Chroniques n°63 jui/aoû/sep 2012
Chroniques n°63 jui/aoû/sep 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°63 de jui/aoû/sep 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 36,5 Mo

  • Dans ce numéro : Exposition : Wolinski, 50 ans de dessins

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Auditorium > Jean-Baptiste d’Anville, un cartographe au siècle des Lumières À travers le prisme de l’œuvre de ce grand géographe, qui a magistralement redessiné les contours du monde sans jamais quitter son cabinet de travail, un colloque organisé site Richelieu s’intéressera aux conditions de la vie savante au XVIII e siècle. Mais qui était Jean-Baptiste d’Anville (1697-1782) ? En dépit de sa statue sur la façade de l’hôtel de ville de Paris, malgré une renommée qui dépassa en son temps les frontières de l’Europe et un héritage encore vivace au xix e siècle, rares sont ceux qui connaissent aujourd’hui le nom d’un des géographes majeurs du siècle des Lumières. Ses travaux, pourtant, ont complètement renouvelé la carte, et donc, dans une certaine mesure, la face du monde… Sous sa plume, le tracé des côtes et des lieux se remodèle : d’Anville redonne ses justes dimensions à la péninsule italienne, plusieurs années avant que ses conclusions ne soient confirmées par des opérations de mesures sur le terrain. Les rivières et les villes à la localisation incertaine disparaissent de ses cartes : désormais, un grand « blanc » troue le cœur du continent africain. Les plus grands explorateurs, dont Louis- Antoine de Bougainville, comme les plus grands conquérants, tel Bonaparte, se fient plus qu’à tout autre à son autorité. Or le géographe n’étudie jamais le terrain directement. Il dresse 12 – Chroniques de la BnF – n°63 Ci-dessus Jean-Baptiste Bourguignon d’Anville, Afrique, publiée sous les auspices de Monseigneur Le Duc D’Orléans, Premier Prince du Sang, par le Sieur D’Anville, 1749, manuscrit avant gravure Ci-dessous Jean-Baptiste Bourguignon d’Anville (1697-1782), anonyme © RMN/Château de Versailles/Gérard Blot. toutes ses cartes depuis son cabinet de travail et, selon sa propre légende, n’aurait jamais quitté Paris. Il suscite par ce haut fait une fascination pour sa « méthode », qui n’est rien d’autre, cependant, que la compilation et la critique de sources antiques et modernes telle qu’elle fut pratiquée par ses prédécesseurs, mais ici poussée jusqu’à l’extrême minutie. De ce travail colossal demeure aujourd’hui une collection cartographique de près de 8 700 pièces, restée presque intacte grâce à sa cession au Roi à la mort du géographe. Témoins de son éclat, les centaines de portefeuilles grand-aigle où elle fut rangée et qui ornent aujourd’hui la salle de la réserve du département des Cartes et plans. La BnF, qui possède aussi une grande partie de ses notes et esquisses géographiques, a mis en ligne sur Gallica la totalité de sa collection de cartes. Le département des Cartes et plans soutient depuis 2010 un programme de recherche qui a permis que les manuscrits cartographiques du géographe (connus sous le nom de collection Cortambert) soient catalogués et numérisés. Par ailleurs, un blog (http:Ildanville.hypotheses.org) met à la disposition de tous les ressources électroniques concernant d’Anville, ainsi qu’un grand nombre de documents inédits provenant de différents fonds d’archives. Enfin, le colloque organisé en septembre devrait stimuler l’exploitation de ces ressources exceptionnelles. Adossées à l’étude de sa bibliothèque cartographique et de ses archives, les communications proposeront de repenser les conditions de la vie savante au siècle des Lumières, l’histoire des collections, les transferts de connaissances, les pratiques de savoir, l’économie du cartographe comme la réception des œuvres géographiques. Lucile Haguet et Catherine HofmannJean-Baptiste d’Anville, un cabinet savant à l’époque des Lumières 21 et 22 septembre 2012 – 9 h-18 h Site Richelieu, salle des commissions Sous le patronage de l’Académie des inscriptions et des belles-lettres. BnF, Cartes & Plans.
