Chroniques n°60 oct/nov/déc 2011
Chroniques n°60 oct/nov/déc 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°60 de oct/nov/déc 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6 Mo

  • Dans ce numéro : L'abolition de la peine de mort a trente ans

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Collections > Danse ! Les archives Dupuy aux Arts du spectacle Témoins et pionniers de la danse moderne en France, les chorégraphes Françoise et Dominique Dupuy ont signé une cinquantaine de ballets. Ils ont fait don de leurs archives à la BnF. Dominique est né à Paris en 1930. Dans les années d’avantguerre, son père recueille Juifs et communistes allemands qui fuient 24 – Chroniques de la BnF – n°60 le nazisme. Il vient en aide notamment au danseur Jean Weidt, qui devient le professeur de danse de Dominique. Celui-ci fait ensuite du Photo Michel Cabaud. BnF, Arts du spectacle. Photo Michel Cabaud. BnF, Arts du spectacle. Ci-dessus Dominique Dupuy dans Paso, théâtre Marigny, 1954. Ci-contre Françoise Dupuy dans Faire comme si, 1970. théâtre chez Charles Dullin, et de la danse classique avec, entre autres, Nicolas Zvereff. Françoise, elle, est née à Lyon en 1925. Son père, Marcel Michaud, est directeur d’une galerie de peinture. Elle commence la danse à cinq ans à l’Opéra de Lyon, suit les cours de rythmique Dalcroze et travaille ensuite chez Hélène Carlut. Elle étudie la musique avec César Geoffray et la peinture avec Albert Gleizes, travaille le théâtre avec Jean-Marie Serreau et la danse classique avec Youri Algaroff et Youra Lobov. À la fin de la guerre, elle travaille à Paris avec Marguerite Bougai, Nicolas Zvereff et Étienne Decroux. C’est chez Jean Weidt, en 1946, que Françoise et Dominique se rencontrent. Durant trois ans, ils font partie du Ballet des arts. En 1949, ils forment un duo sous le simple nom de « Françoise et Dominique » et se produisent à Paris, dans des spectacles de cabaret et music-hall. 1955 est l’année de la création de leur compagnie Les Ballets modernes de Paris (BMP), qui fait sa première apparition au Festival international d’Aix-les-Bains. Les BMP rayonnent ensuite dans toute la France et partent en tournée en Afrique noire, au Portugal, en Allemagne, au Canada. En 1958-1959, Françoise et
Collections > Dominique Dupuy sont engagés comme danseurs étoiles au Grand Théâtre de Bordeaux. En 1962, le couple crée le Festival des Baux-de-Provence, premier festi val en France entièrement consacré à la danse. Durant sept ans, les BMP y présentent leurs créations. Y sont invitées aussi de nombreuses compagnies étrangères, notamment celle de Merce Cunningham, en 1964. À travers la création de ballets, mais aussi d’animations pédagogiques, les Dupuy s’investissent énergiquement dans la sensibilisation d’un plus large public à la danse. Ils partent en tournée avec les Jeunesses musicales de France. Ils organisent les Journées de la danse dans les maisons de la culture naissantes : spectacles, cours publics, improvisations, performances, expositions, projections de films… Ils collaborent au projet ARC (Animation, recherche, confrontation) du Musée d’art moderne de la Ville de Paris, qui associe arts plastiques, jazz et danse… Ils participent en outre à plusieurs comités, débats, actions corporatives et syndicales : au Syndicat national des auteurs compositeurs, dès 1965, et à l’Association française de recherches et d’études chorégraphiques, pour la promotion et la reconnaissance de la danse moderne et des danseurs. Les Ballets modernes de Paris sont dissous en 1979. De 1978 à 1986, Françoise et Dominique Dupuy animent le Mas de la danse à Fontvieille, lieu de résidence pour les chorégraphes, et poursuivent leur activité aujourd’hui, notamment avec l’association Ode après l’orage. Valérie Nonnenmacher Trente ans d’archives Le fonds Françoise et Dominique Dupuy concerne essentiellement la période 1950-1979 : les Ballets modernes de Paris, le Festival des Baux-de-Provence, les Journées de la danse. Le fonds se compose d’articles de presse, de photographies, de programmes, d’affiches, de maquettes de décors et de costumes, d’enregistrements sonores et de films. L’inventaire est en cours. Ci-dessous Mercure tenant le caducée