Chroniques n°62 avr/mai/jui 2012
Chroniques n°62 avr/mai/jui 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°62 de avr/mai/jui 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 7,9 Mo

  • Dans ce numéro : Spécial presse

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Mécénat > Louis Rœderer, mécène engagé Depuis bientôt dix ans, Champagne Louis Rœderer soutient l’action de la BnF à travers un mécénat constant et généreux, et le démontre une nouvelle fois en s’associant à l’exposition Joel-Peter Witkin – Enfer ou Ciel. Entretien avec Frédéric Rouzaud, son directeur général, et Michel Janneau, directeur général adjoint. Comment ce partenariat avec la BnF a-t-il commencé ? Michel Janneau : En 2003, au cours d’un déjeuner avec des responsables de la Bibliothèque, j’ai appris l’existence d’une magnifique collection de photographies – cinq millions d’images ! – qui était conservée dans les sous-sols de la bibliothèque Richelieu. La BnF n’avait pas le moindre budget pour la faire connaître et la valoriser. Je suis rentré à Reims dans un état d’extrême excitation : il me paraissait évident qu’il fallait aider la Bibliothèque à mettre en valeur ce fonds. Depuis, nous avons participé à l’organisation de nombreuses expositions, à la galerie de Richelieu principalement. Nous avons également créé il y a quelques années la Bourse de recherche photographique Louis Rœderer, qui a beaucoup intéressé les journalistes. J’ai toujours été très touché par la façon dont la BnF appréciait notre présence en tant que mécènes et nous avons construit une vraie amitié avec les équipes de la Bibliothèque. Quel bilan faites-vous de cette action ? Frédéric Rouzaud : Un bilan très positif ! Et puis, dix ans pour Louis Rœderer ce n’est rien ! Quand on plante une vigne, la récolte vient au Ci-dessus Frédéric Rouzaud reçoit du ministre Frédéric Mitterrand la distinction de Grand Mécène de la culture, 2010 Ci-dessous Michel Janneau et la lauréate de la bourse Roederer, septembre 2011 Photo David Paul Carr/BnF. « Nous voyons comme une chance que Louis Rœderer puisse être associé à des œuvres qui font débat, qui peuvent être adorées ou détestées. » bout de cinq ans, on laisse vieillir le vin pendant dix ans… Nous sommes dans des échelles de temps différentes. Par ailleurs nous sommes très heureux de participer au mécénat de cette institution prestigieuse au travers de ses collections photographiques, parce que cet art est à la fois moderne et accessible au plus grand nombre. Vous avez reçu en 2010 la distinction de Grand Mécène de la culture en reconnaissance des efforts consentis par la maison Rœderer en faveur de la BnF… F. R. : Et j’en suis très fier ! Bien entendu cela nous encourage à continuer, au point que nous venons de créer la Fondation Louis Rœderer, pour inscrire encore davantage notre mécénat dans le long terme ; il bénéficiera ainsi d’un budget propre et d’une équipe dédiée. Nous voulons aussi donner une meilleure visibilité à notre action et l’ouvrir à d’autres projets. Vous mécénez l’exposition Joel-Peter Witkin. Comment s’effectue le choix des expositions que vous soutenez ? M. J. : Nous avons une confiance absolue dans les choix et dans la programmation de la Bibliothèque. Et nous voyons comme une chance que Louis Rœderer puisse être associé à des œuvres qui font débat, qui peuvent être adorées ou détestées. F. R. : Ce mécénat a du sens pour nous, et aussi des vertus internes. Nous sommes des artisans du vin : nous accomplissons un travail méticuleux, de précision, de rigueur et de création puisque nous créons un nouveau vin chaque année. Nous n’avons pas la prétention d’être des artistes, mais nous rapprocher de l’art est une source d’inspiration pour les gens qui travaillent dans la maison. Propos recueillis par Sylvie Lisiecki Photo Didier Plowy/Ministère de la Culture.
