Chroniques n°62 avr/mai/jui 2012
Chroniques n°62 avr/mai/jui 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°62 de avr/mai/jui 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 7,9 Mo

  • Dans ce numéro : Spécial presse

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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spécial presse > exposition Data journalisme, l’information à l’épreuve des chiffres Le journalisme de demain est déjà là. Data journaliste pour le site d’information technophile owni.fr, Julien Gœtz en incarne l’un des nouveaux visages. Il explique la visée de cette nouvelle pratique : rendre accessibles au plus grand nombre des données complexes. Ou comment l’inflation d’informations suscite l’innovation journalistique. Que faut-il entendre par data journalisme ? Julien Gœtz : D’abord une façon de faire du journalisme autrement, grâce aux outils offerts par les nouvelles technologies. Avec Internet se produit un afflux de données que l’outil informatique nous donne les moyens de sélectionner, de traiter, puis de donner à comprendre. Grâce à une visualisation séduisante, et le plus souvent interactive, les sujets les plus complexes gagnent en lisibilité. Depuis le milieu des années 2000, le New York Times et le Guardian sont à la pointe dans ce domaine. Ce nouveau type de journalisme requiert-il des compétences techniques très pointues ? J. G. : Le data journalisme réclame une connaissance des statistiques, des mathématiques et du numérique, qui peut être partagée : il préfigure la 10 – Chroniques de la BnF – n°62 néces saire collaboration entre journalistes, développeurs et graphistes. Pour créer une application capable de traiter les données sélectionnées par le journaliste, celui-ci peut faire appel à un développeur. Et demander à un graphiste de concevoir l’inter face permettant de visualiser ces données. Les data journalistes doivent prendre conscience du potentiel de l’outil informatique, savoir par exemple qu’ils disposent des Google Maps pour visualiser des données sur une carte, ou des Google Charts pour créer des graphiques facilement. D’où vient le mouvement actuel de libération des données publiques (ou open data) que symbolise l’ouverture de data.gouv.fr, en décembre 2011 ? J. G. : Des usagers. De plus en plus, ils réclament le libre accès aux données À droite Numérisation de la presse à la BnF Ci-dessous Dessin de Deligne paru dans La Croix le 23 octobre 2010 © Deligne. stockées par les organismes publics. Par exemple, sur cette plate-forme initiée par le gouvernement français, ça peut être des données pratiques – sur les horaires des trains ou les permanences d’accès aux droits, mais aussi des informations sur les dépenses de santé ou le budget de l’État. Certaines étaient déjà accessibles, mais disséminées. En cette période de campagne présidentielle où les hommes politiques citent beaucoup de chiffres, une libération des données de vaste ampleur faciliterait aussi le travail des data journalistes : ils pourraient presque en un seul clic vérifier la véracité de leurs déclarations ! Propos recueillis par Bertrand Dommergue Conférence internationale La Bibliothèque nationale de France, la Section Journaux et le programme PAC (Préservation et Conservation) de l’IFLA (Fédération internationale des bibliothécaires et institutions) organisent la Conférence internationale 2012 de la Section Journaux de l’IFLA. Son thème : Numérisation et conservation de la presse : nouvelles perspectives, acteurs, pratiques documentaires, usages et modèles économiques. 11-13 avril 2012 Site François-Mitterrand, Grand auditorium. Les Rencontres du Labo Réinventer le journalisme avec Internet : Data journalisme, fact-checking et nouvelles écritures numériques Avec Julien Goetz, journaliste de projets à owni.fr programme complet : voir agenda mercredi 6 juin 2012 – 18 h 30-20 h Site François-Mitterrand Petit auditorium — hall Est
Numérisation de la presse : bilan d’étape Les collections de presse sont parmi les plus consultées de la BnF. La fragilité de ces supports a incité la Bibliothèque à entreprendre, dès les années 1960, des programmes de sauvegarde et de reproduction, d’abord par microfilmage puis par numérisation. Où en est-on aujourd’hui ? En 2006, la BnF s’est engagée dans un plan quinquennal ambitieux de numérisation de la presse 1. L’objectif affiché était de répondre aux attentes de la communauté scientifique en facilitant la consultation de la presse à travers Gallica tout en œuvrant à la conservation de la collection microfilmée très sollicitée. Riche de près de trois millions de pages, ce corpus a incontestablement rencontré son public, au-delà de la seule sphère universitaire. Parmi les documents les plus consultés, figurent ainsi de nombreux titres du programme, ce qui atteste d’un intérêt auprès du grand public. Ce constat a conduit la BnF à poursuivre ses efforts de numérisation des collections de presse sans équivalent détenues par l’établissement. Numérisation de masse Tout d’abord, ce sont plus de 600 titres de presse (dont de nombreuses revues ou hebdomadaires) qui ont été numérisés dans le cadre du marché de numérisation de masse. Ces titres sont désormais disponibles dans Gallica mais souffrent d’un manque de visibilité auquel la bibliothèque tente actuellement de remédier. Pour autant, la numérisation de la presse ne se limite pas à une politique de valorisation mais s’inscrit plus profondément dans une démarche générale de conservation d’autant plus nécessaire que ces documents sont particulièrement fragiles (forte acidité du papier, mauvaise qualité de l’encrage, etc.). C’est ainsi que, chaque année, la BnF numérise au titre de la sauvegarde un nombre notable de fascicules de presse : 50 000 images ont été reproduites en 2011, 100 000 images le seront en 2012. La presse illustrée en couleurs est particulièrement adaptée à cette filière, qui s’attache également à répondre à des besoins spécifiques émanant des chercheurs. Certains titres, dont l’état matériel ne permet plus la communication des originaux papier redeviennent ainsi accessibles aux lecteurs. Par ailleurs, toujours dans cette optique de sauvegarde, le microfilmage des collections s’effectue depuis plusieurs années dans des standards dits de pré-numérisation. Cela permettra, dans les années à venir, de numériser rapidement de larges pans des collections de presse : presse issue des anciennes colonies, presse satirique, presse féministe, etc. Nouveaux programmes Enfin, la BnF a lancé depuis juillet 2011 un nouveau marché de numérisation de la presse. À raison de 200 000 pages par an, il s’agit d’achever dans un premier temps la numérisation des titres prévus dans le programme précédent (La Lanterne, Gil Blas…) puis, dans un second temps, de poursuivre le projet avec d’autres titres de presse quotidienne nationale (Le Journal, Le xix e siècle) et régionale (Le Radical de Marseille, L’Écho du Nord) et sans doute quelques titres plus spécifiques issus de la presse des anciennes colonies, de la presse de l’immigration, ou encore de la presse de la Commune. Sélectionnés pour couvrir un large spectre, ces titres intéresseront un public grandissant, de chercheurs et d’amateurs, à mesure que se développera et s’améliorera la possibilité de recherche plein-texte à l’intérieur du corpus ainsi qu’une éditorialisation du contenu. Benjamin Prémel 1. Pour plus d’informations sur ce programme, vous pouvez consulter l’article de la revue Le Temps des médias accessible à l’adresse suivante : http:Ilwww.cairn.info/revue-le-tempsdes-medias-2007-1-page-267.htm Photo David Paul Carr/BnF.



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