Chroniques n°61 jan/fév/mar 2012
Chroniques n°61 jan/fév/mar 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°61 de jan/fév/mar 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6,5 Mo

  • Dans ce numéro : Bibliothèques : faut-il avoir peur du numérique ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 24 - 25  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
24 25
Coopération > Jean-Jacques Rousseau 2012 En 2012, l’Assemblée nationale et la BnF commémorent le tricentenaire de la naissance d’un des plus illustres philosophes des Lumières, Jean-Jacques Rousseau. Numérisation de manuscrits, exposition et colloque témoignent des multiples facettes d’un philosophe dont l’actualité n’a de cesse de questionner de nombreux champs de la recherche. Pour célébrer cet événement, l’Assemblée nationale et la BnF rendent hommage à l’œuvre prolixe de cet autodidacte dont les manuscrits, brouillons, copies et parti tions autographes ont fait l’objet d’une singulière dispersion entre diffé rentes institutions de conservation. La bibliothèque de l’Assemblée nationale conserve ainsi le premier brouillon de La Nouvelle Héloïse, remis à la Convention nationale en 1794, quand la BnF conserve la Lettre 18 de la troisième partie de ce même manuscrit. Dans le cadre du partenariat documentaire initié en 2009, la mise en œuvre d’un projet de numérisation concertée de l’œuvre manuscrite et annotée de Jean- Jacques Rousseau a constitué le premier volet d’une coopération plurielle entre les deux institutions. Ainsi, deux opérations de coopération numérique ont été lancées courant 2011 afin d’offrir dès à présent sur Gallica un accès fédéré au corpus virtuel des manuscrits de Rousseau conservés en France. Cinq fichiers de manuscrits, déjà numérisés par l’Assemblée nationale et consultables sur son portail, ont été intégrés dans Gallica, à savoir Les Confessions, trois versions manuscrites de La Nouvelle Héloïse ainsi que l’édition Duchesne- Coindet de La Nouvelle Héloïse, annotée de la main de son auteur. Par ailleurs, la BnF a procédé à la numérisation de collections précieuses prêtées par l’Assemblée nationale dont l’Émile, les Dialogues ou Rousseau juge de Jean-Jacques, et une version du Devin du village, de 1752, incluant une copie de la main de Rousseau d’une aria de PedroAntonio Avondano, Prigionier che fa ritorno. Pour compléter cet ensemble, le musée Jean-Jacques Rousseau de Montmorency a confié à la BnF pour numérisation sa copie autographe de l’Olympiade de Pergolèse, du 22 août 1777. En regard, la BnF propose sur Gallica, en plus d’un vaste corpus d’imprimés et d’iconographie rousseauistes, la consultation de la Lettre 18 de La Nouvelle Héloïse, la première copie au net des Dialogues, ainsi qu’un recueil de Correspondances de la collection Rothschild. Cet ensemble exceptionnel traduit la volonté conjointe de l’Assemblée nationale et de la BnF de donner un accès le plus large possible au patrimoine de la nation. BnF, Manuscrits. Ci-dessus Jean-Jacques Rousseau, La Nouvelle Héloïse, édition Duchesne- Coindet, Assemblée nationale Ci-contre Jean-Jacques Rousseau, manuscrit de la Lettre 18 de la troisième partie de La Nouvelle Héloïse Une coopération scientifique lie également les deux institutions autour de la co-organisation d’un colloque le 9 février 2012 et d’une exposition (du 10 février au 6 avril 2012) consacrés à Rousseau et la Révolution, qui se tiendront à l’Assemblée nationale sous le commissariat scientifique du philosophe Bruno Bernardi. Cécile de Becdelièvre Pour en savoir plus : www.assemblee-nationale.fr Akg-images/Erich Lessing.
