Chroniques n°62 avr/mai/jui 2012
Chroniques n°62 avr/mai/jui 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°62 de avr/mai/jui 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 7,9 Mo

  • Dans ce numéro : Spécial presse

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Collections > René Girard, penseur de la violence et du religieux Membre de l’Académie française depuis 2005, professeur émérite en littérature comparée à l’université de Stanford, René Girard est l’auteur de nombreux ouvrages qui ont marqué la théorie anthropologique. Il dépose aujourd’hui ses archives au département des Manuscrits. Fils du conservateur de la bibliothèque et du musée Calvet à Avignon, René Girard étudie à l’École nationale des chartes de 1943 à 1947 où il soutient sa thèse d’archiviste paléographe sur « La vie privée à Avignon dans la seconde moitié du xv e siècle ». Dès 1947 il bifurque et s’installe aux États-Unis où il effectue la totalité de sa carrière universitaire. Après un doctorat d’histoire en 1950 à l’université d’Indiana, il enseigne à Johns Hopkins et Buffalo, et termine sa carrière académique à Stanford, de 1980 à 1995. Une pensée transdisciplinaire Dans son premier livre publié en 1961, Mensonge romantique et vérité romanesque, il expose sa théorie du désir mimétique à partir des grandes œuvres romanesques de la littérature occidentale, de Cervantès à Proust. Avec La Violence et le sacré (1972), il élargit sa réflexion au phénomène religieux archaïque en analysant le mécanisme victimaire et sacrificiel. En 1978, paraît Des choses cachées 24 – Chroniques de la BnF – n°62 depuis la fondation du monde, vaste exposé de sa pensée sous forme d’entre tiens avec les psychiatres Jean- Michel Oughourlian et Guy Lefort. René Girard y précise, notamment, l’importance qu’eut pour lui la lecture des textes bibliques. En 2008, avec Achever Clausewitz, série d’entretiens avec Benoît Chantre, il propose une réflexion sur la violence, en prolongement des théories mimétiques. Aujourd’hui docteur honoris causa de plusieurs universités, René Girard a déployé au cours des quarante dernières années une pensée profondément transdisciplinaire qui a exercé une grande influence dans les domaines de la théorie littéraire et des sciences humaines, tant en France qu’à l’étranger. Le fonds qui fait son entrée au département des Manuscrits témoigne de la richesse de ce parcours intellectuel. La genèse des grands essais de René Girard est documentée par de nombreux dossiers : fragments préparatoires à La Violence et le sacré, volumineux travail de mise au point du texte Des choses cachées depuis la © Frédéric Poletti/Opale. À gauche René Girard Ci-dessus René Girard, Le Bouc émissaire chapitre 1 fondation du monde, copie préparée pour l’impression de La Route antique des hommes pervers, ensemble de notes et de versions successives pour S hakespeare : les feux de l’envie… Un constant aller-retour franco-américain Pour Le Bouc émissaire, publié en 1982, le fonds conserve une première version dactylographiée très corrigée, elle-même vraisembla blement issue de plusieurs strates antérieures, complétée par la dactylographie définitive, avec le découpage en chapitres. Les conférences prononcées par René Girard lors de colloques et de séminaires internationaux constituent un autre aspect de la diffusion de ses idées, comme l’attestent les très nombreux dossiers de préparation de ses textes, pour la période 1980-1990 tout particulièrement. Enfin, les contributions de René Girard à des revues et des ouvrages collectifs sont représentées par un vaste ensemble d’archives composées de dactylographies originales d’articles et de tirés à part. Citons le « Tocqueville and Stendhal », paru dans The American Magazine of the French Legion of Honor, en 1960, exemple de cet allerretour franco-américain continu dont se nourrit en profondeur la pensée de René Girard, par-delà les péripéties de la réception de l’œuvre de ce côtéci de l’Atlantique. Guillaume Fau BnF, Manuscrits.
