Chroniques n°61 jan/fév/mar 2012
Chroniques n°61 jan/fév/mar 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°61 de jan/fév/mar 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6,5 Mo

  • Dans ce numéro : Bibliothèques : faut-il avoir peur du numérique ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Auditoriums > Pour un humanisme numérique Une journée de rencontres au Labo de la BnF explorera les mutations qu’entraîne le numérique dans la culture de l’écrit ou l’exercice de la démocratie. Son titre est aussi celui du livre que vient de publier le philosophe et historien des idées Milad Doueihi, qui en sera l’un des principaux intervenants. Entretien. Chroniques : Pourquoi un « humanisme numérique » ? Milad Doueihi : Je voulais insister sur la dimension culturelle du numérique. Il est impressionnant de constater qu’un outil technologique largement géré par des algorithmes est devenu un lieu de sociabilité sans précédent. Par ailleurs, l’ubiquité intrinsèque au numérique et la manière dont il a pénétré assez rapidement nos pratiques modifient nos rapports avec l’espace. Les frontières, même imaginaires, entre le virtuel et le réel sont très vite tombées, et on ne cesse de voyager dans ce milieu hybride entre le soi-disant virtuel et le concret. Or, si l’humain est caractérisé par le langage, il l’est aussi par la façon dont on habite l’espace : les seuils, les lieux de culte, professionnels… La culture numérique a commencé comme une culture de la chaise, du bureau ; on était obligé d’être assis à cause de la lourdeur de la machine et des spécificités de la connexion et du travail ; mais aujourd’hui on est de plus en plus mobile. Cette évolution vers la mobilité « Avec les plateformes participatives et collaboratives, nous allons vers une transformation profonde des modalités d’interaction entre les citoyens et l’État. La démocratie est en train d’être en partie redéfinie. Nous tâtonnons autour de cette possibilité de trouver une forme différente de représentativité et donc de modifier nos rapports avec la démocratie. » 18 – Chroniques de la BnF – n°61 transforme nos rapports à des objets culturels hérités autant qu’à des objets que l’on est en train de créer. Marcel Mauss disait que le statut et la position du corps dans une civilisation déterminent la nature des objets culturels qu’elle produit. Aujourd’hui, ce passage à la mobilité implique un retour du corps avec le tactile, avec la voix… Vous plaidez en faveur de la naissance d’un nouvel humanisme ? M. D. : Oui. La culture numérique nous a montré, avec la constitution de l’identité numérique, qui est comme une polyphonie, pas nécessairement territoriale ou généalogique, qu’on est en train de dépasser un modèle de l’identité. Avec les plateformes participatives et collaboratives, nous allons vers une transformation profonde des modalités d’interaction entre les citoyens et l’État. La démocratie est en train d’être en partie redéfinie. Nous tâtonnons autour de cette possibilité de trouver une forme différente de représentativité et donc de modifier Ci-dessus Image extraite du site de l’association Acces (Alliance franco-tunisienne des compétences pour la culture, l’économie et la santé) http:Ilacces-asso.org Ci-dessous Milad Doueihi © Philippe Matsas/Opale. nos rapports avec la démocratie. Car elle n’a jamais été homogène, la démocratie française est différente de celle de la Grande-Bretagne comme de celle des États-Unis. Mais il existe néanmoins des socles communs. Nous assistons à l’émergence d’une nouvelle sphère publique, qui pour moi constitue une partie importante de cet humanisme numérique. Un chapitre intitulé « L’oubli de l’oubli » est consacré à ce que l’on pourrait appeler une réhabilitation de l’oubli… M. D. : La machine ne sait pas oublier. Elle ne peut qu’ajouter. Nous sommes tellement fascinés par l’idée que l’on peut tout garder que nous négligeons cela. La technique ne peut accueillir l’oubli comme une forme productive de la pensée. L’oubli reste l’impensable de la technique. Or l’oubli est essentiel, au plan individuel comme au plan collectif. Propos recueillis par Sylvie Lisiecki Les Rencontres du Labo Pour un humanisme numérique Proposé par Milad Doueihi et Maurice Olender. mardi 10 janvier 2012 10 h - 18 h François-Mitterrand Petit auditorium - hall Est
