvertes sur la nature : dans cet espace à la fois vaste et intime, univers dédié à la connaissance, le savoir est assimilé à un jardin que l’on cultive. Labrouste a exercé une influence profonde sur ses contemporains et sur les générations suivantes, en France comme à l’étranger. L’exposition présente ainsi les travaux de plusieurs de ses élèves, et de nombreuses réalisations qui témoignent de sa postérité de par le monde jusqu’aux premières décennies du xx e siècle. Enfin, le visiteur pourra écouter des entretiens d’architectes et d’historiens actuels qui livrent leur point de vue sur l’œuvre de ce créateur qui fut autant un architecte du fer que de la lumière. Sylvie Lisiecki En région La France de Raymond Depardon 15 novembre 2012 - 15 février 2013 Lyon, Le Plateau, Conseil régional de la région Rhônes-Alpes Reprise de l’exposition coproduite par Magnum Photos et la BnF, présentée à l’automne 2010 sur le site François Mitterrand. Chroniques de la BnF – n°64 – 17



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