Chroniques n°59 été 2011
Chroniques n°59 été 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°59 de été 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 5,2 Mo

  • Dans ce numéro : Enluminures en terre d'Islam

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Collections > L’Illustre Théâtre de Villégier « Une mémoire en découverte » En 2010, les archives de L’Illustre Théâtre, dirigé par Jean-Marie Villégier, sont venues enrichir les collections du département des Arts du spectacle. Elles sont le reflet de trente ans d’un projet artistique qui défend avec passion « un théâtre élitaire pour tous ». Des collaborations artistiques de la première heure avec Marcel Bozonnet (Léonce et Léna en 1969 et Héraclius en 1971) ou William Christie (Atys, 1986-2011), aux représentations du Dom Juan de Molière en 2010, le parcours de Jean-Marie Villégier a été tout à la fois celui d’un universitaire, d’un comédien et d’un metteur en scène. Avec L’Illustre Théâtre, il a été l’architecte d’un projet artistique façonné sur mesure pour une troupe autour d’un répertoire. En 1985, la fondation de la compagnie de L’Illustre Théâtre par Jean- Marie Villégier et Mireille Vigneau répond à la mise en œuvre d’un projet artistique « d’exhumation » du répertoire classique et préclassique français. Il s’agit de « lire et raconter autrement l’histoire du théâtre », pour « à une mémoire trop docile, opposer une mémoire en découverte ». S’il rend hommage à Molière auteur, le nom de L’Illustre Théâtre renvoie plus encore au répertoire joué par Molière dans sa jeunesse : Corneille connu et inconnu, de L’Illusion comique à Sophonisbe, mais aussi Rotrou ou Tristan L’Hermite. Cette reconstruction du répertoire se 22 – Chroniques de la BnF – n°59 © Colette Masson/Roger-Viollet. À droite Patrice Cauchetier, maquette pour Dom João ou o convidado de pedra de Molière, rôle de Dom Luis (Ruy de Carvalho), 1985 Au centre Patrice Cauchetier, maquette pour Les Joyeuses commères de Windsor de Shakespeare, rôle de Falstaff (Jean-Marie Villégier), 2003 Ci-dessous Jean-Marie Villégier, 1990 joue tant sur la scène dramatique que sur la scène lyrique, avec Lully et Haendel (Rodelinda, Jephta), jusqu’à la résurrection de l’œuvre de Charles Simon Favart (La Fée Urgèle, La Répétition interrompue). Le choix des textes mis en scène est aussi exploration des marges du répertoire classique, retour vers la comédie de Shakespeare (Les Joyeuses Commères de Windsor) ou incursion dans l’écriture contemporaine (Danièle Sallenave, Les Parenthèses orphelines). Portées par l’élan de la décentralisation dramatique, les productions de L’Illustre Théâtre ont sillonné les scènes de France et de Navarre, mais elles ont aussi connu un succès international à Lisbonne, Bruxelles, Cracovie ou Vilnius. Rassemblées et classées à partir de 1994 par Mireille Vigneau, administratrice de la Compagnie, les archives racontent, production après production, la genèse et la réception de chaque mise en scène. Enrichies des notes de création de Jean-Marie Villégier, elles donnent une image fidèle du parcours du dramaturge, de sa rigueur intellectuelle, mais aussi de cet engagement tenu sans faillir pendant près de trente ans pour maintenir « un théâtre élitaire pour tous ». Elles constituent aujourd’hui dans les collections du département des Arts du spectacle un fonds de référence, que complètent les costumes de la troupe, conservés au Centre national du costume de scène de Moulins, institution partenaire de la Bibliothèque nationale de France. Mileva Stupar
Collections > La BnF ne résiste pas à Astérix Avec les cent vingt planches originales des trois albums qu’Albert Uderzo vient de lui offrir, la BnF ouvre grandes ses portes au célèbre Gaulois. Une confirmation de la valeur artistique et patrimoniale de la bande dessinée, qui s’affirme plus que jamais comme un genre littéraire à part entière. Albert Uderzo, créateur avec René Goscinny de la célèbre bande dessinée, a donné à la BnF l’ensemble des planches originales de trois albums qui entrent ainsi dans les collections patrimoniales. Véritable phénomène d’édition, Astérix, apparu dans le numéro 1 du journal Pilote le 29 octobre 1959, est savourée depuis plus de cinquante ans par petits et grands, au fil de 32 aventures traduites dans une centaine de langues. Plus de 325 millions d’exemplaires en ont été vendus dans le monde. Les planches offertes se rapportent aux deux premiers albums de la série, Astérix le Gaulois et La Serpe d’or et au dernier à avoir été réalisé en commun par Uderzo et Goscinny, décédé brutalement le 5 novembre 1977, Astérix chez les Belges. « État antérieur à la mise en couleurs, ces planches encrées avec lettrage, de grand format, donnent à voir le dessin à nu, la subtilité du trait, la force du mouvement, la verve carica- turiste, autant d’ingrédients qui caractérisent le grand talent de dessinateur d’Albert Uderzo, commente Carine Picaud, conservatrice à la Réserve des livres rares et chargée du fonds. Elles permettent également d’apprécier l’évolution du style qui s’élabore, s’expérimente dans le premier album pour parvenir à une parfaite maîtrise dont témoigne le 24 e titre de la série ». Albert Uderzo, 2007 Ci-dessus Couverture du premier album, Astérix le Gaulois Ci-contre Astérix chez les Belges, case de la planche originale 1B La consécration d’un genre De par sa nature encyclopédique et à travers le dépôt légal, la BnF conserve une importante collection de bandes dessinées ; pour autant le caractère patrimonial de ces documents n’a émergé qu’à partir des années 1980 à la faveur d’une reconnaissance du genre en qualité de neuvième art. Des manifestations comme le festival d’Angoulême et la création de centres spécialisés telle la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image lui ont donné une reconnaissance institutionnelle, à l’instar d’autres genres comme le roman policier. « La bande dessinée fait aujourd’hui partie du patrimoine, comme d’ailleurs les mangas, souligne Bruno Racine, président de la BnF, et nous nous réjouissons d’accueillir les personnages mythiques créés par Uderzo et Goscinny. Ils ont rejoint les albums de Benjamin Rabier donnés par la famille en 1981, le premier Bécassine acquis en 1983, ceux de Zig et Puce achetés en 1996 ». Reconsidérée, la BD est également à l’honneur dans le programme des manifestations de la BnF – telle Maîtres de la bande dessinée européenne en 2000-2001 – et un chercheur associé rattaché au CNLJ-JPL 1 travaille actuellement sur ce domaine. Une exposition consacrée au héros du village gaulois est d’ailleurs en projet pour 2013. « Le projet de don de l’ensemble des planches originales d’Uderzo, annoncé par l’artiste, marquerait une consécration supplémentaire pour le genre de la bande dessinée, longtemps injustement méprisé et aujourd’hui mis en valeur à la BnF, tout comme le dessin de presse », poursuit Bruno Racine. Un champ de recherche encore peu investi, et qui attend ses défricheurs… Sylvie Lisiecki 1. Centre national de la littérature pour la jeunesse - Joie par les livres. Chroniques de la BnF – n°59 – 23 © Jacques Torregand/Fedephoto.



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