Chroniques n°57 jan/fév/mar 2011
Chroniques n°57 jan/fév/mar 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°57 de jan/fév/mar 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 5,4 Mo

  • Dans ce numéro : Gallimard : un siècle d'édition

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Expositions > GALLIMARD « Une maison réellement indépendante » De La Nouvelle Revue Française, créée en 1909, aux éditions Gallimard aujourd’hui et ses nombreuses collections dont le succès ne se dément pas, il y a la volonté et l’ambition, intactes, de faire connaître une littérature exigeante, venue de tous horizons. Retour sur une aventure intellectuelle avec Pascal Fouché, historien de l’édition. Chroniques : Dans quel contexte les éditions Gallimard ont-elles été créées ? Pascal Fouché : À l’origine, il y a La Nouvelle Revue Française, fondée en 1909 par des écrivains, André Gide et Jean Schlumberger notamment, qui s’affir me très rapidement sur la scène littéraire. Et le désir de ces écrivains de prolonger l’aventure intellectuelle de la revue par une structure qui leur permette d’éditer la littérature en laquelle ils croient – et, au premier chef, leurs propres œuvres. C’est ainsi que naissent, en 1911, les éditions de la Nouvelle Revue française, un « comptoir d’éditions » dont la gérance est confiée au jeune Gaston Gallimard. Ce sont des amoureux de l’écriture, mais aussi de l’objet-livre : ils sont attachés à la typographie, à la qualité du papier, de l’impression… 6 – Chroniques de la BnF – n°57 Durant la Première Guerre mondiale, Gaston, qui fait deux séjours aux États-Unis, comprend qu’il faut passer à une autre dimension pour durer. En 1919, il crée une société, qui prend le nom de Librairie Gallimard tout en restant adossée à La NRF. Avec de nouvelles collections, dont certaines plus populaires, il diversifie la production tout en veillant à construire un fonds à long terme et à s’attacher les auteurs les plus prometteurs. Un comité de lecture est créé et s’officialise. Puis Gallimard entre sur le marché de la presse. Il crée en 1928 le journal à sensations Détective, puis Voilà, un hebdomadaire de reportages (1931), et Marianne, mensuel d’actualité politique et sociale (1932). C’est cette diversification qui permettra à la maison de traverser la crise de 1929 sans trop de diffi- cultés. Gallimard ne poursuivra pas cette voie mais contin nuera sa politique de développement en s’efforçant de garder un équi- libre qui per- mette aux publications à succès de financer une littérature plus exigeante, moins directe- ment rentable. papier, de l impression… sans tro La réussite de Gallimard est une subtile alchimie… P.F. : Rien ne destinait Gaston Gallimard à faire carrière dans l’édition. Il s’est Fiche de lecture de Jean Paulhan pour Seuls demeurent de René Char, 5 octobre 1943. Paris, archives Éditions Gallimard. passionné pour ce métier et a su s’entourer de gens de talent. Très vite, c’est chez lui que les écrivains, de tous horizons, ont voulu se retrouver. Sa réussite est aussi le résultat de choix stratégiques et de management. La Librairie, devenue Éditions Gallimard, est passée de l’artisanat à l’industrie et est devenue un véritable groupe d’édition ; lorsqu’en 1932 elle confie à Hachette la distribution de ses livres, c’est parce que son développement est tel que continuer à se distribuer ellemême est devenu trop lourd. De même, lorsque cette collaboration est rompue en 1970, c’est pour reprendre Les écrivains fondateurs de « La Nouvelle Revue française », dont Gide, vont prolonger l’aventure intellectuelle de la revue par une structure qui leur permet d’éditer la littérature en laquelle ils croient. son indépendance à un moment où Hachette est devenu un groupe concurrent qui risque de donner la priorité à la distribution des livres de ses propres filiales. Quelle est la spécificité des éditions Gallimard dans le paysage éditorial d’aujourd’hui ? C’est une des dernières maisons réellement indépendantes. Elle a réussi à préserver une cohérence dans sa diversification, en élargissant ses collec tions et en fédérant notamment des marques, Denoël, le Mercure de France, La Table ronde, Le Promeneur, L’Arpenteur, Joëlle Losfeld, Verticales, P.O.L… Elle a conservé une très forte notoriété litté raire tant en France qu’à l’étranger. Les jeunes auteurs continuent à rêver d’être publiés dans la célèbre collection blanche et d’être repris en Folio ou de finir un jour en Pléiade… Propos recueillis par Sylvie Lisiecki
