Chroniques n°61 jan/fév/mar 2012
Chroniques n°61 jan/fév/mar 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°61 de jan/fév/mar 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6,5 Mo

  • Dans ce numéro : Bibliothèques : faut-il avoir peur du numérique ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Alix Cléo Roubaud, absolument photographe Une centaine de tirages originaux du fonds de la photographe Alix Cléo Roubaud, à l’œuvre foisonnante et exigeante, a rejoint les collections du Département des Estampes et de la photographie grâce à une donation de Jacques Roubaud. Alix Cléo Roubaud, née le 19 janvier 1952 à Mexico, est morte le 28 janvier 1983 à Paris, âgée d’à peine 31 ans. D’origine canadienne, elle poursuit à partir de 1972 des études de philosophie à Aix-en- Provence. À cette même période elle commence à s’intéresser à la photographie ; mais ce n’est qu’en 1978 qu’elle prend la décision d’être absolument photographe. Elle met alors de côté ses recherches universitaires sur Wittgenstein. Entre 1979 et 1983, sa production est impressionnante : elle réalise des centaines d’images dont la majeure partie est aujourd’hui en la possession de son mari, le poète Jacques Roubaud. En 1984, son Journal paraît dans la 22 – Chroniques de la BnF – n°61 Ci-dessus Alix Cléo Roubaud Si quelque chose noir (série de 17 photographies), Saint Félix, 1980 Page ci-contre Alix Cléo Roubaud et Jacques Roubaud chez eux, 51 rue des Francs-Bourgeois, Paris, 1982, photo Alix Cléo Roubaud collection Fiction & Cie du Seuil, dirigée par Denis Roche. Jacques Roubaud reproduit une partie de ses carnets intimes correspondant à leur histoire commune, du 23 décembre 1979 au 19 janvier 1983. Les négatifs, « palette du peintre » L’édition des textes est accompagnée de la reproduction de photographies. Les pages de ses carnets aux titres clairement wittgensteiniens (Cahier bleu, Grand cahier noir, etc.) nous donnent accès aux événements de sa vie et à ses remarques sur la photographie. La pratique d’Alix Cléo Roubaud est en effet indissociable d’une théorie de l’image qui lui est propre. Le travail d’Alix Cléo Roubaud, longtemps éclipsé, est aujourd’hui redécouvert. Son œuvre, interrompue brusquement par la mort, est d’une richesse étonnante. Sa photographie n’a pas eu le temps de se poser, et ce corpus est marqué par un appétit de découverte remarquable. On y retrouve les grands topoï de la photographie des années 1980 : l’intime, la relation évidente au texte, la mise en scène de soi… Mais Alix Cléo Roubaud insuffle à ces grands thèmes une force nouvelle en imposant un corps à corps avec le médium photo graphique : peindre, raturer, tester les bains, jouer avec les expositions ; son œuvre est avant tout une recherche, une réflexion sur ce qu’est la photographie même. BnF, Estampes et photographie.
BnF, Estampes et photographie. Collections > Les négatifs ont tous été détruits par la jeune femme : ils n’étaient pour elle que « la palette du peintre ». Ceux-ci ne permettraient pas, de toute façon, de produire des clichés d’Alix Cléo Roubaud puisque, pour elle, la photographie éclôt au moment du tirage et non de la prise de vue. À partir d’un même négatif elle peut produire plus d’une dizaine de clichés. Elle coupe le négatif, ne développe qu’une partie, intervient à même la surface photosensible avec une lampe médicale, son « pinceau lumineux ». La trace du monde Le fonds de la BnF met en lumière l’ampleur de ce travail dans la chambre noire : plusieurs tirages d’une même image sont rassemblés. Ces variations permettent de se plonger au cœur de son travail d’élabo ration de la photographie. La célèbre série de dix-sept photographies Si quelque chose noir (exposée en Arles à l’été 1983), où elle orchestre le ballet de sa dissolution, a été confiée dans son intégralité à la BnF. L’ampleur de la donation, qui ne se réduit pas à cette pièce centrale, permet de se saisir du foisonnement de cette œuvre et de son exigence. Mais la disparition n’est pas l’unique propos de ce travail. Alix Cléo Roubaud livre aussi une trace du monde, un éclat de sa vision. « La photographie idéale est un moment de conscience de soi (de présence à soi) absolue. » Hélène Giannecchini Ci-contre, de haut en bas David d’Angers, Portrait de Napoléon Bonaparte, bronze, 1838 ; Portrait d’Hortense Allart (féministe), bronze, 1834 David d’Angers les visages du romantisme David d’Angers s’est rendu célèbre par ses portraits et médaillons des grands de ce monde, de Poussin à Napoléon en passant par Cuvier ou Victor Hugo. Ils sont à voir en ce moment site Richelieu. Pierre-Jean David (1788-1856), dit David d’Angers, est l’auteur d’une série de plus de 500 portraits sculptés en médaillons qui, autant que ses commandes officielles : La Patrie couronnant les hommes célèbres au fronton du Panthéon, la statue de Gutenberg à Strasbourg ou celle du corsaire Jean Bart à Dunkerque, ont assuré sa célébrité. Immortalisés dans le bronze, hommes de la Révolution et de l’Empire, héros des guerres d’indépendance d’Europe et d’Amérique, savants, artistes, poètes et femmes de lettres de la Restauration et de la monarchie de Juillet dressent un panorama de la société de l’époque et de ses talents, reflétant les sympathies du sculpteur. Soucieux de les faire connaître, il a fait don de ses plâtres originaux « brillants de vie et de génie » au Cabinet des médailles et antiques « pour en faire jouir le public qui visite nos galeries ». Les exemplaires en bronze provenant du graveur Achille Devéria, des dons récents et des prêts de livres et d’estampes permettent de reconstituer les étapes de la création des médaillons et leur contexte. Des caractères idéalisés Pour faire partager au spectateur les qualités du génie qu’il percevait en chacun, David d’Angers invente un mode d’idéalisation non plus fondé sur le classicisme à l’antique mais sur une grammaire des formes issue d’une science nouvelle alors très en vogue, la phrénologie du docteur Gall. Les protubérances crâniennes d’un individu étaient supposées traduire ses aptitudes intellectuelles et ses passions. Appliquant la cartographie phrénologique à ses portraits, le sculpteur accentue le volume du front, signe de l’esprit philosophique, chez Goethe ou Victor Hugo, fait saillir l’« organe » de la poétique et celui de la « merveillosité » chez les poètes, celui du coloris à l’arcade sourcilière des peintres, l’« ordre » chez le naturaliste Cuvier, et chez le géographe comme chez le général la « localité », qui doit permettre d’analyser les cartes et de tirer parti des mouvements de l’ennemi…, particulièrement protubérante chez Bonaparte. Le portrait n’est pas si « réaliste » que l’on croit ! Inès Villela-Petit Catalogue : David d’Angers, les visages du romantisme Publié avec le concours du Centre André Chastel, éd. Gourcuff Gradenigo, 29 euros. David d’Angers, les visages du romantisme Jusqu’au 25 mars 2012 Site Richelieu Musée des Monnaies, médailles et antiques Commissaires : Inès Villela-Petit et Thierry Laugée BnF, Monnaies, médailles et antiques. Chroniques de la BnF – n°61 – 23



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