Chroniques n°57 jan/fév/mar 2011
Chroniques n°57 jan/fév/mar 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°57 de jan/fév/mar 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 5,4 Mo

  • Dans ce numéro : Gallimard : un siècle d'édition

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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tétières > L’Égypte de Prisse d’Avennes Au cours des deux longs séjours qu’il fit en Égypte au XIX e siècle, Émile Prisse d’Avennes fut à la fois égyptologue, archéologue et ethnologue, fasciné autant par l’Égypte ancienne que par celle de son siècle. Les documents qu’il en rapporta, aquarelles, photographies, estampages, images d’un monde aujourd’hui disparu, font l’objet d’une exposition exceptionnelle à la BnF. C’est à une rencontre de civilisations qu’invite cette exposition réalisée conjointement avec le musée du Louvre et dédiée à la fois à l’art égyptien et à l’art arabe. Elle fait découvrir une Égypte aux multiples facettes, à travers quelque deux cents pièces choisies dans une collection d’une rare richesse, à la mesure de la diversité des centres d’intérêt de son auteur, Émile Prisse d’Avennes (1807- 1879). Conservé au département des Manuscrits, ce fonds comporte, outre les manuscrits de travail de l’égyptologue, un très important ensemble iconographique. Si certaines pièces ont servi à la publication de ses ouvrages, beaucoup d’autres, restées inédites, sont présentées pour la première fois. Né en 1807 à Avesnes-sur-Helpe, Ingénieur des Arts et Métiers, 8 – Chroniques de la BnF – n°57 BnF, département Estampes et photographie. Ci-dessus Émile Prisse d’Avennes, Le Plateau de Gizeh, 1 er janvier 1832, aquarelle sur papier vergé À droite Émile Prisse d’Avennes Ci-contre A. Jarrot, Tombeau, juin 1858-mai 1859, photographie montée sur bristol, épreuve sur papier albuminé, d’après négatif papier Prisse d’Avennes entre, dès sa sortie de l’école de Châlons-en Champagne, au service du gouvernement égyptien, qu’il quitte au bout de neuf ans : il y acquiert une connaissance approfondie du pays et de la langue, se fait appeler Edris-Effendi et prend même l’habitude de porter la tenue locale. Il se mue alors tout à la fois en égyptologue, archéologue et ethnologue, s’intéressant durant les deux longs séjours qu’il accomplit, de 1827 à 1844, puis de 1858 à 1860, autant aux ruines de l’Égypte antique qu’aux monuments islamiques ou aux scènes de rues du Caire. De son premier BnF, Estampes et Photographie.
BnF, Manuscrits. Expositions > voyage, il rapporte notamment le fameux Papyrus Prisse [lire encadré ci-contre], et la Chapelle des Ancêtres de Thoutmosis III, ou Chambre des rois, objet d’une exposition-dossier dans les salles permanentes du Louvre. Temples, mosquées, mausolées Excellent dessinateur, accompagné lors de sa seconde mission d’un autre artiste, Willem de Famars Testas, et d’un photographe, Jarrot, Prisse a constitué tout au long de ses voyages un fonds iconographique exceptionnel, qui offre souvent le dernier témoignage de monuments ou de décors aujourd’hui disparus. Au fil des matériaux, calques souvent coloriés, estampages, aquarelles d’une grande fraîcheur, dessins, photographies de scènes qui ont retenu son attention, de monuments aussi divers que temples, mosquées, mausolées mamelouks, habitations…, l’exposition fait découvrir l’Égypte ancienne comme celle du xix e siècle qui ont toutes deux fasciné l’égyptologue. Un ensemble de calques se déployant sur plusieurs mètres, réalisés par Prisse d’Avennes dans la tombe de Rekhmiré, le grand vizir de Thoutmosis III, a permis une reconstitution partielle de la nécropole : les visiteurs sont ainsi invités à y pénétrer