Chroniques n°63 jui/aoû/sep 2012
Chroniques n°63 jui/aoû/sep 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°63 de jui/aoû/sep 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 36,5 Mo

  • Dans ce numéro : Exposition : Wolinski, 50 ans de dessins

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Expositions > Wolinski jeu de l’oie, assiettes, poupée… Comprendre l’œuvre de Wolinski demande de la patience tant s’y multiplient les thèmes, les supports, les orientations, les styles. Neuf ensembles d’œuvres disposés en périphérie de l’exposition tentent de présenter les différentes approches graphiques de l’artiste : ses débuts de dessinateur, son regard sur lui-même et sur les femmes, les histoires qu’il raconte, sa vision de l’actua lité politique et sociétale, son travail au service de la publicité et des spectacles, son implication en tant que dessinateur de presse pour plus de quarante journaux, son travail comme illustrateur de textes littéraires comme Candide de Voltaire. Cet éclatement donne à penser, à première vue, qu’il s’agit du travail d’un homme caméléon, un touche-à-tout, un facétieux provocateur. L’organisation de chaque partie en progression chronologique fait comprendre tout autre chose ; c’est le cheminement d’une pensée qui se cherche, s’emballe, imagine, échafaude, s’oriente, se replie, se transforme, une pensée que la main met en scène et accompagne. S’élabore sous nos yeux la construction d’un univers mental, d’abord complexe et tourmenté puis apaisé, emporté dans une joyeuse farandole pour devenir plus distancié, regard porté sur la réalité d’une société en mutation et sur les personnages politiques qui participent à sa transformation. L’exposition montre, enfin, un étrange dessin animé en couleurs de Wolinski et Michel Boschet : Le Pays beau, réalisé en 1971. Ce petit film, jamais diffusé, explore la problématique récurrente de 6 – Chroniques de la BnF – n°63 Ci-dessus La Jungle, 1960, dessin original, crayon, encre de Chine, gouache blanche. l’artiste tourmenté : un homme, fuyant les flammes d’un feu galopant dans un paysage sans vie, découvre un monde paradisiaque qui devient progressivement un enfer à fuir à nouveau. Angoisse, mort, solitude, voilà bien ce que transcrit Wolinski dans son œuvre, un cauchemar intérieur que seule la compagnie apaisante des femmes peut faire oublier un moment. C’est ainsi que de nombreux dessinateurs ont réalisé, à l’occasion de ses 70 ans, son portrait en homme à femmes, séducteur et jouisseur. Alors Deux questions à… Serge Tisseron Psychiatre et dessinateur de bandes dessinées Dans le genre du dessin de presse, comment définir le style de Georges Wolinski ? Comme beaucoup de dessinateurs de presse, Wolinski s’attaque aux relations de pouvoir. Mais en faisant des relations entre les sexes le modèle de toutes les autres. Pour lui, l’homme est en recherche permanente d’un pouvoir sur ses semblables pour assouvir ses désirs, et comme le désir sexuel lui semble impérieux, il devient le paradigme de tous les autres. Du coup, la vie intime n’est plus un espace protégé du pouvoir, mais celui où il s’exerce avec le plus de crudité. Il ne faut donc pas s’étonner que Wolinski démétaphorise toutes les expressions : dès qu’il parle de « mettre son nez partout » ou de « se faire baiser », une image illustre la chose… La nudité des corps devient la métaphore de son désir de mettre à nu toutes les hypocrisies. avant de quitter l’exposition, il est recommandé de contempler les multiples visages de celui qui a fait de sa vie un jeu de cache-cache entre réel, imaginaire, fantasme et critique implacable. Martine Mauvieux Wolinski, 50 ans de dessins du 28 juin au 2 septembre 2012 Site François-Mitterrand, galerie François I er Commissariat : Martine Mauvieux En partenariat avec Le Point. Beaucoup de ses dessins sont tourmentés et son rire est souvent corrosif. Que recouvre-t-il ? C’est vrai, c’est un monde sombre dans lequel la compassion est peu présente. Et comme le pouvoir n’est jamais aussi fort que lorsqu’il se fait oublier, les créatures de Wolinski distraient leur victime en lui parlant d’autre chose, un peu comme un prestidigitateur. Chez lui, non seulement le langage semble fait pour manipuler son prochain, mais c’est aussi le cas des gestes. Ils ne sont pas au service de l’expression émotionnelle et encore moins le témoignage d’une relation authentique entre deux êtres. Mais en mettant en scène tout cela, Wolinski invite aussi à demeurer vigilant aux contradictions entre ce qui est dit d’un côté, et ce qui est fait de l’autre. Propos recueillis par Cédric Enjalbert Pour plus d’information : www.sergetisseron.com