© Collection Dagli Orti/Musée de Strindberg, Stockholm/Alfredo Dagli Orti. BnF, Manuscrits. Auditorium > August Strindberg en héritage À l’occasion du centenaire de la mort de Strindberg, la BnF, l’université de la Sorbonne, celle de Stockholm et l’Institut suédois de Paris commémorent l’œuvre du dramaturge suédois en organisant une conférence internationale. Abondamment traduit et régulièrement joué dans notre pays de son vivant, August Strindberg (1849- 1912), dramaturge, romancier, essayiste, botaniste, chimiste, peintre, photographe, entretient un rapport très particulier avec la France, où il séjourne régulièrement dans les années 1880 et 1890. Strindberg jouit en effet d’une double identité de prime abord assez surprenante : l’écrivain suédois est aussi un écrivain francophone. Même si ses années françaises sont pour lui une époque extrêmement troublée tant sur le plan créateur que personnel, Strindberg aime la France, Paris, la langue et la littérature françaises, dont il a une connaissance approfondie. Parfois en butte à l’hostilité de ses com patriotes (qui vont jusqu’à le traîner devant les tribunaux suédois pour blasphème lors de la publication de son recueil de nouvelles Les Mariés), Strindberg voit son œuvre – notamment son théâtre – accueillie avec enthousiasme par le public français, et rêve de « mettre Paris à ses pieds ». Un testament français ? À l’instar d’autres de ses contemporains scandinaves, Paris devient pour lui un laboratoire, autant scientifique (il mène un certain nombre de recherches scientifiques à la Sorbonne) que littéraire, le symbole autant que le prétexte à la « percée moderne », à la mise en place de nouveaux paradigmes littéraires et artistiques. Strindberg publie un certain nombre d’articles rédigés directement dans notre langue dans la presse française, notamment dans L’Écho de Paris, et écrit une partie de son œuvre directement en français, la faisant également publier dans l’Hexagone. Le Plaidoyer Ci-dessus Lettre d’August Strindberg à Émile Zola, datée du 29 août 1887 Ci-contre Photographie d’époque d’August Strindberg d’un fou et Inferno sont les exemples les plus connus de l’œuvre francophone de Strindberg, ce dernier récit marquant un tournant dans sa production artistique et scientifique, à partir duquel certains écrits apparaissent comme des testaments. Un héritage aux multiples facettes Strindberg, à sa mort, laisse un héritage immense, tant dans le domaine épistémologique qu’esthétique. Sa figure continue d’interpeller aujour d’hui, tant dans le domaine du théâtre d’avant-garde que de la spiritualité, l’écologie, ou dans les débats actuels autour de la dimension culturelle du « modèle suédois ». L’empreinte qu’il a laissée en France est considérable, Strindberg ayant été, dès l’époque d’André Antoine et Lugné-Poe, ses découvreurs du Paris des années 1890, jusqu’à Antoine Vitez en passant par Antonin Artaud et Jean Vilar, une source d’inspiration et de questionnement pour les universitaires, traducteurs, écrivains, dramaturges, metteurs en scène et acteurs français. La conférence, et particulièrement la journée organisée à la BnF, permettra d’étudier le caractère testamentaire d’un certain nombre d’œuvres du dernier Strindberg, et d’examiner les diverses facettes de l’héritage strindbergien, la manière dont celuici a été reçu, conservé, réapproprié et transmis. Anna Svenbro Strindberg en héritage 27 septembre - 9h - 18h Université Paris-Sorbonne, Maison de la Recherche 28 septembre BnF, site François-Mitterrand, petit auditorium 29 septembre Fondation Grez-sur-Loing pour plus d’informations : http:Ilwww.crlc.paris-sorbonne.fr Chroniques de la BnF – n°62 – 13



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