Chroniques n°56 nov/déc 2010
Chroniques n°56 nov/déc 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°56 de nov/déc 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 272) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : Primitifs de la photographie

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Expositions > PRIMITIFS DE LA PHOTOGRAPHIE Le notaire, le photographe et l’archiviste Le travail des commissaires de l’exposition a été nourri par l’inventaire dressé par Marc Durand. Ce dernier a dépouillé les actes du Minutier des notaires pour retrouver les quelque 2 500 photographes qui inventèrent un art et un métier. Chroniques l’a rencontré avec Marie-Françoise Limon-Bonnet, responsable du Minutier des notaires de Paris aux Archives nationales. Chroniques : Quel était votre objectif au départ de cette entreprise ? Marc Durand : Lorsque j’ai commencé ce travail il y a douze ans, je pensais retrouver 500 actes notariés concernant la photographie. J’en ai recueilli 5 000 ! L’objet de ma recherche n’était pas la photographie mais leurs auteurs. Ces documents permettent de faire découvrir au public qui était derrière les appareils Marie-Françoise Limon-Bonnet : Le travail de Marc s’inscrit dans la tradition des instruments de recherche établis au Minutier central, qui conserve 20 millions d’actes produits depuis le xv e siècle jusqu’au début du xx e par les notaires de Paris. Au xix e siècle, les notaires sont présents dans le quotidien des gens ; les contrats de mariage, les testaments, les actes de cession de biens ou de liquidation de sociétés sont des mines d’informations. Derrière des documents en apparence très secs et juridiques, on voit apparaître la vie de ces personnes que l’on peut suivre dans les grands moments de leur activité quand elles investissent ou, au contraire, quand leurs affaires périclitent. M. D. : J’ai identifié ainsi un certain Cammas, photographe de très grand talent, qui investit toute sa fortune 6 – Chroniques de la BnF – n°56 Ci-dessus William Henry Fox Talbot, The Boulevards of Paris, mai 1843 Page ci-contre Charles Nègre, Le Stryge ou Portrait d’Henri Le Secq sur les tours de Notre-Dame, 1853 Ci-dessous Henri Le Secq Pipe et Chopes, vers 1852-1860 BnF, Estampes et photographie dans sa passion ; il finit ruiné ! J’ai recueilli beaucoup d’informations sur ce métier qui émerge au xix e siècle et qui en a généré beaucoup d’autres. Un photographe a besoin d’un ébéniste pour fabriquer les boîtiers de ses appareils, il a besoin d’optique, de chimie pour ses produits, de papiers sensibles… Toutes ces activités sont repérables à travers des actes tels que des emprunts, des contrats de société, inventaires de biens, etc. Les actes du Minutier permettent d’établir une cartographie précise de l’activité des photographes à Paris : d’abord dans le quartier du Palais-Royal, celui des « daguerréotypistes », qui deviennent des « collodionneurs » dont les ateliers se déplacent sur les Grands Boulevards. Les opticiens, eux, se trouvaient sur l’île de la Cité ; on y rencontrait Daguerre, Nièpce… Qui sont les photographes ? De quel milieu viennent-ils ? M.-F.L.-B. : Le milieu des photographes est très varié. Le médium est en train de s’inventer et de devenir un métier, mais il y a beaucoup d’amateurs, parmi lesquels de nombreuses femmes intéressées par la nouveauté ou par cette capacité, fascinante à l’époque, de reproduire la nature. M. D : Au xix e siècle, on aime d’abord montrer que l’on a les moyens de se faire photographier car cela coûte très cher. Ensuite les techniques évoluent, le prix diminue et la nouvelle bourgeoisie du Second Empire vient enrichir les photographes et leurs ateliers sur les Grands Boulevards. Enfin, l’apparition de la plaque au gélatino-bromure d’argent va, peu à peu, offrir la photographie à la portée de tous. M.-F.L.-B. : Ces sources juridiques peuvent paraître sèches et effrayer les chercheurs. Or, le jeu en vaut la chandelle : lorsque l’on trouve le fil, la bobine suit ! Le regain d’intérêt qui se manifeste aujourd’hui pour les débuts de la photographie est l’occasion de montrer que le Minutier est toujours d’actualité pour la recherche en histoire. Propos recueillis par Sylvie Lisiecki Publication Documents du Minutier central des notaires de Paris – Contribution à l’histoire de la photographie et des photographes au XIX e siècle – De l’image fixe à l’image animée (1820-1910) Archives nationales ; à paraître (2011) Private Collection, Courtesy of Hans P.Kraus Jr, New York
© RMN/Musée d’Orsay. © Hervé Lewandowski. Chroniques de la BnF – n°56 – 7



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