Chroniques n°60 oct/nov/déc 2011
Chroniques n°60 oct/nov/déc 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°60 de oct/nov/déc 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6 Mo

  • Dans ce numéro : L'abolition de la peine de mort a trente ans

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 8 - 9  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
8 9
Expositions > Boris Vian, entre jazz et littérature L’œuvre de Boris Vian, créateur aux multiples talents redécouvert de façon posthume, fait l’objet d’une exposition site François-Mitterrand : y sont présentés les nombreux talents de poète, écrivain, musicien et parolier de cet étonnant touche-à-tout qui se savait condamné à vivre vite. Romancier, dramaturge, poète, trompettiste, traducteur, parolier, chanteur, peintre… Boris Vian (1920-1959), diplômé de l’École centrale et ingénieur à partir de 1942, s’est exprimé dans de nombreux champs de la création, comme s’il avait voulu défier par une activité intense la menace que fait très tôt planer sur sa vie une maladie du cœur. L’exposition que lui consacre la BnF fait suite aux acquisitions récentes du département des Manuscrits grâce à la générosité des héritiers de l’écrivain, représentés au moment du don par Ursula Vian-Kübler, et au travail d’Anne Mary, commissaire de l’exposition, pour compléter le fonds. Quelque 200 pièces sont présentées, ainsi que de nombreux audiovisuels, extraits d’émissions de radios et de films tirés de ses œuvres ; le parcours est centré sur l’œuvre romanesque de 8 – Chroniques de la BnF – n°60 l’écrivain et sur le jazz. La scénographie décline l’image de la fleur, symbole de la jeunesse en clin d’œil à l’éternel adolescent que fut Boris Vian mais aussi au « nénuphar » qui étouffe inexorablement le personnage de Chloé dans L’Écume des jours. L’esprit d’enfance D’une enfance insouciante et gaie au sein d’une famille bourgeoise qui l’encourage à développer ses capacités Ci-dessous Boris Vian. © AFP. artistiques, Boris gardera le goût de la fête. À 14 ans, il commence la trompette et joue avec les mots dans une atmosphère ludique qui plus tard animera sa plume et dont ses œuvres porteront l’empreinte. Au cours de l’été 1940, il rencontre Michelle Léglise et Jacques Loustalot, dit le Major. Michelle devient sa femme en juillet 1941 et le Major le héros de son premier roman, Vercoquin et le plancton. Parallèlement à son métier d’ingénieur, il s’essaie donc à l’écriture – poésie, nouvelles, romans – et perfectionne ses talents de trompettiste. L’année 1946 marque la véritable naissance de l’homme de lettres, qui rédige successivement L’Écume des jours, J’irai cracher sur vos tombes et L’Automne à Pékin. Boris Vian décide l’année suivante de se consacrer pleinement à l’écriture, rencontre Raymond Queneau, qui devient rapidement un ami très proche, fréquente Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir. Queneau l’encourage à présenter L’Écume des jours pour le prix de la Pléiade qu’il n’obtient pas. Boris Vian versus Vernon Sullivan De manière tout à fait inattendue, Boris Vian peint six tableaux, réunis ici pour la première fois, et dont quatre sont exposés à la Galerie de la Pléiade en juin 1946. Leurs titres énigmatiques – La Découverte de l’o r p i me nt, Passez vos vacances à Cannes… – témoignent de l’univers étrange et fascinant de leur auteur.
© Fatras/Succession de Jacques Prévert, tous droits réservés. Expositions > C’est à cette période qu’il prend le pseudonyme de Vernon Sullivan. Inspiré des romans noirs américains qu’il affectionne, J’irai cracher sur vos tombes, jugé scandaleux, est censuré. Ce récit teinté de sexe et de violence confère à l’écrivain, qui se présente comme le traducteur de l’œuvre, la réputation d’auteur sulfureux. Le succès des romans de Vernon Sullivan offre à Boris Vian une certaine sérénité financière mais entrave la réception de ses autres écrits, désormais associés au scandale. Il tirera de cette œuvre une pièce (1948), dont le manuscrit est exposé, ainsi que des photographies de la représentation. Jazz et Saint-Germain-des-Prés Entre archives sonores et audiovisuelles, revues et pochettes de disques, la musique de jazz occupe une place centrale dans l’exposition. Les chroniques de Boris Vian contribuent à la diffusion de ce genre en France et il devient rapidement une référence pour son érudition dans ce domaine. Saint-Germain-des-Prés et ses clubs lui offrent, comme à Juliette Gréco et à quelques autres, un repaire où s’amuser et retrouver un peu d’insouciance après la Libé ration. Le jazz innerve toute la création de l’écrivain. Dans L’Écume des jours, l’héroïne, BnF, Réserve des livres rares. Chloé, tire son prénom d’un morceau de Duke Ellington, et les personnages se promènent le long de l’avenue Louis-Armstrong. Avec Ursula le début d’une nouvelle vie Au début des années 1950, Boris Vian se sépare de Michelle et délaisse peu à peu Saint-Germain-des-Prés. Ces années difficiles sont évoquées dans l’exposition, notamment par En haut Recueil La Pluie et le beau temps éditions Gallimard, 1955, exemplaire dédicacé par Jacques Prévert à Boris Vian. Ci-contre Vernon Sullivan (pseudonyme de Boris Vian) J’irai cracher sur vos tombes, éditions du Scorpion, 1947 (édition originale). la présentation de pages du Journal à rebrousse-poil, suite de notes prises alors par Vian de temps à autre pour dire son amertume face à l’échec de sa vie privée et de sa vocation d’écrivain. Il rebondit grâce à sa rencontre avec Ursula, une jeune danseuse de la troupe de Roland Petit qu’il épouse en 1954. À son contact, Boris Vian oublie ses désillusions et reprend goût à l’écriture. Il ose se lancer dans un nouvel univers de création : la chanson et la scène deviennent ses terrains de jeu favoris. Il entame une carrière de parolier, s’essaie à l’opéra et au théâtre, écrit des textes pour des courts-métrages et fait même quelques apparitions à l’écran en tant que figurant. La pièce L’Équarissage pour tous, jouée de son vivant au théâtre des Noctambules en avril 1950, lui ouvre les portes du Collège de Pataphysique. La fantaisie et la dérision de cette pièce insolite et grinçante sont saluées par les pataphysiciens, parmi lesquels Raymond Queneau dont il reste très proche. Il devient également directeur artistique chez Philips en 1955 et écrit de nombreuses chansons, dont le célèbre Déserteur. Il en interprète certaines dans ses disques 45 tours Chansons possibles et Chansons impossibles, et monte sur scène malgré un trac terrible. Il meurt à 39 ans d’une crise cardiaque lors de la première projection de l’adaptation cinématographique de J’irai cracher sur vos tombes, sans avoir atteint le succès qu’il espérait et sans savoir que la postérité lui rendrait justice. Coralie Morel Catalogue Sous la direction d’Anne Mary co-éd. BnF/Gallimard, 39 euros. Boris Vian 18 octobre 2011 – 15 janvier 2012 Site François-Mitterrand Galerie François 1 er Commissaire : Anne Mary Conseiller scientifique : Nicole Bertolt Avec le soutien de la RATP. En partenariat avec France Musique et Paris Première. Chroniques de la BnF – n°60 – 9



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :