Chroniques n°58 avr/mai/jui 2011
Chroniques n°58 avr/mai/jui 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°58 de avr/mai/jui 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6,2 Mo

  • Dans ce numéro : Exposition Richard Price american prayer

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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International > Les programmes d’accueil de chercheurs La BnF accueille de nombreux chercheurs français et étrangers qui travaillent sur ses collections ou sur les moyens de les valoriser, en lien avec un projet professionnel ou universitaire. Saadou Traoré, chercheur malien, est l’un des pensionnaires du programme « Profession Culture ». Il se consacre à l’étude des manuscrits tombouctiens du fonds arabe de la BnF. Nicolas Dufetel, quant à lui, est musicologue. Ses recherches l’ont conduit à bénéficier du statut de chercheur associé à la BnF, puis de celui de chercheur invité. Il est le conseiller artistique et historique de l’Année Liszt. Témoignages. Saadou Traoré a travaillé sur le fonds communément appelé « Archinard », entré à la BnF en 1892 et constitué de manuscrits subsahariens arabes parmi lesquels ceux d’auteurs tombouctiens, à l’instar des écrits d’un chef de la communauté musulmane de Ségou au cours de la moitié du xix e siècle. Ce fonds est celui de la bibliothèqueumarienne de Ségou fondée par El Haj Omar Tal, un chef religieux et militaire de cette époque. Un 22 – Chroniques de la BnF – n°58 autre fonds subsaharien existe en France, à l’Institut, composé d’environ 200 manuscrits. Cependant, celui de la BnF est plus important numériquement – 518 recueils – et comprend des manuscrits uniques d’auteurs, dont il n’existe pas de copie ailleurs, même à Tombouctou. Un inventaire de ce fonds comportant des données élémentaires (auteur, titre, sujet, date et lieu de copie, possesseurs) avait été publié en 1981 par une équipe d’africanistes BnF, Manuscrits. Saadou Traoré Ci-contre Colophon de l’ouvrage grammatical d’un auteur de Tombouctou, Muhammad Bâbâ ibn Muhammad al-Amîn ibn al-Mukthtâr (1525-1606) copié au XIX e siècle. D.R. du CNRS. « Pour ma part, explique Saadou Traoré, j’ai entrepris la description du contenu et je me suis attaché également à l’aspect physique et aux éléments codicologiques (papier, encre). Par ailleurs, ma connaissance des textes et de l’histoire de la région m’a permis de compléter les descriptions des lieux, l’attribution d’ouvrages à leurs auteurs, car ces documents bien qu’écrits en arabe contiennent des ajamis, c’est-à-dire des termes utilisant l’alphabet arabe pour écrire en langues locales les noms de villes et de lieux où le livre a été copié ». Tous ces éléments, aujourd’hui consignés dans les notices intégrées au catalogue BnF Archives et manuscrits, constituent des outils utilisables pour la recherche à venir. Interrogé sur ce que lui a apporté son séjour en tant que pensionnaire « Profession Culture », Saadou Traoré répond que, outre la découverte de ce fonds spécifique, il a pu élargir ses connaissances en étudiant d’autres fonds comme le dépôt de la Société Asiatique en 1981.. L’exploration des richesses des catalogues de la BnF a nourri un projet qui lui tient à cœur : établir une nomenclature des œuvres dans le monde d’AhmedBaba, un érudit de Tombouctou (1565-1627), pour le faire connaître aux Tombouctiens et contribuer ainsi à la réappropriation d’un patrimoine méconnu et dispersé. « Enfin, poursuit le chercheur, grâce à ma tutrice, Marie- Geneviève Guesdon, conservateur chargé des manuscrits arabes, j’ai été introduit auprès de l’École pratique des Hautes Études et des scientifiques qui se consacrent au même domaine ». Mireille Ballit
International > Nicolas Dufetel : J’étais à Budapest en train de terminer mes recherches pour ma thèse sur Liszt quand j’ai fait cette demande de chercheur associé à la BnF. Mon programme de recherche portait sur le fonds de manuscrits musicaux de Liszt conservé au département de la Musique. Avec un objectif concret : la création de notices, qui n’existaient pas encore. Dans le cadre de la numérisation en cours des fonds, elles étaient indispensables pour permettre l’accès du public aux documents. Chroniques : Quelle est la spécificité du fonds Liszt de la BnF ? Nicolas Dufetel : Liszt a beaucoup voyagé et a laissé des traces un peu partout. Ses manuscrits sont dispersés à travers le monde : à Weimar, où il a composé le meilleur de son œuvre, BnF, Musique. à Budapest, capitale de sa patrie la Hongrie, à la bibliothèque du Congrès à Washington, qui possède une collection très importante grâce à sa puissante politique d’achats… et puis à la BnF, qui conserve quantitativement le quatrième fonds lisztien au monde (manuscrits musicaux et lettres, la plupart en français, la langue culturelle et diplomatique). Beaucoup de partitions viennent du fonds de l’ancien Conservatoire, qui y a été transféré. On y trouve quelques « tubes », par exemple la première version du poème symphonique Mazeppa et la partition originale pour voix et piano du célèbre Rêve d’amour. Que vous a apporté ce statut de chercheur associé ? N. D. : Ce fut une expérience professionnelle et humaine hors du commun, et aussi une épatante carte de visite ! Pendant plusieurs années, puisque j’ai été deux ans chercheur associé et un an chercheur invité 1, je me suis immergé dans un corpus exceptionnel, j’ai formé mon œil, développé une expertise… Et cela m’a ouvert bien des portes : j’ai obtenu ensuite des prix de recherche, à Harvard par exemple, pour aller travailler sur des manuscrits… À présent, je suis en « post doc » de la fondation Humboldt Photo Dominique degli Espoti, 2010. Ci-contre Franz Liszt, lithographie d’Alfred Lemoine d’après Erwin Lemoine, 1866 Nicolas Dufetel Ci-contre Mention de la main de Liszt sur Salve Polonia, dédiée à Saint-Saëns, juillet 1884 auprès de l’Institut de musicologie de Weimar-Iéna. Parallèlement, des liens se sont créés avec l’équipe de la Bibliothèque. Catherine Massip, Cécile Reynaud et leurs collègues m’ont formida blement accueilli et aidé à m’intégrer. L’aspect humain de cette aventure a été fondamental. Vous êtes également le conseiller artistique et historique de l’Année Liszt, une « célébration nationale » portée par l’Institut français à la demande du ministère des Affaires étrangères et du ministère de la Culture ; en quoi cela consiste-t-il ? N. D. : En amont, il s’est agi de convaincre que la France devait célébrer Liszt et d’expliquer pourquoi il est important pour l’Europe : Liszt était un Européen par son œuvre et sa mobilité, qui transcendaient les frontières. Son œuvre et son message portent des valeurs artistiques universalistes et philanthropiques qui en font un patrimoine européen. Et pour cette année 2011, il s’agit de jouer le rôle de conseil auprès des artistes qui veulent donner du Liszt, de leur ouvrir des portes, d’aider au rayonnement de son œuvre. Pour cela, nous avons créé un site Internet qui sert à relayer les actions autour de Liszt, grandes ou petites, dont on nous informe. Propos recueillis par Sylvie Lisiecki 1. Le statut de chercheur invité comporte, en plus des facilités liées à celui de chercheur associé, une bourse de 10 000 euros. BnF, Musique. Plus d’infos sur www.anneeliszt.com et page recherche sur bnf.fr À paraître : Correspondance entre Liszt et CarlAlexander, grand-duc de Weimar (Société française de musicologie) Chroniques de la BnF – n°58 – 23



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