BnF, Estampes et photographie BnF, Réserve des Livres rares. sinica, corpus de la sinologie française Ci-contre Joachim Bouvet, officier de guerre avec le casque et la cuirasse à la chinoise, extrait de L’Estat présent de la Chine en figures, Paris, P.Giffart, 1697 Ci-dessous Jean-Pierre Norblin de la Gourdaine (graveur), portrait extrait d’une planche de 15 estampes, 1830 Le projet Sinica vise à créer dans Gallica un corpus de ressources numériques sur la sinologie française. Le corpus se veut encyclopédique et représentatif du regard des Français sur la Chine depuis l’époque des premiers missionnaires jusqu’au début du XX e siècle. Ce corpus, qui continue d’être enrichi, comprend aujourd’hui près de neuf cents notices. Les notices Sinica seront prochainement référencées sur le site de la Bibliothèque nationale de Chine. Convention avec la Bibliothèque nationale de Pologne International > Une convention de coopération triennale a été signée en octobre dernier entre la BnF et la Bibliothèque nationale de Pologne. Cette initiative s’inscrit dans le prolongement du projet de numérisation de l’œuvre gravé du peintre Jean-Pierre Norblin de la Gourdaine (1745-1830), dont le département des Estampes et de la photographie possède un très riche fonds. Considéré comme l’un des peintres les plus importants du siècle des Lumières en Pologne, Norblin, d’origine française, a exécuté de multiples dessins et croquis sur les mœurs de son pays d’adoption. Les images de cette œuvre, numérisée l’an dernier, sont disponibles sur Gallica. Europeana : à nouveau président, nouveaux défis Bruno Racine, président de la BnF, a récemment été élu à la tête d’Europeana, la Bibliothèque numérique européenne. Avec un triple objectif : qualité, audience, multilinguisme. Chroniques : Où en est la bibliothèque numérique européenne aujourd’hui ? Bruno Racine : Europeana donne aujourd’hui accès à vingt millions d’objets numérisés, provenant de 33 pays. Si la France reste le premier contributeur devant l’Allemagne, la diversité s’est beaucoup accrue à l’échelle du continent ; 1 500 institutions – archives, bibliothèques, musées, archives audiovisuelles – rendent leurs richesses numérisées accessibles par Europeana. Après trois ans d’existence, c’est un bilan quantitatif qui dépasse les espérances initiales. L’Europe peut en être fière, et la France en particulier qui a joué un rôle essentiel dans la naissance du projet et continue de le soutenir financièrement. Ce résultat est dû aussi à la ténacité d’Elisabeth Niggemannà laquelle je succède, et à l’engagement des titulaires successifs à la Culture à la Commission européenne, en dernier lieu Neelie Kroes. Quels sont les enjeux qui vont être les vôtres en tant que président de la fondation Europeana ? B. R : Europeana doit relever plusieurs défis. Celui de la qualité en premier lieu, en particulier de la description des objets, afin que la masse d’objets et de documents puisse être intelligemment exploitée. Celui du multilinguisme ensuite, même si les 37 langues présentes dans Europeana ne peuvent être mises sur le même plan. Celui de l’audience, enfin, car en dépit d’un meilleur référencement par Google, la fréquentation du site n’est pas à la hauteur de ce qu’elle devrait être, compte tenu de la richesse de l’offre ! Europeana doit être à la pointe de l’innovation en matière de bibliothèque numérique, notamment à travers de nombreux programmes européens de recherche et de développement qu’elle anime. Quelle impulsion souhaitezvous donner dans les années à venir ? B. R : Europeana doit s’atteler à relever les défis que je viens de mentionner, mais aussi mettre en place une stratégie de communication ambitieuse, trouver dans chaque pays un « ambassadeur » qui défende sa cause, et impliquer davantage les institutions qui fournissent les contenus. Il faut aussi continuer de sensibiliser les responsables des États et de la Commission sur la question des moyens. Les partenariats public-privé comme ceux que Google a établis avec de nombreuses institutions européennes permettent, bien sûr, d’alimenter Europeana mais ne peuvent se substituer entièrement à un effort public. De ce point de vue, l’expérience française, qui combine subventions et partenariats avec le privé dans le cadre des investissements d’avenir, peut se révéler très utile. Enfin, je souhaite proposer de grands programmes européens pour compléter les initiatives nationales. Propos recueillis par Sylvie Lisiecki Chroniques de la BnF – n°61 – 25 Bruno Racine, 2010. Photo Jean-François Robert/BnF.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :