Chroniques n°56 nov/déc 2010
Chroniques n°56 nov/déc 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°56 de nov/déc 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 272) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : Primitifs de la photographie

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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BnF, Estampes et photographie. © Adagp, Paris 2010. Dossier > Arnaud de Vitry un amoureux de la gravure Arnaud de Vitry est l’un des grands mécènes qui apportent leur soutien à l’association des Amis de la BnF. Amateur éclairé de gravure – il possède une importante collection de l’œuvre gravé de Marx Ernst – il a permis l’acquisition de nombreuses pièces d’Albert Flocon et de François Houtin et de bien d’autres artistes, anciens et contemporains, par des dons réguliers au département des Estampes et de la photographie depuis plus de dix ans. Arnaud de Vitry, ingénieur de formation, a partagé sa vie entre le monde des affaires et la passion qu’il avait en commun avec son épouse pour l’art et la culture. Descendant d’Édouard de Laboulaye, à qui l’on doit l’idée de la statue de la Liberté offerte aux États-Unis par la France pour célébrer le centenaire de la déclaration d’indépendance américaine, il a beaucoup œuvré pour le rayonnement de la France dans ce pays. Lors d’un séjour à New York, il commence à collectionner des livres, et de retour en France s’oriente vers les livres de perspective. C’est à travers la bibliophilie qu’il rencontre Hubert Heilbronn, alors président des Amis de la BnF, et s’implique dans l’action de l’association. La diversité de ses goûts en matière de culture le conduit à diverses autres formes de mécénat – notamment en matière de musique et de cinéma. Ce sont aujourd’hui ses deux filles qui poursuivent son œuvre. 20 – Chroniques de la BnF – n°56 Ci-dessus, à gauche Dessin extrait des Carnets d’Albert Flocon, acquis grâce au mécénat d’Arnaud de Vitry. Ci-dessus, à droite Manuscrit des Champs magnétiques par André Breton et Philippe Soupault, 1919. BnF, Manuscrits. À la rencontre des jeunes Le président des Amis de la BnF, Olivier Sichel, est associé de Sofinnova, société spécialisée dans les sciences de la vie et les technologies de l’information, et entend bien développer l’action de l’association en direction des jeunes générations. Chroniques : L’AaBnF n’est pas loin de fêter son centenaire. En quoi consiste son action aujourd’hui ? Olivier Sichel : Fondée en 1913, notre association, reconnue d’utilité publique depuis 1927, regroupe a u j our d’h u i quelque 1 100 adhé rents et a une double vocation : susciter des dons qui viennent abonder le budget d’acquisitions de la BnF et enrichir les collections ; le plus souvent ce sont les conservateurs qui viennent nous faire des propositions autour d’une ou plusieurs pièces. Le deuxième volet de notre action, c’est l’animation de l’association. C’est une communauté soudée par ce lien avec la BnF, que nous faisons vivre à travers diverses activités et services ; tout adhérent reçoit Chroniques, est convié à des expositions conduites par les commissaires, bénéficie d’un coupefi le… sans compter une offre, que nous ne cessons de développer, de voyages et de visites culturelles. Qu’est-ce qui vous a conduit à vous intéresser à la BnF et à devenir président des Amis ? O. S. : J’ai connu la BnF à sa création ; comme inspecteur des Finances, j’ai travaillé à l’établissement de son budget de fonctionnement. Puis j’ai dirigé Alapage.com au sein de Wanadoo, dont je suis devenu ensuite le PDG. Amazon commençait à se développer en France et j’ai fait alors le choix de défendre la culture française ; nous avions racheté une petite société très innovante, Librissimo, qui faisait de la réédition en partenariat avec des bibliothèques comme la BM de Lyon. Son fondateur, Henri Le More, le secrétaire général de l’asso ciation, m’a demandé si je souhaitais m’impliquer. J’ai rencontré Hubert Heilbronn, son président, qui m’a plus tard demandé de prendre sa succession. De façon assez symbolique alors que lui est un amoureux du livre ancien, je suis arrivé par le numérique, à un moment de mutation. Je pense que cela a du sens d’apporter ma contribution à cette transition vers le numérique dans le monde des bibliothèques. Pensez-vous que les