© Wolinski. BnF, Estampes et photographie. Expositions > Vertige du corps : Étienne Bertrand Weill À travers une sélection d’œuvres conservées par la Bibliothèque nationale de France, encore enrichie grâce à la générosité de Madame Weill, une exposition présente la réflexion artistique singulière d’un photographe nourri par le spectacle vivant. Le spectacle est une musique à ses yeux. Le parcours artistique d’Étienne Bertrand Weill (1919-2001) est exemplaire du croisement fécond des langages et des formes entre photo graphie et spectacle vivant dans la deuxième moitié du xx e siècle. « Au fond, la photographie des hommes dans la vie de tous les jours, est-ce si différent de la photographie de théâtre ? L’événement se passe seulement à côté de nous. » Diplômé de l’École nationale de photographie et de cinéma en 1939, le regard qu’Étienne Bertrand Weill porte sur le théâtre du monde s’exprime d’abord par des reportages humanistes et des photographies d’architecture. Photographe attitré de Jean Arp dès 1945, il travaille avec de nombreux artistes et collabore aux revues Aujourd’hui et Architecture d’aujourd’hui ainsi qu’aux Cahiers d’Art de Christian Zervos. À la recherche de nouvelles formes d’expression, le photo graphe se tourne vers les scènes de l’avantgarde parisienne. Quand son ami Marcel Marceau le présente à Étienne Decroux, grand réformateur de l’art du mime, la rencontre est décisive. Une même recherche théorique sur le mouvement réunit les deux hommes. Leur collaboration offre au photographe un terrain d’étude privilégié pour élaborer une réflexion esthétique, encore enrichie par son travail avec la danseuse Marguerite Bougai. Pour Étienne Bertrand Weill, « la science est venue prendre le relais de la magie, et c’est avec l’aide de cette science, qui est à la fois un des sujets d’inquiétude et d’espérance des hommes, que les artistes doivent appréhender le monde de demain. » Par un savant usage de la composition, de la superposition, il fait apparaître le geste suspendu, le déséquilibre du corps, la dynamique du mouvement, l’énergie physique du spectacle. Photo graphiant de © Étienne Bertrand Weill. BnF, Arts du spectacle. Ci-contre Étienne Bertrand Weill, Autoportrait avec métaforme, ca 1962, Archives Étienne Bertrand Weill. Ci-dessous Étienne Bertrand Weill Élèves d’Étienne Decroux dans Les Arbres, 1952 © Étienne Bertrand Weill. nombreux artistes de théâtre, de mime, de danse, tels Jean-Louis Barrault, Marcel Marceau, Martha Graham, Maurice Béjart, il perfectionne un langage esthétique au plus près de la performance de l’artiste. Pour fixer la trajectoire invisible du mouvement, il s’engage dans une expérimentation formelle, photographiant des structures mobiles qu’il façonne lui-même et met en mouvement devant son objectif. Ces séries de métaformes, qu’il expose dès 1957 avec le groupe Espace, inscrivent ses créations dans l’âge d’or de l’art cinétique. En composant des métaformes sur des musiques contemporaines, il donne une nouvelle dimension à ces photographies lors de concerts spectacles et de soirées « Musique pour les yeux ». Le photographe écrit alors des partitions visuelles : le dialogue entre les métaformes projetées sur scène et la dynamique des corps en jeu propose une synthèse originale entre l’abstrait et la chair, entre la photographie, la musique, la danse et le théâtre. Joëlle Garcia Vertige du corps : Étienne Bertrand Weill photographe du 25 septembre au 18 novembre 2012 Site François-Mitterrand, Allée Julien Cain Commissariat : Cosimo Chiarelli et Joëlle Garcia En partenariat avec le Centro per la Fotografia dello Spettacolo di san Miniato (Italie) et l’Association Étienne Bertrand Weill (Jérusalem). Dans le cadre de Paris Photo et du Mois de la Photo à Paris, novembre 2012. Cette exposition a bénéficié du soutien de la Bourse Roederer et du programme Profession Culture de la BnF. Chroniques de la BnF – n°63 – 7



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