et à y entendre la lecture de la traduction des inscriptions hiéroglyphiques. Enfin, est évoqué le travail de maquettiste réalisé par l’orientaliste à partir de la vaste documentation qu’il a réunie pour ses somptueuses publications, Monuments égyptiens (1847), Oriental album (1848), Histoire de l’art égyptien d’après les monuments (1858- 1879), L’Art arabe d’après les monuments du Kaire (1869-1877). Autant d’images qui n’ont cessé d’enchanter ses contemporains, Théophile Gautier, Maxime Du Camp, Ernest Feydeau et qui continuent d’inviter au voyage… Marie-Laure Prévost Visions d’Égypte. Émile Prisse d’Avennes (1807-1879) du 1 er mars au 5 juin 2011 BnF, site Richelieu, Galerie Mansart Commissaires : Sylvie Aubenas, Élisabeth Delange, Marie-Laure Prévost, Chloé Ragazzoli, Marie-Claire Saint-Germier, Mercedes Volait. BnF, Manuscrits. Fin de l’Enseignement pour Kagemni, l’un des recueils de sagesses du Papyrus Prisse (vers 1800 av. J.-C.) Le Papyrus Prisse, « le plus vieux livre du monde » L’exposition sur Émile Prisse d’Avennes évoque le rôle de ces égyptologues-explorateurs du xix e siècle dans la constitution des collections archéologiques des musées européens. Lors de son premier voyage en Égypte (1827-1844), consacré à l’archéo logie et à l’exploration du pays, Prisse d’Avennes rassembla puis offrit à la Bibliothèque impériale, alors l’un des centres névralgiques de l’égyptologie européenne, ce qui allait figurer parmi les plus belles pièces égyptologiques françaises, la Chambre des Ancêtres du temple de Karnak et le papyrus qui portera son nom. Inscrit en hiératique, une forme cursive de l’écriture hiéroglyphique, ce papyrus est très certainement l’un des plus anciens manuscrits littéraires complets de l’Égypte ancienne, sinon de l’humanité, et le mieux conservé. Il rassemble des textes sapientiaux copiés au début du second millénaire avant Jésus-Christ, L’Enseignement pour Kagemni et L’Enseignement de Ptahhotep, deux recueils de sagesses adressés par deux vizirs à leurs fils, appelés à leur succéder. Ces textes développent un complexe discours sur la société égyptienne et la conduite que doit tenir l’individu pour s’y insérer et la pérenniser. Ils n’en sont pas moins de véritables œuvres littéraires, et la voix poétique donne à entendre l’expérience individuelle de ces règles de vie, avec toutes les discordances – et parfois même l’humour – du particulier confronté au général. Ce manuscrit que les égyptologues du xix e siècle présentaient, non sans quelque impérialisme culturel, comme le plus vieux livre du monde, est avant tout un rouleau de plus de sept mètres de long. Découpé en treize fragments conservés dans des cadres de chêne, il impliquait une manipulation et une lecture très différentes de celles associées au codex, dont nous sommes beaucoup plus familiers aujourd’hui. L’exposition sera l’occasion de présenter le rouleau dans toute sa matérialité, grâce à une reconstitution numérique. À l’époque de sa composition, au Moyen Empire (vers 2160-1785 avant Jésus-Christ), il était probablement destiné à des représen tations publiques au sein de l’élite nobiliaire avant de jouer, au Nouvel Empire (vers 1552-1062), un rôle central dans la formation des scribes égyptiens. L’Enseignement de Ptahhotep est peut-être l’un des classiques les plus cités dans la production écrite égyptienne, et ce jusqu’à l’époque gréco-romaine. À l’occasion de l’exposition, le rouleau entrera dans la bibliothèque numérique Gallica, et une traduction inédite, due à l’égyptologue Bernard Mathieu, sera publiée dans le catalogue d’exposition. Chloé Ragazzoli Chroniques de la BnF – n°57 – 9



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