associations comme les Amis de la BnF joueront un rôle de financement des institutions culturelles plus important dans l’avenir ? O. S. : Aux États-Unis, faire des dons aux fondations est une pratique courante. En France, la plupart des gens utilisent plutôt les dispositifs de défiscalisation en faveur de l’investissement dans les entreprises. L’État a fait des efforts pour faire évoluer les mentalités, mais l’argent continue d’aller plutôt aux PME, voire à la presse… Mais il arrive aussi parfois que quelqu’un ait un coup de cœur. Quels sont vos projets à moyen terme ? O. S. : Nous souhaitons développer une politique plus attrayante en direction des jeunes, notamment des étudiants, qui constituent le public le plus nombreux de la Bibliothèque. Nous sommes en train d’étudier des propositions dans ce sens. Propos recueillis par Sylvie Lisiecki
Philippe Zoummeroff, bibliophile engagé Collectionneur averti, fasciné par l’écrit, l’industriel Philippe Zoummeroff a poussé un jour les portes de la BnF et ne les a plus jamais refermées. Entre les dons de certaines pièces de sa collection et l’organisation d’une exposition magistrale sur mille ans de livres en France, portrait d’un passionné. Philippe Zoummeroff fait partie d’une espèce en voie d’extinction : c’est un humaniste. Il vous reçoit dans un appartement qui ressemble à une succession de bibliothèques, et tient du cabinet de curiosités et de la thébaïde. Ce collectionneur impénitent est aussi un homme de passion et d’engagements. De sa fascination pour l’écrit il garde une émotion intacte pour le livre et le don de création par les mots. « N’importe qui peut être bon en sciences, mais écrire, dit-il, il faut un don… » Il est l’un des plus fidèles mécènes de la Bibliothèque nationale de France. Son parcours ? Celui d’un fils d’industriel, dont le grand-père avait acheté en 1918 le brevet de la BnF, Audiovisuel Dossier > clé à mollette et créé son usine à Gentilly. En 1957, après une formation à l’École spéciale de travaux publics et un doctorat à l’université de Princeton, Philippe reprend l’entre prise familiale. Nous sommes dans les années d’après-guerre, l’entreprise prospère. À la question : « Comment le lien avec la Bibliothèque nationale s’estil tissé ? », Philippe Zoummeroff répond : « C’est une longue histoire. J’étais bibliophile et j’avais été enthousiasmé par une exposition à la British Library de Londres, en 1963, Printing and the Mind of Man, qui montrait l’importance du livre comme véhicule de la pensée dans le monde occidental. J’ai eu l’idée d’une exposition dont la vocation Ci-dessus Philippe Zoummeroff serait de présenter ce qui avait été écrit en français dans toutes les disciplines, sur une période de mille ans. C’était la première fois qu’une personne extérieure poussait les portes de la Bibliothèque nationale pour proposer un projet de cette sorte, mais cela s’est traduit par une exposition, en 1990, de 400 livres majeurs intitulée En français dans le texte. Dix siècles de lumières par le livre, et la publication d’un ouvrage de référence sur ce sujet. Cela a été une belle aventure, qui a été le point de départ d’amitiés fortes et de liens avec la BnF qui n’ont plus jamais cessé de se renforcer. » Grand collectionneur, Philippe Zoummeroff a successivement accumulé des enregistrements d’opéras (100 000 disques, dont il a donné 2 500 en 78 tours à la BnF), des milliers de manuscrits et photographies d’archives sur la guerre d’Algérie, qu’il a donnés aux Archives nationales, et des livres. Il partage aujourd’hui sa fidélité à la BnF – il fait part de son souhait de donner à la Bibliothèque-musée de l’Opéra deux portraits de musiciens célèbres, Georges Thill et Fédor Chaliapine – avec son action pour l’humanisation de l’univers carcéral et la réinsertion des détenus. Sylvie Lisiecki Offrez une voix ! Vous rêvez d’écouter chanter Caruso, Rose Garden ou Chaliapine ? Vous pouvez parrainer la numérisation de leur voix, pour votre plaisir… et celui de tous les internautes en participant à l’enrichissement de Gallica ! En échange d’une contribution de 50 euros, votre nom sera mentionné sur la version numérisée de l’enregistrement mis en ligne. Pour consulter la liste des voix : www.amisbnf.org/offrez-une-voix.html Chroniques de la BnF – n°56 – 21



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