Chroniques n°60 oct/nov/déc 2011
Chroniques n°60 oct/nov/déc 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°60 de oct/nov/déc 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6 Mo

  • Dans ce numéro : L'abolition de la peine de mort a trente ans

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Hors les murs > Miniatures flamandes Paris et Bruxelles s’associent pour présenter, à travers une double exposition, les plus beaux fleurons de la miniature flamande. La Bibliothèque royale de Belgique et la BnF se sont associées pour présenter durant la saison 2011-2012 une exposition en deux volets dessinant un panorama exceptionnel de la miniature flamande. À Bruxelles et à Paris, 140 manuscrits, chefs-d’œuvre de l’enlu minure issus des collections belges et françaises, seront présentés. Les pièces exposées proviennent pour la plupart de la bibliothèque des ducs de Bourgogne, dont le pouvoir, après l’acquisition par alliance du comté de Flandre, s’est étendu au cours du xv e siècle à certains territoires du nord de la France et à ceux de l’actuelle Belgique. De l’avènement de Jean sans Peur (1404) à la mort de Marie de Bourgogne (1482), le mécénat très actif des ducs de Bourgogne et de leur entourage a donné une forte impulsion aux arts du livre dans les provinces des anciens Pays- Bas méridionaux. Bibliophiles fastueux désireux de témoigner de leurs aspirations politiques, ces princes ont passé commande aux plus grands enlumineurs actifs à Bruges, Gand, 14 – Chroniques de la BnF – n°60 Anvers, Bruxelles, Valenciennes ou Lille pour illustrer chroniques, épopées, romans de chevalerie, recueils didactiques ou moraux, bréviaires et livres d’heures. Complémentaires, les deux expositions bénéficient de commissariats distincts et apportent chacune un éclairage différent sur l’art des enlumineurs flamands. Coup d’envoi le 30 septembre à Bruxelles, où le visiteur pourra admirer le Livre des sept âges du monde de Simon Marmion, issu des collections de la Bibliothèque royale, ou l’Histoire de Jason de Lieven van Lathem, prêtée par la BnF. Cécile Pocheau-Lesteven Miniatures flamandes 1404-1482 Bibliothèque royale de Belgique, 30 septembre – 31 décembre 2011 Commissaires : Bernard Bousmanne et Sara Lammens Puis à la BnF, 6 mars – 10 juin 2012 Commissaires : Ilona Hans-Collas et Pascal Schandel BnF, Manuscrits. Ci-dessus Chute des anges déchus Enluminure de Willem Vrelant pour Vincent de Beauvais, Miroir historial, Bruges, 1455. Prêts de la BnF Dans sa démarche d’ouverture à un plus large public, la BnF poursuit sa politique de prêts à des expositions extérieures. Cette action se renforce parfois par des partenariats noués en France ou à l’étranger, donnant lieu à d’importantes manifestations. À Paris L’hôtel particulier parisien du Moyen Âge aux Années folles Prêt d’une quarantaine de dessins du département des Estampes et de la photographie, en 2 périodes. 4 octobre 2011-19 février 2012 Cité de l’Architecture et du Patrimoine Au royaume d’Alexandre le Grand. La Macédoine antique Prêt exceptionnel de 24 pièces du département des Monnaies, médailles et antiques. 10 octobre 2011-16 janvier 2012 Musée du Louvre Napoléon III, les Français et l’Italie. Naissance d’une nation (1848-1870) Prêt de 15 documents du département des Estampes et de la photographie et de la Société de géographie. 18 octobre 2011-15 janvier 2012 Musée de l’Armée En région Quoi de neuf, Docteur ? Médecine et santé à l’époque romaine Prêt d’une quinzaine d’objets appartenant au département des Monnaies, médailles et antiques, dont des instruments chirurgicaux gallo-romains. 4 octobre 2011-22 avril 2012 Lyon, Musée gallo-romain. À l’étranger Otojiro et Sada Yacco Prêt de 18 documents du département des Arts du spectacle sur ce couple d’artistes qui a fait connaître le théâtre japonais en France au début du xx e siècle. 10 septembre-27 novembre 2011 Chigasaki (Japon), Musée de la ville Eugène Delacroix Prêt de 25 gravures de Delacroix appartenant au département des Estampes et de la photographie. 18 octobre 2011-15 janvier 2012 Madrid (Espagne), Caixaforum Matisse : graphics and drawings Prêt de 17 œuvres du département des Estampes et de la photographie. 15 novembre 2011-4 mars 2012 Brisbane (Australie), Queensland Art Gallery
