Chroniques n°57 jan/fév/mar 2011
Chroniques n°57 jan/fév/mar 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°57 de jan/fév/mar 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 5,4 Mo

  • Dans ce numéro : Gallimard : un siècle d'édition

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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BnF/Société de Géographie. © ADAGP, 2010. Expositions > Henry de Monfreid, voyageur impénitent Les héritiers d’Henry de Monfreid (1879-1974) ont fait don à la Société de Géographie d’un ensemble d’archives, correspondances, journaux de bord, photographies stéréoscopiques, films et enregistrements sonores. L’occasion de brosser le portrait, parfois controversé, d’un des plus célèbres écrivains-explorateurs du XX e siècle. Le 20 août 1911, Henry de Monfreid arrive à Djibouti à bord de l’Oxus, un paquebot des Messageries maritimes. À près de 32 ans, il laisse derrière lui une existence anodine faite de petits boulots, et une vie sentimentale et familiale agitée, pour prendre un emploi de commis chez un ami de son père, Gabriel Guigniony, négociant en café, cuirs et peaux. La ligne de chemin de fer Djibouti-Addis Abeba alors en construction l’amène à Diré Daoua, en Éthiopie. 10 – Chroniques de la BnF – n°57 Dès son arrivée, Monfreid entretient une correspondance régulière, presque hebdomadaire, avec son père, George-Daniel, et sa femme, Armgart Freudenfeld. L’écriture y est fluide, spontanée, déjà narrative. Les descriptions précises de paysages et les notations détaillées sur les mœurs des habitants alternent avec les préoccupations quotidiennes, les nécessités matérielles et laissent parfois la place à des anecdotes remplies d’humour. Dans ses nombreux déplacements, Monfreid emporte Ci-dessus Henry de Monfreid et Oubenech à Deder (Éthiopie) en 1913 Ci-contre Lettre du 13 juin 1913 d’Henry de Montfreid à sa femme Armgart avec le croquis de sa maison de l’île Mascali avec lui son matériel photographique de prise de vues stéréoscopiques. Son sens aigu de l’observation se retrouve dans ses clichés, témoignages visuels qu’il envoie régulièrement à son père en lui recommandant de les conserver avec soin. Émerveillé par la luxuriance de la végétation, par la grandeur des paysages du Tchercher, fasciné par les guerriers Danakil et les foules des marchés du Harrar, il ne lui faut pas plus d’un mois pour se détacher du mode de vie européen, pour être emporté, envoûté par cette terre africaine et devenir, selon ses propres termes, « irrécupérable ». Des armes et des perles De retour à Djibouti, Monfreid s’oriente vers des activités plus lucratives : l’exportation d’armes à desti nation de l’Arabie, autorisée dans la capitale de la côte française des Somalis, et le commerce des perles, alors aux mains de grands négociants et de puissants intermédiaires. C’est désormais sur mer que Monfreid poursuit sa route à bord de ses boutres : le Fath er-Rahman, BnF/Société de Géographie. © ADAGP, 2010.
BnF/Société de Géographie. © ADAGP, 2010. BnF/Société de Géographie. © ADAGP, 2010. Expositions > le Mousterieh, l’Ibn el-Bahar ou l’Altaïr, à la recherche d’emplacements favorables pour la culture des huîtres, de mouillages abrités et de caches éventuelles. Dans des journaux de bord illustrés de dessins, Monfreid relate ses Aventures de mer, du golfe d’Aden à la mer Rouge en passant par le redoutable détroit de Bab el-Mandeb. La Première Guerre mondiale éclate. Déjà en proie aux tracasseries de l’admi nistration coloniale française qui ne voit pas d’un bon œil sa liberté de mouvement, Monfreid doit faire face au blocus anglais en mer Rouge qui limite ses déplacements. Mais il n’entend pas se plier à ces nouvelles règles. Il déjoue les contrôles des autorités britanniques et réussit à faire Ci-dessus Passeport d’Henry de Monfreid (1 er volet), 1915-1916 Ci-dessous Deder, corvée d’eau photographie sur verre peinte au vernis coloré entrer en Égypte, en contrebande, une cargaison de haschich en provenance de Grèce. Dans ce jeu de dupes, il perd aussi, parfois : expulsé du territoire d’Aden, son navire arraisonné, il est incarcéré, soupçonné de trafic d’armes. Grâce au produit de la vente d’un nouveau chargement de haschich en provenance des Indes, qu’il se fait dérober puis réussit à récupérer au terme d’une course-poursuite dans l’océan Indien, Monfreid s’installe, en 1923, à la tête d’une petite entreprise industrielle en Éthiopie. S’est-il pour autant assagi ? Le destin en décide autrement. Correspondant de guerre La rencontre, en 1930, avec Joseph Kessel, venu enquêter sur les marchés d’esclaves, est déterminante. L’auteur de Vent de sable, enthousiaste à la lecture des journaux de bord de Monfreid, le pousse à écrire et l’introduit chez Grasset. Les Secrets de la mer Rouge, premier roman paru en 1931, remporte un succès immédiat, mais l’écriture lui apporte aussi des revers. La publication de l’ouvrage Vers les terres hostiles de l’Éthiopie, critique du régime du Négus, lui vaut en 1933 d’être spolié de ses biens et expulsé d’Éthiopie. Correspondant de guerre, auteur de reportages pour plusieurs journaux, il couvre le conflit entre l’Arabie Saoudite et le Yémen (1934), et la conquête italienne de l’Abyssinie (1936). Désormais, la passion de l’écriture ne le quitte plus. Dans sa maison retrouvée d’Araoué en Éthiopie, puis en captivité au Kenya, Monfreid prépare la trame de nouveaux romans. À partir de 1947, date de son retour définitif en France, il publie plus d’un roman par an. À plus de 90 ans, l’infatigable conteur enregistre son œuvre écrite et fait revivre une dernière fois par la parole ce que fut sa vie, l’histoire d’un homme qui a toujours cherché à éviter l’aventure. Olivier Loiseaux Henry de Monfreid du 22 février au 3 avril 2011 BnF, site François-Mitterrand Galerie des donateurs Commissaire : Olivier Loiseaux Chroniques de la BnF – n°57 – 11



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