Chroniques n°61 jan/fév/mar 2012
Chroniques n°61 jan/fév/mar 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°61 de jan/fév/mar 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6,5 Mo

  • Dans ce numéro : Bibliothèques : faut-il avoir peur du numérique ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Bibliothèque royale de Belgique, Manuscrits. Expositions > Miniatures flamandes Une section est, par exemple, consacrée aux grisailles, technique très prisée à la cour de Bourgogne : exercices de virtuosité pour les artistes, ces images exploitent toute la gamme des gris et des blancs, rehaussés d’or et parfois de couleurs pour les carnations ou pour le ciel. De nouveaux artistes identifiés L’identité des artistes n’est pas toujours passée à la postérité. En effet, bien que l’on dispose grâce aux sources corporatives ou échevinales de très nombreux noms d’artistes, on est le plus souvent incapable de les rapporter à des manuscrits car les miniaturistes ne signent pas leurs œuvres. Ils portent donc souvent des noms de convention, forgés sur celui du commanditaire, tel « le Maître de Wavrin », ou sur une caractéristique de leur style, tel « le Maître aux grisailles fleurdelisées ». Les livres de comptes ou les quittances émanant de l’administration ducale résolvent parfois la difficulté. « Nos recherches nous ont permis d’identifier un maître comme Philippe de Mazerolles, explique Pascal Schandel, l’un des deux commissaires de l’exposition. Français d’origine installé à Bruges, il avait le titre – honorifique – de valet de chambre de Charles le Téméraire. L’analyse croisée des archives ducales et de manuscrits divers a permis de retrouver son corpus, mais il a fallu pour cela modifier la focale du questionnement ordinaire, étudier le décor secondaire, autant sinon plus que les miniatures elles-mêmes. » Son rôle était celui d’un maître d’œuvre, il recourait à d’autres artistes parfois plus novateurs, mais imprimait son style en peignant les bordures, comme par exemple pour les ordonnances militaires de Charles le Téméraire. Des œuvres jusque-là inconnues ont Analyse d’une œuvre Philippe le Bon recevant l’hommage des Chroniques de Hainaut Ci-dessus Grotesque du Livre des propriétés des choses, enlumineur : atelier du Maître d’Antoine de Bourgogne, vers 1465-1475 Ci-contre Jacques de Guise, Chroniques de Hainaut : Philippe le Bon recevant en conseil l’hommage des Chroniques de Hainaut, Rogier Van der Weyden, 1446 L’homme vêtu de noir au centre de l’image est Philippe le Bon, duc de Bourgogne, avec dans sa proximité le jeune Charles, son unique héritier, celui que la postérité appellera le Téméraire. L’assemblée est composée de personnages choisis qui, ensemble, forment le conseil ducal. Sur la gauche, les légistes et gens de robes, les piliers de l’appareil administratif. En bleu, accoudé au trône, le chancelier Rolin, qui a la garde des Sceaux mais dont le pouvoir et le prestige dépassent la fonction. À ses côtés, vêtu de rouge, Jean Chevrot, évêque de Tournai et chef du conseil. Derrière eux, probablement Guy Guilbaut, maître de la chambre des comptes de Lille. À l’opposé, les nobles de haut rang qui exhibent tous le collier de la Toison d’or, réservé à l’élite de la noblesse. Les uns et les autres constituent ensemble le conseil qui gère les affaires de l’État bourguignon. Simon Nockart, haut fonctionnaire du Hainaut, est figuré faisant don des Chroniques de Hainaut. L’image, qui s’apparente à un hommage vassalique, fut peinte en 1446 par Rogier Van der Weyden, dont on ne connaît pas d’autres miniatures. Elle prend place au cœur de l’exposition parisienne. 6 – Chroniques de la BnF – n°61 également pu être attribuées, notamment dans les fonds de la Bibliothèque de l’Arsenal. « Nous voulions montrer des manuscrits méconnus, explique Ilona Hans-Collas, l’autre commissaire de l’exposition. Par exemple, ce tout petit livre d’heures du « Maître du livre de prières de Dresde », pas plus haut que la paume de la main. Nous avons été soucieux aussi de faire découvrir des artistes que nous avons pu localiser. Depuis quelques années, la cartographie de l’enluminure flamande a sensiblement évolué et l’exposition en rend compte. » Les personnalités artistiques majeures de l’époque sont présentées dans une « galerie d’artistes » par affinités stylistiques, laissant les « peintres de livres » défendre leurs couleurs. Au visiteur de se laisser aller au jeu des confrontations et de terminer son cheminement par l’espace de consultation muni de bornes multimédias où chacun peut librement aller plus loin. Sylvie Lisiecki Catalogue : Miniatures flamandes, 1404-1482 sous la direction de Bernard Bousmanne et de Thierry Delcourt avec la collaboration d’Ilona Hans-Collas, Pascal Schandel, Michiel Verweij et Céline Van Hoorebeeck, coédition BNF/KBR. Miniatures flamandes 1404-1482 6 mars – 10 juin 2012 Site François-Mitterrand Commissaires : Ilona Hans-Collas et Pascal Schandel Exposition virtuelle : expositions.bnf.fr BnF, Manuscrits.
