Chroniques n°61 jan/fév/mar 2012
Chroniques n°61 jan/fév/mar 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°61 de jan/fév/mar 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6,5 Mo

  • Dans ce numéro : Bibliothèques : faut-il avoir peur du numérique ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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© Georges Wolinski. Auditoriums > Biennale du dessin de presse Pour sa deuxième édition, la Biennale du dessin de presse, qui se tient site François-Mitterrand, offre un panorama varié d’une pratique souvent impertinente, et toujours pertinente. À une époque où la presse papier connaît une mutation certaine, le dessin, accueilli traditionnellement dans les journaux comme élément de surprise ou de divertissement, attendu par le public pour sa note d’humour ou de provocation, s’adapte à un monde nouveau qu’il traque avec encore plus d’obstination et de truculence. Les dessinateurs, à la fois artistes et journalistes, à l’écoute des bruits du monde d’aujourd’hui, aiment à comparer leur crayon à une arme, voire à une bombe qui, en pourfendant l’injustice, l’hypocrisie et l’absurdité, restitue, avec le sourire, les reflets explosifs ou dérisoires d’une société de plus en plus complexe. offrir l’écume de la vie Miracle du dessin, ce moyen d’expression si simple, commun à toutes les cultures depuis l’origine de l’humanité, dont les traces de crayon, d’encre ou de feutre sur papier et 16 – Chroniques de la BnF – n°61 aujourd’hui les dessins sur palette graphique, traduisent, dans d’habiles télescopages, idées, impressions, souvenirs, allusions, sentiments, émotions… jeux rapides de lignes d’où surgissent à l’infini portraits de célébrités ou d’anonymes en des langages elliptiques toujours réinventés. Forts de leur talent et l’œil aiguisé, les dessinateurs résistent et, traversant l’opacité des faits réels ou inventés, offrent aux spectateurs l’écume de la vie. Sensibilisée à l’importance de ces regards uniques et variés, la BnF prend à cœur d’en garder les témoignages et de les faire connaître. Martine Mauvieux Biennale du dessin de presse Samedi 24 mars 2012 14 h - 18 h 30 Site François Mitterrand Petit auditorium - hall Est Ci-dessus Dessin original de Wolinski, 2011 Concert inédit Cendrillon, opéra-comique en un acte de Jean-Louis Laruette (1759). Déniché dans un petit volume à la Bibliothèque de l’Arsenal, le montage de cette œuvre à tiroirs a pris la forme d’un jeu de piste pour Héléne Clerc-Murgier et Pauline Wargnier, respectivement clavecin et violoncelle baroque de l’ensemble Les Monts du Reuil. Elles ont entrepris cette reconstitution au-delà de la transcription afin de retrouver l’esprit musical propre à cette période, où la fin du baroque flamboyant glisse vers le classicisme naissant. Le texte du livret d’Anseaume est gardé dans sa quasi-intégralité : seules quelques répétitions ou lourdeurs ont été coupées, la musique écrite ou choisie par Laruette est redonnée telle quelle, notamment le choix que l’alto double la basse, comme très souvent dans la musique italienne. Le chœur final, dont la musique n’existe plus, a été emprunté à Zoroastre de Rameau. Mais cette première adaptation théâtrale du conte de Perrault s’éloigne de l’univers enfantin pour baigner dans l’érotisme galant. Le début de la pièce se passe au lendemain du bal où la jeune fille n’ose avouer à sa marraine ce qu’elle a perdu dans la nuit. On imagine les rires salaces que les dialogues libertins devaient entraîner… On dénombre aujourd’hui plus d’une centaine de versions de Cendrillon, dont certaines remontent à l’Antiquité. Depuis la première version scénique d’Anseaume et Laruette, le sujet a été repris durant tout le xix e siècle, au théâtre, à l’Opéra, dans des ballets, sans parler de la littérature et des gravures. Jean-Loup Graton Les inédits de la BnF Concert : Cendrillon (1759) De Jean-Louis Laruette et Louis Anseaume Par l’ensemble Les Monts du Reuil. jeudi 2 février 2012 18 h 30 - 20 h Site François-Mitterrand Grand auditorium - hall Est
© Hermance Triay/Opale. Auditoriums > Les cinq sens, vérité intime de l’être ? En écho à l’exposition Casanova, la passion de la liberté, les samedis des savoirs se penchent sur la culture des sens au XVIII e siècle. Des duos composés d’un historien et d’un praticien – danseur, musicien, pâtissier, couturier, nez – échangeront leurs expériences. L’écrivain Noëlle Châtelet dialoguera avec la danseuse et chorégraphe Christine Bayle autour du toucher. Chroniques : Pourquoi avezvous consacré une si grande partie de votre œuvre à l’exploration de nos cinq sens ? Noëlle Châtelet : Tout a commencé avec Le Corps à corps culinaire, ma thèse sur les rapports du corps avec l’alimentation. Les cinq sens se trouvent impliqués dans l’expérience fondamentale que constituent les relations entre l’être humain et la nourriture. J’ai poursuivi cette réflexion sous des formes différentes, du roman au conte en passant par la nouvelle et l’autobiographie. Je creuse depuis quarante ans ce même sillon du corps comme lieu possible du langage. Peut-on se fier aux messages que nos sens nous transmettent ? N.C. : Le corps est un porte-parole, au sens propre comme au sens figuré. Inconsciemment ou sciemment, il utilise sa corporéité pour faire entendre des choses qui ne s’expriment pas ailleurs. Le corps sauve l’être du silence avec une supériorité nette sur le langage des mots car lui n’est pas trompeur. Retrouver nos sens dans leur authenticité, c’est se trouver soi. Nos sens ne sont donc pas de simples entités biologiques autonomes ? N.C. : J’ai interrogé le corps à travers son rapport à la nourriture, à l’esthétique et à la maladie pour démêler ce qui relevait de la pure machine, de l’aspect imaginaire et de l’aspect culturel. Les notions de bon, de beau et même de douleur sont extrêmement fluctuantes car nos sens se développent dans des civilisations différentes, à des moments historiques précis, et existent dans des histoires forcément personnelles. Le sens ne cesse de changer de sens ! Dans À contre-sens, le héros est victime d’un sens qui ne fonctionne Ci-dessus Christine Bayle Ci-contre Noëlle Châtelet, 2007 plus. Et c’est justement ce sens malade qui va révéler au personnage quelque chose de lui qu’il ignorait. Les sens éclairent nos existences, ils sont le point de départ d’un chemin initiatique qui mène à une vérité intime. La somatisation est alors un des biais permettant de s’approcher de ce que l’on est vraiment ? N.C. : Dans À contre-sens, c’est quand l’un des sens se dérègle ou s’exacerbe qu’il se met à exprimer des vérités. Les réflexions de Groddeck, médecin et thérapeute allemand contemporain de Freud, sont à ce propos très instructives. Groddeck conçoit la maladie comme un événement à déchiffrer, une sorte de théâtralisation de l’inconscient forcément positive. Il me semble qu’une grande partie de ce qui est capté par nos sens échappe à notre conscience. C’est cela qui nous dérange parce que cela nous renvoie peut-être à une part de nous-mêmes que nous refusons souvent de reconnaître : la part animale et instinctive. Propos recueillis par Delphine Andrieux Les samedis des savoirs Les cinq sens Le toucher : le corps dansé avec Noëlle Châtelet et Christine Bayle. samedi 28 janvier 2012 15 h - 16 h François-Mitterrand Petit auditorium - hall Est Chroniques de la BnF – n°61 – 17 © Photo l’Éclat des Muses.



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