Chroniques n°60 oct/nov/déc 2011
Chroniques n°60 oct/nov/déc 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°60 de oct/nov/déc 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6 Mo

  • Dans ce numéro : L'abolition de la peine de mort a trente ans

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Expositions > Casanova ou la passion de la liberté Acquis par la BnF en février 2010, le manuscrit d’Histoire de ma vie de Casanova donne lieu à une grande exposition cet automne. Où l’on découvre un personnage infiniment plus complexe et riche que la figure de séducteur qui l’a rendu célèbre : aventurier, joueur, érudit, amoureux fou de la vie et de la liberté. Et, surtout, un immense écrivain. Le nom de Casanova a longtemps été synonyme de séducteur, un Casanova ou un Don Juan étant des termes plus ou moins interchangeables. Pourtant, alors que Don Juan est une création de l’imaginaire, Casanova s’est inventé lui-même au fil de l’écriture de ses mémoires, construisant pas à pas son personnage en revisitant sa vie d’une plume aussi talentueuse dans l’art de la narration que dans celui de la mise en scène. L’exceptionnel manuscrit d’Histoire de ma vie, acquis grâce à un généreux mécène qui a voulu garder l’anonymat, conte en près de 4 000 pages les aventures de « Jacques Casanova de Seingalt vénitien écrites par lui-même à Dux en Bohême ». C’est cet écrivain et ce personnage que l’exposition invite à découvrir, au cours d’un voyage en dix étapes, à 4 – Chroniques de la BnF – n°60 l’image des dix livres du manuscrit, dans le monde sensuel, audacieux et baroque de Casanova, entraînant le visiteur sur les pas de cet aventurier du plaisir et de lui-même : voyageur infatigable, libre de son esprit et de son corps, toujours en quête de plaisirs nouveaux, curieux de tout, il a traversé le monde des encyclopédistes comme le monde, fantasque, des alchimistes et des comédiens, et a côtoyé toutes les couches de la société de son temps, de l’aristocratie aux prostituées et aux voyous. Tour à tour homme d’affaires, joueur professionnel, escroc, violoniste ou bibliothécaire, Casanova est aussi un érudit, féru de philosophie, de mathématiques et de droit. Les différentes étapes de l’exposition sont rythmées par le manuscrit qui, en ouverture de chaque partie, donne la note. S’y ajoute un choix de manuscrits Ci-dessus Gabriel Bella, La Festa del Giovedi Grasso in Piazetta, 1740. Ci-contre Portrait présumé de Giacomo Casanova à l’âge de 49 ans, attribué à AlessandroLonghi. de Casanova provenant du château de Dux où il a passé ses dernières années, et aujourd’hui conservés aux Archives d’État de Prague. Car la Bibliothèque nationale de France a bénéficié de prêts exceptionnels de la National Gallery, de la Ca’Rezzonico, © Albert Harlingue/Roger-Viollet.
BnF, Manuscrits © Venezia, Fondazione Querini Stampalia. BnF, Estampes et photographie Expositions > Casanova de la Fondation Querini Stampalia, du museo Correr, des musées du Louvre, des Arts décoratifs, Carnavalet, Cognacq-Jay, de l’École de médecine, des Châteaux de Versailles, Granet à Aix-en-Provence, de la Tour du Moulin à Marcigny et des Archives nationales. Ce sont donc des pièces exceptionnelles qui sont présentées : dans une mise en scène inventive, Massimo Quendolo fait appel à tous les sens du visiteur : gravures, dessins, monnaies, bijoux, collections d’étoffes issus des collections de la BnF, ou encore peintures vénitiennes ou françaises de Pietro Longhi, Gabriel Bella, Francesco Guardi, Canaletto, Giandomenico Tiepolo, Jean-Baptiste Chardin ou Nattier, sculptures, objets de la vie quotidienne du xviii e siècle, des extraits de films, enfin. Écrire pour revivre L’exposition s’ouvre sur une présentation de l’écrivain. Casanova commence à écrire à la fin de sa vie, au château de Dux où il a été accueilli par le comte de Waldstein en tant que bibliothécaire, loin de la vie tumultueuse et aventureuse qu’il a menée jadis. Pour tromper son ennui et sa morosité, il publie un roman utopique, qui n’a pas le succès escompté. Son médecin lui conseille alors de rédiger ses mémoires : il revivra ainsi par l’écriture les moments palpitants de son existence. Casanova écrit entre 1789 et 1793, s’arrête à la date de 1774 qui correspond à ses 50 ans car, dit-il, il ne veut pas « débiter du triste ». Puis il fait lire le manuscrit au prince de Ligne, rencontré au cours de l’été 1794, qui est émerveillé par le texte. Suit une période de relecture dont témoigne le manuscrit ; se révèle au fil des feuillets le travail de correction de l’écrivain, ses caviardages sur les noms pour masquer les identités véritables, ses interventions sur le vocabulaire pour corriger les italianismes ou son style ; des pages entières sont biffées, raturées et reprises, d’une écriture tantôt fine et nerveuse, tantôt très Ci-dessus Manuscrit. Ci-contre Nicolas de Launay, La Sentinelle en défaut, gravure d’après Baudoin, 1772. appuyée. La numérisation du manuscrit, aujourd’hui en ligne sur Gallica, permet à chacun d’entrer dans le détail de la conception de l’œuvre en attendant la prochaine publication d’Histoire de ma vie dans la Pléiade. Le parcours emmène ensuite le visiteur depuis l’enfance à Venise jusqu’à son grand séjour à Paris, où il arrive après sa spectaculaire évasion des Plombs de Venise. C’est la période où le personnage se construit dans toutes ses facettes qu’une seconde partie de l’exposition explore à travers de grands thèmes : les plaisirs de la rencontre, le jeu, le voyage, les femmes… Casanova a multiplié les expériences, toujours soucieux de ne jamais sacrifier sa liberté. Il fréquente les grands de ce monde et les philosophes, tels Frédéric II et Voltaire, mais aussi les comédiens et les aventuriers comme Cagliostro, il ne cesse de voyager, de l’Europe jusqu’à Constantinople. Friand de tous les plaisirs sensuels, Casanova aime les femmes, les bijoux, les parfums, les fourrures, les belles étoffes, les mets relevés et les vins fins, et prend grand soin de son corps, instru ment de son plaisir. Au terme de ce parcours, c’est à la fois l’écrivain et le grand vivant qui s’est dessiné peu à peu ; son ouverture à la magie des expériences et son attachement inconditionnel à sa liberté en font un personnage d’une totale modernité. Sylvie Lisiecki Catalogue de l’exposition Co-édition BnF/Le Seuil, 45 euros. Casanova – La passion de la liberté 15 novembre 2011 – 19 février 2012 Site François-Mitterrand – Grande galerie Commissaires : Corine Le Bitouzé, Frédéric Manfrin, Marie-Laure Prévost et Chantal Thomas En partenariat avec Le Monde, Le Point, Le Magazine littéraire et France 5. Chroniques de la BnF – n°60 – 5



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