La plus ancienne collection de papyrus de France Un ensemble inédit de papyrus égyptiens vient d’être inventorié et numérisé. Le Département des Manuscrits abrite une collection de plus de deux cents papyrus égyptiens, longtemps restée dans l’ombre, en l’absence d’un catalogue exhaustif ou d’un spécialiste à demeure. En tant que chargée de recherches documentaires (possibilité offerte à un normalien agrégé durant ses années de thèse, en sus d’une charge d’enseignement à l’université), j’ai eu l’opportunité de rédiger l’inventaire et de décrire de façon détaillée ce fonds largement inédit. Les notices viennent d’être versées dans le catalogue en ligne BnF Archives et manuscrits. Les manuscrits numérisés sont en outre consultables sur Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF. La collection compte des pièces célèbres et de premier ordre, comme le papyrus Prisse (que les visiteurs ont pu admirer lors de l’exposition consacrée à Prisse d’Avennes au printemps 2011), l’un des plus anciens manuscrits littéraires de l’Égypte ancienne (vers 1800 av. J.-C.) ou le papyrus Cadet, un Livre des Morts de l’époque ptolémaïque (332-30 av. J.-C.), long de 9,20m, publié dans la Description de l’Égypte (1812), avant même le déchiffrement des hiéroglyphes en 1822. À cette époque, le cabinet des Médailles est l’un des centres de l’égyptologie européenne et possède un riche ensemble d’antiquités égyptiennes. Après la rationalisation des collections et des musées parisiens, les objets gagnent le musée du Louvre et les papyrus sont transférés au Département des Manuscrits. Le travail mené à bien a été l’occasion de (re)découvrir cet ensemble unique. De nombreux manuscrits inédits ont été étudiés, comme le Livre des Morts d’Ankhesenaset. BnF, Manuscrits. International > Chloé Ragazzoli Ci-contre A. Dubois Remarques sur l’Acanthoglossus bruynii – Bulletin de la Société zoologique de France 6, 1881 Ci-dessous Fragments du Livre des Morts d’Ankhesenaset sur papyrus BnF, Sciences et techniques. Un programme de numérisation européen sur la biodiversité Onze institutions européennes collaborent à la construction d’une bibliothèque numérique spécialisée dans les publications dans le domaine de la botanique et de la zoologie. En étroite association avec la bibliothèque du Muséum national d’histoire naturelle, la BnF participe à la construction d’une bibliothèque numérique spécialisée, riche de plusieurs millions de pages apportées par onze partenaires issus de neuf pays différents. L’objectif est de faciliter le travail des chercheurs travaillant dans le domaine de la taxonomie et d’offrir à un large public d’amateurs une collection de textes et d’illustrations botaniques et zoologiques unique sur le continent. Ce travail collaboratif (Biodiversity Heritage Library Europe) est financé par la Commission européenne, qui soutient ainsi l’enrichissement de la bibliothèque numérique européenne, Europeana. Les documents publiés dans toutes les langues de l’Europe sont numérisés par les différentes institutions partenaires (musées d’histoire naturelle, jardins botaniques, musées nationaux, universités…). Ils font l’objet d’une océrisation qui permettra la construction d’un index multilingue de noms d’espèces (les taxons) afin de reconstituer l’histoire de la découverte et de l’identification de la faune et de la flore du monde entier. Concentrés sur l’aire linguistique francophone, le Muséum d’histoire naturelle et la BnF ont fait le choix de la numérisation d’importantes publications scientifiques du xviii e au xx e siècle, qui viennent ainsi compléter les importants fonds numérisés par les autres partenaires. La BnF, qui prévoit de numériser 500 000 pages, a traité en priorité une partie des revues les plus importantes éditées en France. En dépit du souci de complétude qui l’anime par rapport à la numérisation de ses collections, elle a toutefois dû tenir compte de la législation sur le droit d’auteur, et en conséquence renoncer à quelques titres au-delà de l’année 1930. Actuellement, une dizaine de revues totalisant 391 000 pages ont d’ores et déjà été livrées à BHL Europe et sont en ligne sur Gallica, parmi lesquelles la Revue générale de botanique (Paris : Klincksieck, 1889-198…). Hervé Colinmaire Chroniques de la BnF – n°62 – 25



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