Auditoriums > François Cheng à la croisée de la Chine et de l’Occident Un colloque est consacré à ce grand poète, également romancier, critique d’art et spécialiste de la pensée et de l’esthétique chinoises. Dans l’essai intitulé Le Dialogue, François Cheng écrit : « Le destin a voulu qu’à partir d’un certain moment de ma vie, je sois devenu porteur de deux langues, chinoise et française […] J’ai tenté de relever le défi en assumant, à ma manière, les deux langues, jusqu’à en tirer les extrêmes conséquences. » Si l’on sait que François Cheng, né en 1929 dans une famille de lettrés chinoise, est arrivé en France à l’âge de 19 ans, sans connaître la langue à laquelle il consacrera toute sa création littéraire, on comprendra mieux combien ce défi était « insensé ». Car il ne s’agit pas d’assimiler « un ensemble de mots et de règles », mais de « renommer les choses à neuf, comme au matin du monde », y compris son propre vécu, et de « ré-enraciner dans l’être ». 1 S’il a choisi, au début des années 1980, le français comme langue de création, il n’a pas pour autant abandonné sa langue maternelle, qu’il désigne comme sa « vieille nourrice fidèle », puisque son langage poétique constitue une mise en symbiose unique des deux langues. Élu à l’Académie française en 2002 et récompensé par de nombreux prix littéraires nationaux et étrangers, François Cheng incarne la beauté d’une rencontre entre deux langues et deux cultures. Habiter poétiquement la terre Pénétrer dans sa création, en chercher les secrets et, en même temps, rendre hommage, à travers cet écrivain français venu de « l’orient de tout », aux littératures des deux pays qui sont l’une et l’autre, depuis des siècles, de grandes littératures, autant de raisons pour organiser un colloque réunissant des spécialistes français et chinois sur trois thèmes majeurs du corpus : le poète, le romancier et le critique d’art. Malgré ses abondantes publications dans des domaines divers et variés, © Mélanie Frey/Fedephoto. François Cheng se considère avant tout comme un poète. Convaincu qu’il faut « habiter poétiquement la terre », il se positionne sans hésitation parmi ceux qu’on pourrait appeler les « poètes de l’être », et affirme avec Rilke : « Chanter, c’est se hausser/À l’incessant appel de l’Être, c’est être ! » 2 Pour ce qui est du romancier, certains critiques n’hésitent pas à comparer Le Dit de Tianyi avec ces œuvres majeures dites « inclassables », tandis que d’autres reconnaissent en L’éternité n’est pas de trop un Tristan et Iseult chinois. En effet, bien que ses romans aient pour toile de fond la Chine, François Cheng n’a pas l’intention de « dire la Chine en français ». Comme l’a souligné Madeleine Bertaud, son œuvre est animée par une unique passion : la destinée de l’homme. Voulant s’en rendre le témoin, le romancier s’est placé lui-même au plus bas de l’homme, observateur, analyste, quêteur d’une vérité essentielle 3. « Voir la montagne, ne plus voir la montagne, revoir la montagne. » C’est dans ces termes du Chan (Zen) que François Cheng résume l’esthétique chinoise, pour laquelle la beauté est essentiellement considérée comme Ci-dessus François Cheng Et le souffle devint signe Calligraphie, éd. L’Iconoclaste, Paris, 2010. Ci-contre François Cheng. un processus de quête, et dont l’étape suprême résulte d’une rencontre entre le regard de l’artiste et l’être regardé. En nous dévoilant « la montagne revue », ses essais d’art créent une nouvelle rencontre entre sa voix poétique et la voie picturale. Enfin, rappelons que la rentrée 2011 aura été marquée par le lancement des années linguistiques croisées francochinoises, placées sous le patronage de François Cheng, le meilleur des ambassadeurs des échanges culturels entre ces deux pays. Cheng Pei 1. Le Dialogue – Une passion pour la langue française, Desclée de Brouwer, 2002. 2. « Élégie de Lerici, à Shelley », Poésie, n°134, 2011. 3. Voir François Cheng. Un cheminement vers la vie ouverte, Paris, Hermann, 2009. Dernière publication Œil ouvert et cœur battant : comment envisager et dévisager la beauté, éd. Desclée de Brouwer et Collège des Bernardins, 2011. Colloque franco-chinois en hommage à François Cheng François Cheng, à la croisée de la Chine et de l’Occident Vendredi 4 novembre – 9 h 30-18 h Site François-Mitterrand Petit auditorium, hall Est Organisé avec l’Association pour la diffusion de la recherche littéraire (Adirel) et l’université Fu Dan, Shanghai. Chroniques de la BnF – n°60 – 15



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