Chroniques n°59 été 2011
Chroniques n°59 été 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°59 de été 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 5,2 Mo

  • Dans ce numéro : Enluminures en terre d'Islam

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Expositions > Paul Jacoulet, images d’Asie Les portraits chatoyants et colorés de Paul Jacoulet (1896-1960), à la croisée des esthétiques occidentales et orientales, sont exposés pour la première fois en Europe, à la Bibliothèque François-Mitterrand. Reprenant les techniques de l’estampe japonaise, il a laissé des images délicates, d’une richesse chromatique infinie. Plus de 70 estampes ainsi que des dessins et matrices en bois, portraits des habitants du Japon, de Corée, de Chine et des îles du Pacifique, permettent de découvrir cet artiste singulier d’origine française qui a vécu toute sa vie au Japon. Paul Jacoulet a pratiqué le dessin (plus de 3 000 œuvres, dont un grand nombre d’aquarelles) et la gravure (166 bois gravés). Il s’est initié aux techniques de l’estampe japonaise tout en connaissant l’art occidental : son œuvre gravé s’inscrit dans la tradition de l’ukiyo-e, gravure sur bois polychrome, qu’il cherche à perpétuer, s’inspirant notamment de l’art du grand Utamaro. Conformément à l’usage, il s’entoure d’artisans de talent qui transposent ses aquarelles sur des matrices en bois afin qu’elles soient imprimées. Les sujets japonais sont évidemment fréquents dans l’œuvre de Jacoulet, qu’il s’agisse de portraits de geishas dans le pur style de l’estampe japonaise ou de personnages d’origines 8 – Chroniques de la BnF – n°59 sociales diverses, dont l’artiste s’est attaché à représenter avec exactitude le type physique, l’activité, le costume, la gestuelle. Si sa technique est japonaise, Jacoulet élargit la gamme des sujets traités traditionnellement par l’ukiyo-e : il s’intéresse notamment aux ethnies minoritaires, comme les Aïnous, habitants de l’île d’Hokkaido. Il cherche à garder la trace du folklore japonais dans ses gravures, comme Danses d’Okesa ou Les Graines de camélia qui évoque la fête du camélia à Oshima. Prouesses techniques Il entretient aussi avec la Corée un lien particulier, sa famille d’adoption étant originaire de ce pays : à partir de cartes postales ou d’après son observation de Coréens rencontrés au cours de ses séjours, il crée des œuvres pittoresques représentant des personnages humbles portant le costume blanc traditionnel. Il les figure parfois également en vêtements de cérémonie. Paul Jacoulet © ADAGP, 2011. À gauche La Danse d’Oseka, Sado, Japon Page ci-contre Les Graines de camélia, Oshima, Izu, 1957 La Chine exerce également une certaine fascination sur lui, une Chine fantasmagorique, imaginée à partir de photographies ou s’inspirant des spectacles de l’Opéra de Pékin auxquels il a assisté à Tokyo. On trouve notamment, dans ses estampes sur les sujets chinois, des représentations d’habitants de la Mandchourie et de la Mongolie. Dans ces œuvres caractérisées par la richesse des coloris, l’artiste joue sur les contrastes : il introduit des effets de transparence et traduit les différences de textures des tissus dans des compositions d’une grande richesse chromatique, véritables prouesses techniques en gravure sur bois. Enfin, entre 1929 et 1935, Jacoulet a effectué de nombreux voyages en Micronésie : outre les papillons qu’il collectionnait, il en a rapporté des milliers de croquis qui lui ont servi par la suite à créer des dessins et des estampes. Il s’intéresse aux populations qu’il croise dans ces îles, s’attachant à la représentation de leurs costumes, coiffes, tatouages, comme les femmes Chamorros de l’île de Guam qu’il décrit dans la série Les Couleurs de l’arc-en-ciel. Sa passion pour les papillons l’incite à adopter une gamme très riche de couleurs jamais utilisées dans l’estampe japonaise. L’œuvre de Paul Jacoulet, parfaite synthèse des univers orientaux et occidentaux, oscille entre art, illustration et ethnologie. Reprenant les codes de l’estampe japonaise, il renouvelle le genre en un style précis qui traduit admirablement l’impression d’exotisme. La BnF possède l’intégralité de ses gravures qui proviennent d’une donation de sa famille récemment complétée. Céline Chicha-Castex Paul Jacoulet 5 juillet – 4 septembre 2011 Site François –Mitterrand Galerie des Donateurs Commissaire : Céline Chicha-Castex Paul Jacoulet © ADAGP, 2011.
Expositions > Chroniques de la BnF – n°59 – 9



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