Chroniques n°57 jan/fév/mar 2011
Chroniques n°57 jan/fév/mar 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°57 de jan/fév/mar 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 5,4 Mo

  • Dans ce numéro : Gallimard : un siècle d'édition

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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La New York Public Library : un siècle entre patience et détermination Patience et Détermination, les deux lions qui encadrent le bâtiment de la New York Public Library sur la Cinquième Avenue, sont devenus des figures emblématiques de la ville. En effet, ils voient passer depuis cent ans les millions d’utilisateurs de tous âges et toutes origines d’une des plus grandes bibliothèques d’Amérique du Nord. Retour sur une institution entièrement gratuite, génératrice de lien social, qui conjugue désormais espaces de lecture traditionnels et consultation numérique. Établissement privé à but non lucratif, bénéficiant de financements privés et publics, agissant en étroite collaboration avec la ville de New York, la New York Public Library (NYPL) ne se résume pas au célèbre Schwarzman Building et à ses lions. En effet, sous ce nom se déploie un large dispositif de près de quatre-vingt-dix bibliothèques de consultation et de prêt. Parmi elles, avec leurs cinquante millions de documents, les quatre grandes bibliothèques de recherche concurrencent celles des plus fameuses 24 – Chroniques de la BnF – n°57 universités de la Côte Est. Le réseau de bibliothèques de quartiers forme, quant à lui, un maillage serré qui s’étend sur Manhattan, Staten Island et le Bronx. Ouvertes aux adultes et aux enfants, ces bibliothèques sont entièrement gratuites. Depuis sa création, à la fin du XIX e siècle, la NYPL s’est donné pour mission de rassembler, préserver et proposer à tous les trésors de la culture humaine, s’imposant comme une institution chère à tous. Ses collections sont organisées autour d’une centaine de thèmes qui Ci-dessus Une salle de lecture de la New York Public Library touchent tous les publics, des chercheurs aux écoliers en passant par les demandeurs d’emploi. Lieu dédié à la formation intellectuelle, sans distinction d’âge ou de condition, la NYPL abrite de grandes expositions, des conférences, des cours d’alphabétisation, d’initiation à Internet, ou des cours d’anglais pour les immigrants. À l’écoute de toutes les communautés, elle crée du lien social, via, par exemple, des actions en milieu carcéral ou des séances de lecture pour les enfants et les adultes vivant en centre d’hébergement.
© Stuart Pearce/Age Fotostock. © NYPL Press Office. International > 28 millions de connexions annuelles depuis 200 pays À l’heure des bibliothèques numériques et des nouveaux médias, la NYPL se trouve à un tournant de son histoire. Alors que l’utilisation des documents physiques ne cesse de diminuer, le nombre de visites sur le site de la bibliothèque ne cesse d’augmenter pour avoisiner aujourd’hui les 28 millions de connexions annuelles depuis 200 pays. La NYPL mène sa politique de numérisation en partenariat avec Google. Les statistiques concernant Google Books sont tout à fait symboliques de ce changement : les seuls 5% des collections de recherche de la NYPL disponibles par le biais de Google Books sont désormais utilisés dix fois plus que l’ensemble des documents physiques des bibliothèques de recherche. Ces chiffres sont au centre de toutes les réflexions car la NYPL devra adapter à ces nouveaux usages ses espaces de consultation et de conservation, mais aussi les modes de diffusion traditionnels de ses collections. Des changements qui demanderont certainement… patience et détermination, alors que la bibliothèque doit également affronter, comme beaucoup d’autres grandes bibliothèques, de sévères coupes budgétaires. Delphine Andrieux Les deux lions qui encadrent l’entrée de la NYPL sont devenus les mascottes des New-Yorkais et sont décorés de guirlandes de houx à Noël. © NYPL Press Office. Trois questions à Paul LeClerc Président de la NYPL depuis 1993, Paul LeClerc, né dans une famille francophone, est un éminent spécialiste de la littérature des Lumières, en particulier de Voltaire. Près de quarante ans après avoir soutenu son doctorat de Littérature française à l’université de Columbia, il retourne aux sources : il y prendra en juillet 2011 la direction de la prestigieuse Maison Française. Denis Bruckmann, directeur des collections de la BnF, l’a rencontré. Denis Bruckmann: Vous aurez dirigé la NYPL de 1993 à 2011, soit près de vingt ans. Quelle vous paraît être l’évolution la plus importante de la bibliothèque ? Celle dont vous êtes le plus fier ? Paul LeClerc : À l’heure du bilan, je pense que les transformations majeures se sont produites à parts égales dans les bibliothèques de recherche et les bibliothèques de quartier. Dans les premières, les changements les plus marquants sont liés à la création du site en 1995, à la conversion rétrospective de nos catalogues imprimés, à la création de notre galerie numérique de 800 000 images – qui totalise 10 millions de téléchargements – au partenariat avec Google Books et à l’exploitation des médias sociaux. Quant aux bibliothèques de quartier, nos 88 bibliothèques de prêt sont plus largement ouvertes au public qu’elles ne l’ont été au cours des cinquante dernières années, ce qui en a fait des centres dynamiques de vie et d’échanges, avec plus de 15 millions de visiteurs l’an dernier. Notre réseau de lecture est donc plus utilisé que jamais, sur place et à distance. C’est pour moi une source de grande fierté. Vous avez piloté la NYPL dans une période qui a vu l’émergence d’Internet et le grand tournant vers le numérique. Dans ce contexte de défi, comment voyez-vous l’avenir des bibliothèques ? P.L. : Une étude récente montre que 69% des Américains de plus de 14 ans ont utilisé les services d’une bibliothèque publique l’année dernière. En outre, l’étude révèle qu’un Américain sur trois s’est servi d’une bibliothèque publique pour se connecter à Internet. Ces chiffres étonnants ne laissent aucun doute sur l’utilité vitale des bibliothèques publiques gratuites et de leurs services pour nos citoyens dans leur diversité. Avec quelques autres grandes personnalités comme Robert Darnton ou Robert Paxton, vous incarnez une génération d’humanistes américains, intellectuels spécialistes de la culture française, francophiles et francophones. Cette génération aura-t-elle des successeurs ? P.L. : Je vous remercie de cette comparaison qui me flatte beaucoup. Il y aura toujours des générations de chercheurs et d’intellectuels américains qui se consacreront à l’étude de la France, de sa langue, de son histoire et de sa culture. Les méthodologies et les questions à traiter ne cessent d’évoluer. Mais il est prévisible que les formidables collections de la Bibliothèque nationale de France continueront à attirer les étudiants et les chercheurs américains. J’ai d’ailleurs bien l’intention de passer une partie de ma retraite dans les salles de lecture de la BnF ! Chroniques de la BnF – n°57 – 25



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