Auditoriums > La fabrique du spectacle : de l’auteur au spectateur Auteur, metteur en scène, scénographe, comédien… les « acteurs » d’un spectacle jouent tous un rôle essentiel dans le déroulement d’une représentation. Sans oublier le spectateur, sans lequel le spectacle n’existerait pas. Ils ont tous laissé des traces, abondantes ou furtives, qui font l’objet d’un nouveau cycle à la BnF, site Richelieu. Quand se termine la représentation, le spectacle disparaît à jamais. C’est la nature même de la performance. Elle ne laisse que des traces, tantôt minces – un article de presse ou une photographie –, tantôt multiples – textes, images, plans, objets… Il suffit parfois au spectateur de retrouver son billet pour que l’instant passé revive ; il faut souvent au chercheur toutes les archives pour l’analyser. Afin de frayer un chemin dans ce patrimoine abondant, polymorphe et singulier, le cycle La Fabrique du spectacle propose six rendez-vous autour des principaux artisans de cette œuvre éphémère et des traces documentaires que chacun a laissées dans les collections du département des Arts du spectacle. L’auteur ouvre la route. Son texte partage le sort commun des œuvres littéraires, mais il est caractérisé par le rapport spécifique de l’écriture dramatique avec le plateau. Les indications scéniques et la distribution du texte entre les voix apparaissent dans la mise en page et en font une invitation immédiate à la mise en scène. Du xvii e siècle à nos jours, de Molière à Beckett, livres et manuscrits reflètent les évolutions de cette dynamique page/planches. Le costumier apporte une esquisse qui ne trouve sa concrétisation que dans la fabrication du costume. De même le scénographe et les décors. Au fil des siècles, l’art de la maquette n’a pas fondamentalement varié. Peu de costumiers sont passés aux technologies numériques. En revanche, la diversité des styles est grande, du dessin raffiné du xviii e à la touche aquarellée de Christian Bérard ou à la fulgurance d’André Masson. Le metteur en scène choisit et réunit ces matériaux textuels et matériels pour créer, avec les acteurs, le spectacle. L’histoire du théâtre a fait naître la fonction avec André Antoine. Mais les documents trahissent l’existence d’un travail de mise en scène bien avant. Paris publiait au xix e siècle des relevés pour la province. Ces notes de mise en scène, parce qu’elles font la synthèse des intentions et des partis pris, sont des mines, qu’elles soient de la main de Jouvet ou de Mnouchkine. Du comédien les traces sont plus ténues. La pratique de son art est intimement liée au temps de la représentation. Ce qui se dit de son parcours dans les biographies se réduit souvent à l’anecdote. Il faut se plonger dans les traités de déclamation ou les cours, comme ceux de Jouvet, ou traquer les brochures annotées, scruter les photographies, visionner les captations pour s’approcher de l’art de l’acteur. Le photographe et, plus généralement, l’image jouent un rôle essentiel dans la mémoire du spectacle. Le cri d’Hélène Weigel dans Mère Courage par Roger Pic, ou la silhouette de Gérard Philipe dans Le Cid par Agnès Varda sont les jalons et les emblèmes de l’aventure du théâtre de l’aprèsguerre. À chaque photographe son regard et sa technique, qui font de son travail un témoignage et, pour les meilleurs, une œuvre d’art. Le spectateur est à côté de la fabrique du spectacle ; il n’est pas admis dans la coulisse. Doit-il d’ailleurs souhaiter passer derrière le rideau au risque de rompre le charme ? Il serait cependant aberrant de ne pas faire sa place au public. Celui qui laisse le plus de traces est sans conteste le journaliste, dont les critiques éclairent contemporains et historiens. Il ne doit pas faire oublier les anonymes qui remplissent les salles soir après soir et dont on conserve parfois les lettres enflammées ou les portraits. Ils racontent à leur manière une histoire du théâtre, « le théâtre de ceux qui voient * ». Joël Huthwohl * En référence au magnifique Le théâtre de ceux qui voient de Ito Josué, Michel Guinle, 1994. BnF, Arts du spectacle. Ci-dessus Page du livre de conduite d’Intermezzo, comédie en trois actes de Jean Giraudoux, mise en scène de Louis Jouvet, 1933 Histoire(s) de… Les arts de la scène ou la fabrique d’un spectacle Le Metteur en scène Par Joëlle Garcia, Arts du spectacle, BnF. mardi 24 janvier 2012 18 h 30 - 20 h Richelieu – Salle des commissions En partenariat avec le Centre national du théâtre Chroniques de la BnF – n°61 – 19



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