BnF, Bibliothèque-musée de l’Opéra. Expositions > La Belle Époque de massenet Jules Massenet, décédé il y a tout juste cent ans, a dominé la scène lyrique française. La Bibliothèque-musée de l’Opéra rend hommage à un artiste complet, qui a su marier tradition et innovation. Après de brillantes études musicales, Jules Massenet (1842-1912) remporte le Premier Grand Prix de Rome en 1863. C’est son premier éditeur, Georges Hartmann, qui lui ouvre les portes d’une carrière théâtrale en faisant créer à ses frais, en 1873 au Théâtre de l’Odéon, son « drame sacré » Marie-Magdeleine. L’œuvre est un triomphe. Élu à l’Académie des Beaux-Arts en 1878, Massenet domine jusqu’à sa mort la scène lyrique française. Cependant, en dépit d’un parcours brillant, l’homme reste une énigme. En effet, Massenet peut apparaître comme un personnage mondain et superficiel, un homme à femmes, un compositeur officiel aimant pardessus tout le succès et les honneurs. Pourtant, derrière cette image que ses détracteurs ont diffusée à l’envi, il se révèle un homme torturé, un anxieux qui n’ose pas assister aux premières de ses œuvres, un homme superstitieux qui évite de donner le chiffre 13 à l’un des feuillets de ses manuscrits, et un travailleur impénitent… Un homme de théâtre accompli Au travers d’une centaine de pièces – tableaux, dessins, maquettes de décors et de costumes, partitions, photographies, costumes… – provenant notamment des collections de la BnF, de l’Opéra national de Paris et du Centre national du costume de scène de Moulins, cette exposition célèbre le centenaire de la mort de celui qui a réussi au théâtre une synthèse unique des arts et de la musique. Car loin de se cantonner à son rôle de compositeur, il s’intéresse à tout et impose sa vision picturale et scénographique aux directeurs de théâtre, aux décorateurs et aux metteurs en scène. Pour la création d’Esclarmonde à l’Opéra- Comique, en 1889, il fait dessiner Ci-dessus Jules Massenet, photographie de Paul Berger, vers 1910 Ci-contre Esclarmonde, illustration par Eugène Grasset pour le frontispice de la partition piano et chant,1889 BnF, Bibliothèque-musée de l’Opéra. l’affiche du spectacle par l’un des plus grands illustrateurs de son temps, Eugène Grasset, mais il lui demande aussi d’illustrer les pages d’ouverture de la partition et de concevoir une partie des décors. Thaïs révèle un homme de théâtre accompli, visionnaire dans son approche esthétique de la scène et symbolisant à merveille l’esprit de la Belle Époque. D’autres grands succès jalonnent sa carrière : Manon, Werther, Le Cid, Cendrillon, Le Jongleur de Notre-Dame… Animé par l’envie de plaire, Massenet propose une esthétique originale. Il sait trouver dans sa musique un point d’équilibre entre tradition et innovation. S’il sacrifie plusieurs fois à l’exotisme qui plaît par-dessus tout avec Le Roi de Lahore ou Esclarmonde, il s’attache toutefois à diversifier les sujets de ses livrets, leurs sources et leurs cadres historiques. Les œuvres de Massenet sont représentées sur les scènes lyriques du monde entier et le compositeur y incarne l’élégance et la sensualité françaises. Professeur recherché et aimé, il a eu pour élèves Alfred Bruneau, Gustave Charpentier ou Reynaldo Hahn. Et Claude Debussy, qui n’a pas été de ceux-là, ne cachait pas son admiration pour le compositeur. Mathias Auclair et Christophe Ghristi Catalogue : La Belle Époque de Massenet sous la direction de Mathias Auclair et Christophe Ghristi, éditions Gourcuff Gradenigo. La Belle Époque de Massenet 14 décembre 2011 – 13 mai 2012 Bibliothèque-musée de l’Opéra, Palais Garnier, place de l’Opéra, Paris 9 e Commissaires : Mathias Auclair, Christophe Ghristi, Élizabeth Giuliani et Pierre Vidal. Chroniques de la BnF – n°61 – 7



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