Statue de culte trouvée à Berthouville (Eure) en 1830. BnF, Monnaies, médailles et antiques. Le fonds Michel Carrouges à la BnF Les enfants de Michel Carrouges ont fait don de ses archives au département des Manuscrits. La BnF a complété le fonds par l’acquisition de lots de correspondance en vente publique. Originaire de Poitiers, Louis Couturier (1910-1988) fait des études de droit et devient assureur. Après guerre, il entre aux éditions du Cerf qu’il quitte dans les années 1960 pour raison de cécité. Sous le pseudonyme de Michel Carrouges, il a construit une œuvre placée sous le signe du surréalisme, à la croisée de l’étude des mythes modernes et de l’expérience mystique. L’intérêt de Michel Carrouges pour le surréalisme durant les années 1930-1940 est attesté par une série d’importants articles parus dans des revues de dominicains, Rencontres et La Vie intellectuelle, ou encore dans Messages. Mais c’est surtout au lendemain de la Seconde Guerre mondiale qu’il participe directement à la vie du mouvement. Tentant de concilier christianisme et surréalisme, Michel Carrouges entre en opposition avec Henri Pastoureau qui lui reproche ses liens étroits avec les milieux cléricaux. Les lettres d’André Breton à Michel Carrouges, récemment acquises en vente publique, jettent un éclairage capital sur les débats qui agitaient alors le Deux restaurations remarquables au Musée des Monnaies, médailles et antiques groupe sur la question religieuse. Le fonds conserve aussi le volumineux dossier des Machines célibataires (Paris, Arcanes, 1954). Dans cet essai, Michel Carrouges revient sur le mythe moderne de l’érotisme symbolisé, selon lui, par les créatures mihumaines mi-artificielles, enfermées dans leur solitude, que sont le Frankenstein de Mary Shelley et l’homme invisible de H. G. Wells. Les œuvres de Marcel Duchamp, de Franz Kafka ou d’Alfred Jarry, qui font l’objet de nombreux dossiers documentaires dans le fonds, sont également analysées dans cette perspective. Le fonds, enfin, est d’une très grande richesse pour « l’ufologie », c’est-à-dire le recueil et l’interprétation des données se rapportant au phénomène ovni (objet volant non identifié). Parallèlement à son goût pour la sciencefiction, Michel Carrouges s’intéresse en effet au mythe des soucoupes volantes. Avec L’Apparition des Martiens (1963), il soumet les « vagues de soucoupes » des années 1940 et 1950 au crible d’une enquête scientifique. Guillaume Fau et Clément Pieyre Le « trône de Dagobert » est une des pièces phares du Musée des Monnaies, médailles et antiques, vitrine du département éponyme de la BnF. Cet exceptionnel siège du haut Moyen Âge en bronze doré est cité dès le xii e siècle dans le Trésor de Saint-Denis, où il était attribué à saint Eloi (vers 588-659), orfèvre réputé, monnayeur et trésorier du roi Dagobert I er. Le laboratoire Valectra d’EDF finance une étude complète du trône. En février 2011, une radiographie a été réalisée in situ, de nuit, afin de déterminer son état, la constitution des différents éléments et leur chronologie. Parallèlement, une analyse chimique du métal a été menée par fluorescenceX, sans prélèvement ni contact. Une numérisation en 3 D permettant de visualiser le mode de fonctionnement initial et une étude mécanique sont prévues. Tout ceci permettra d’évaluer la faisabilité d’une restauration fondamentale, qui serait également mécénée par EDF. Quant au Trésor de Berthouville, il s’agit d’un impressionnant ensemble de 90 pièces d’orfèvrerie en argent, pesant au total plus de 25 kg, qui formait le trésor d’un temple gallo-romain consacré à Mercure Canetonensis, découvert et acquis en 1830. L’argent était très oxydé et noirci, les restaurations du xix e siècle avaient vieilli et nécessitaient une intervention. Un partenariat a été établi avec le musée Getty : l’ensemble du trésor ainsi que quatre grands plats d’argenterie de l’Antiquité tardive ont été transportés en décembre 2010 à Los Angeles, où ils vont bénéficier d’une étude approfondie et d’une restauration globale, jusqu’à l’automne 2014 où une exposition présentera les résultats. Mathilde Avisseau-Broustet Chroniques de la BnF – n°60 – 25



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