© Nathalie Hubert, lauréate de la Bourse du Talent #43 monde, 2010. Expositions > Photographier l’humaine condition Pour la quatrième année consécutive, les travaux des lauréats de la Bourse du Talent sont exposés à la BnF, site François Mitterrand, et viennent enrichir les collections du département des Estampes et de la photographie. Une exposition qui manifeste le soutien apporté par la BnF à la jeune photographie. Initiée en 1998 par le magazine Photographie.com et soutenu par Nikon, les laboratoires Picto et la BnF, la Bourse du Talent est un prix dédié aux jeunes photographes. Quatre fois par an sont proposés les thèmes suivants : reportage, portrait, mode et paysage. L’édition 2010 a été marquée par l’ouverture à l’expression photographique sur écran et en projection, sous la forme des PŒM ou « petites œuvres multimédias », dans le thème du reportage. Élisabeth Schneider a ainsi été récompensée pour sa réalisation animée, M’aime pas peur, associée à un reportage photographique « classique », Acceptation, effectué en 2008 auprès de Brigitte, jeune femme atteinte d’une sclérose en plaques. Une PŒM est une réalisation vidéo courte – une à quatre minutes – élaborée à partir de photo graphies, dont la bande-son est très importante. Ce nouveau support s’est naturellement imposé à Élisabeth Schneider. Après avoir photographié Brigitte et obtenu des images poignantes, elle a constaté qu’il manquait une voix, celle de cette femme qui relève la tête face à la maladie : « Le son me soulage, dans le sens où c’est elle qui parle, je prends alors ma place de passeur. » Les mots de Brigitte sont là pour témoigner que, dans ce corps meurtri, l’amour a encore sa place, l’humaine condition a encore droit de cité. C’est encore de cela qu’il est question dans le travail de Dorothy Shoes. Sa série Et demain ? Portraits d’avenir présente des portraits de détenus. Elle leur a demandé de se projeter le jour de leur sortie et de dessiner leur autoportrait [lire Chroniques n°56]. Dorothy Shoes met en scène avec pudeur leurs peurs et leurs attentes. Comment se réapproprier son humanité après l’emprisonnement où le temps n’existe pas, où l’espace est réduit à une peau de chagrin ? Ci-dessus Nathalie Hubert série Isolato Ci-dessous Élisabeth Schneider M’aime pas peur © Élisabeth Schneider, lauréate de la Bourse du Talent # 41 reportage, 2010. Po’Sim Sambath, d’origine cambodgienne, s’est intéressée aux habitants de La Courneuve, où elle a grandi, lors de la manifestation, l’été 2009, La Courneuve-Plage. Dans Loin, chez eux, elle a privi légié une approche individuelle des sujets, leur demandant de poser librement mais debout, en écho à la verticalité des tours qui encerclent la plage aménagée. Face à elle ont émergé des corps de plagistes dignes, révélant toute l’ambiguïté de la situation entre le quotidien banal des tours urbaines et l’artifice balnéaire. Nathalie Hubert, elle, parle du corps féminin lorsqu’il a perdu sa dignité et n’est plus perçu que comme un objet. Isolato est une série de diptyques qui rassemblent un corps dissimulé, dos au mur ou au sol, et un objet abandonné, un paysage vide ou un animal captif. La force de gravité a quitté ces êtres sans visage. Las de lutter, ils attendent le regard rédempteur qui les relèvera. Marie-Gabrielle Houriez Jeunes photographes de la Bourse du Talent jusqu’au 20 février 2011 BnF, site François-Mitterrand Allée Julien Cain Avec le soutien de Champagne Louis Roederer Chroniques de la BnF – n°57 – 7



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