Prêts de la BnF Dans sa démarche d’ouverture à un plus large public, la BnF poursuit sa politique de prêts à des expositions extérieures. Cette action se renforce parfois par des partenariats noués en France ou à l’étranger, donnant lieu à d’importantes manifestations. À Paris La modernité avant le moderne : les photographies du cercle de Le Gray Prêts de 32 photographies du département des Estampes et de la photographie. Du 3 avril au 18 juin 2012 Paris, MEP (Maison Européenne de la photographie). En région Markus Raetz, estampes et sculptures. Présentation de l’exposition de la BnF Du 22 mars au 11 juin 2012 Tourcoing, Musée MUba Eugène Leroy, © ADAGP, 2012. BnF, Estampes et photographie. Hors les murs > L’Envers du décor Prêts du département des Arts du spectacle, de la BMO et du département des Estampes et de la photographie. Du 27 janvier au 20 mai 2012 Moulins, Centre du costume de scène. À l’étranger Alexandre Kojève (1902-1968) Prêt du département des Estampes et de la photographie. Du 19 mai au 15 juillet 2012 Pays-Bas, Utrecht, BAK (Basis voor Actuele Kunst) Plaisirs de France – Art et culture français de la Renaissance à aujourd’hui Exposition organisée par la RMN Grand Palais. 100 estampes du département des Estampes et de la photographie (représentant 80% des œuvres exposées) Du 9 mars au 9 mai 2012 Azerbaïdjan. Bakou. Musée des Beaux-Arts. Du 31 mai au 29 juillet 2012 Kazakhstan, Almaty, musée des Beaux-Arts À gauche Markus Raetz Sinne II, aquatinte en couleur, 1987 À droite Gaston Fébus, Le Livre de la chasse, vers 1390 BnF, Manuscrits. Gaston Fébus en son château de Pau Fin politique et administrateur hors pair, Gaston Fébus rêvait de constituer un état pyrénéen autour de ses comtés de Foix et de Béarn: il sut les tenir à l’abri des conflits à l’entour (France, Angleterre, Aragon). Prince chasseur et lettré, il prit modèle sur le Livre de fauconnerie de Frédéric II de Hohenstaufen pour rédiger à partir de 1387 son Livre de la chasse. Originale, sa description des animaux fait figure de premier traité scientifique, accompagné de larges miniatures en forme de planches zoologiques. Se faisant nommer Fébus, du nom du dieu antique, il a semblé poursuivi par un destin malheureux : répudiation de sa femme Agnès de Navarre, meurtre de son fils, crime mystérieux évoqué dans le Livre des Oraisons… Quatre institutions (BnF, Archives nationales, musée de Cluny, musée du Château de Pau) ont associé leurs efforts pour présenter cette personnalité lumineuse et inquiétante, d’abord au musée de Cluny à Paris, puis au musée du Château de Pau. Deux rarissimes manuscrits du poète Valenciennois Jean Froissart (Dit du Florin et Meliador) évoqueront les soirées du château Moncade à Orthez où le prince soupait en écoutant chansons, poésie et « entremets », dans la salle du château illuminée de tant de torches que l’on se serait cru au paradis. Le prince était fastueux, mais il fut assez avare pour ne pas acheter à Froissart son manuscrit de Meliador, le roman « du chevalier au soleil d’or », dont il lui avait lu sept feuillets tous les soirs, à l’automne de 1388. Le Dit du Florin sera présenté à côté des deux florins d’or de Gaston Fébus. La BnF présente également un manuscrit mythique du Livre de la chasse, l’exemplaire même de Gaston Fébus, dont il supervisa la confection en Avignon et qu’il fit illustrer de dessins en grisaille par Jean de Toulouse : brame du cerf, bouquetins bondissant dans les montagnes, rennes aux larges palmures, des animaux croqués sur le vif comme on n’en avait jamais vu auparavant dans les manuscrits. Pour la première fois se trouveront réunis quelques-uns des manuscrits qui figuraient dans la bibliothèque de Fébus : un exemplaire italien des Faits des Romains côtoiera deux ouvrages scientifiques latins traduits en occitan (Livre des propriétés des choses de Barthélémy l’Anglais et Chirurgie d’Albucassis). Enfin on pourra admirer, à côté du masque de marbre de la reine Jeanne de Navarre, prêté par le musée du Louvre, son merveilleux Livre d’heures, illustré par Jean Le Noir et Mahiet. Marie-Hélène Tesnière Gaston Fébus (1331-1391) Du 17 mars au 17 juin 2012 Pau, Musée du château Chroniques de la BnF – n°62 – 19



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